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1 1 RECHERCHES ET PRATIQUES pour le Groupe addap13N 2 - Mars 2018 Groupe addap13 Coop ration et territoireGroupe association d partementale pour le d veloppement des actions de pr vention 13 V ronique Le GoaziouL DUCATIF AU PRISMEDE LA RADICALISATIONLa Cellule d coute et d accompagnement des familles (CEAF) de l ADDAP13 Rapport d tude pour le Groupe ADDAP1323 OMMAIREsINTRODUCTIONUn dispositif de signalement Une petite r volution copernicienne Le Plan national de lutte contre la radicalisation violente Accompagnement et Pr sous pilotage policier La mobilisation des acteurs socio- ducatifs Les auspices de la CEAF premiers pas de la ou la composition d une doctrine Choisir l ADDAP13 Une place tenir et un nouveau d fi La CEAF et le risque terroriste Un public possiblement inqui tant L horizon du danger Attentats et assassins Le Real travail social Sauver des publics travail avec les familles : accompagnement contre engagement Soutenir les parents et veiller aux fratries (Pour mieux) Agir sur les proches signal s Les familles.
2 Des partenaires parfois contraints ? e religieux sur la sellette : l examen des PRATIQUES et des adh sions Des PRATIQUES religieuses inqui tantes Des PRATIQUES religieuses acceptables Tester l engagement religieux radicalisation l aune des conflictualit s intrafamiliales : un public de jeunes ordinaires ? sur le processus de radicalisation : le filet social Une navigation rapide et (parfois) secr te Modifier l environnement D une pratique (religieuse) subie une pratique choisie CEAF et ses partenaires Un r seau de r f rents Travailler avec la police ger et contraindre La CEAF et la pr v : des diff rences et un air de famille Une doctrine construire, un r f rentiel trouver La manipulation bienveillante ET PRATIQUES pour le Groupe addap13 - N 2 - L DUCATIF AU PRISME DE LA RADICALISATION Au printemps 2014 et dans le cadre des d clinaisons territoriales du Plan national de lutte contre la radicalisation violente et les fili res djihadistes, l Association d partementale pour le d veloppement des actions de pr vention des Bouches-du-Rh ne (ADDAP13) a t sollicit e pour prendre en charge les volets Pr vention et Accompagnement de ce plan, dans le d partement des Bouches-du-Rh ne.
3 Apr s avoir pos les jalons d une d marche d intervention durant l t , l ADDAP13 cr a en octobre 2014 une Cellule d coute et d accompagnement des familles (CEAF). Comme le stipulent les textes officiels et l instar de dispositifs proches dans d autres d partements, la CEAF a pour objet de porter conseil et assistance des familles ayant signal , via un Num ro vert, des proches susceptibles de se radicaliser, c est- -dire d adopter des formes d action violente en lien avec l id ologie djihadiste, ou bien de porter conseil et assistance ces personnes, des mineurs ou de jeunes adultes pour la printemps 2016 et tandis que la CEAF comptait son actif pas loin d une centaine d accompagnements, la direction g n rale de l ADDAP13 a sollicit V ronique Le Goaziou1 pour conduire une r flexion autour de la doctrine et des agirs de ce nouveau service.
4 A l issue de premiers changes et lors m me que s laborait l architecture de la mission, la r flexion souhait e prit la forme d un double questionnement : a) quelle lecture du processus de radicalisation une d marche ducative peut-elle proposer et quels effets peut-elle avoir sur des personnes engag es dans ce processus ? b) sym triquement, quelle place un processus de radicalisation laisse-t-il une intervention ducative et quel impact a-t-il sur la doctrine et la conduite de cette intervention ? Cette interrogation en miroir posait un double pr requis : n avoir aucune id e a priori tant sur le processus de radicalisation que sur une d marche ducative. Ces deux th matiques la radicalisation et l ducatif ne devaient pas tre abord es comme des objets d termin s et connus mais au contraire comme des objets de questionnement dont le contenu et le sens devaient tre mis au travail d s lors qu on les confrontait l un l autre.
5 Par des entretiens approfondis ou des changes r flexifs lors de r unions d quipe ou d examens de situations, la mission a t conduite en troite association avec la CEAF dont chacun des membres a t sollicit pour expliciter le contenu, le sens et les finalit s de son travail, y compris sous l angle des doutes et des questionnements que celui-ci peut faire na tre. A chaque fois l objectif tait de saisir les perceptions de ces professionnels de l ducatif tant sur la radicalisation et les publics qu ils accompagnent que sur les postures et les PRATIQUES qu ils mettent en uvre pour conduire leur - Sociologue, chercheuse associ e au Lames (CNRS, Aix-en-Provence).5 Des entretiens avec des partenaires de la CEAF ont galement t r alis s, ainsi qu avec des dirigeants, des cadres et des ducateurs ou des ducatrices de l ADDAP132, avec toujours la m me ambition : interroger s par ment et ensemble le processus de radicalisation d une part et l intervention ducative d autre part afin de voir comment l un et l autre interagissent, se nourrissent ou se d forment ces entretiens ont t ajout s l examen de suivis d accompagnements de la CEAF et la lecture d un nombre raisonn d crits sur la radicalisation ou sur des th mes qui lui sont li mission, d marr e en mars 2016, a dur 15 mois et a donn lieu des premiers changes internes la CEAF et l ADDAP13.
6 C est le mat riau collect tout au long de la mission ainsi que ces changes qui forment la trame de ce rapport. Bien plus qu une expertise, il doit tre compris comme un document de travail, pour la CEAF d abord mais plus largement pour les professionnels de l ducatif qui ont entrepris ou pourraient entreprendre d investir la question de la radicalisation. Sym triquement, ce rapport peut aussi tre destin aux professionnels ou aux acteurs sociaux qui travaillent sur la radicalisation ou qui s int ressent cette th remarques permettront de mieux saisir les attendus et les limites de la mission de r flexion dont ce document rend compte. La premi re remarque est que la CEAF n a pas attendu la venue d une sociologue pour s interroger sur son travail. C est sans doute une des particularit s du secteur socio- ducatif que d ancrer ses actions dans une optique de recherche, en particulier lorsqu il s aventure dans un champ in dit et atypique.
7 En clair, la sociologue sollicit e a souvent eu la sensation de recueillir plus de questionnements que de certitudes lorsqu elle s entretenait avec l quipe de la CEAF ou participait ses second lieu, la mission a t conduite alors que la CEAF tait encore un tr s jeune service qui n avait pas routinis ses actions. C est pourquoi et durant le temps de la mission m me l quipe n a cess et ne cesse aujourd hui encore de faire voluer ses PRATIQUES et ses r flexions en lien avec les publics qu elle accompagne et en lien avec ses partenaires et ses tutelles. C est pourquoi certains l ments rapport s dans ce document ne sont peut- tre plus d actualit ou plus aussi pertinents que lorsque la mission a t r alis e. Reste que, troisi me remarque, la venue d une sociologue missionn e pour conduire un travail r flexif a pour effet d approfondir ou de multiplier les questions y compris celles que les personnes interrog es ne se sont pas forc ment pos es.
8 Et il faut ici saluer le courage des membres de la CEAF d avoir livr une personne de l ext rieur leurs questionnements professionnels et parfois personnels. Car, redisons-le, lors des entretiens les membres de la CEAF ont certes t invit s parler des publics radicalis s et de la radicalisation, mais aussi d cliner et porter un regard critique sur leur propre doctrine et sur leurs PRATIQUES ou bien ils ont t observ s ce faisant, par exemple lors de r unions d quipes ou lors de l examen de situations de familles RECHERCHES ET PRATIQUES pour le Groupe addap13 - N 2 - L DUCATIF AU PRISME DE LA RADICALISATION 2 - La liste et la fonction des personnes interview es figurent dans l annexe 2 situ e la fin du de jeunes. Et le m me exercice a t propos aux partenaires de la CEAF ainsi qu des personnels de l ADDAP13 qui pouvaient d s lors se livrer un travail de d construction ou porter un regard critique sur l une ou l autre th cons quent et in fine l analyse propos e dans ce rapport n engage que son auteure.
9 Elle est le fruit d un regard possible sur la CEAF dont les membres sont invit s s emparer afin de faire m rir leur action. L auteure du document esp re que l quipe de la CEAF, ses partenaires ainsi que, plus largement, tous les membres de l ADDAP13 qui ont contribu ce travail en sortent enrichis autant qu elle-m me l a t en menant bien cette ET PRATIQUES pour le Groupe addap13 - N 2 - L DUCATIF AU PRISME DE LA RADICALISATION 7La Cellule d coute et d accompa-gnement des familles (CEAF) cr e en octobre 2014 est un service de l ADDAP13 et ses membres sont des salari s de l association, tous ducateurs sp cialis s et issus du secteur de la pr vention. Il importe toutefois d approfondir et de d centrer le regard port sur la CEAF pour replacer ce service dans une histoire et dans un espace doctrinal qui l origine ne sont ni ceux de l ADDAP13, ni ceux du secteur socio- petite r volution copernicienneEn effet la CEAF n a pas t mont e l initiative de l ADDAP13 mais en r ponse une demande faite l association.
10 Et elle n est pas une entit autonome mais un l ment d un dispositif d partemental qui est lui-m me la d clinaison d un plan national labor par les plus hautes instances de l Etat. Enfin, tant l chelle nationale que dans le d partement des Bouches-du-Rh ne, ce plan et ce dispositif sont pilot s par des services de termes plus concrets, la CEAF n est pas une intervention imagin e par l ADDAP13 partir de ses propres observations, par exemple issues d un diagnostic de territoire ou d une demande des jeunes ou des familles qui constituent le public de ses quipes ducatives. Elle est une proposition labor e en r ponse une commande de l Etat et qui doit prendre place dans un dispositif cr en amont et largement nourri par des pr occupations de s curit et d ordre public.