Transcription of Les mycoplasmoses aviaires - avicampus.fr
1 Les mycoplasmoses aviaires Jean-Luc Gu rin, Cyril Boissieu Mise jour : Les mycoplasmoses aviaires sont des infections respiratoires, g nitales ou articulaires. Ce sont des maladies insidieuses, courantes, qui ont n anmoins r gress ces derni res ann es, suite aux efforts d radication dans les troupeaux reproducteurs. Elles entra nent de lourdes pertes conomiques. L agent de la maladie et son pouvoir pathog ne L agent tiologique de la mycoplasmose est un mycoplasme. C est une petite bact rie sans paroi. Elle n est pas visible en microscopie optique. Les mycoplasmes sont difficiles cultiver. Ils agglutinent les globules rouges. De part leur absence de paroi, les mycoplasmes sont r sistant de nombreux antibact riens, notamment les -lactamines. Ils sont par contre sensibles la plupart des d sinfectants usuels. Les mycoplasmes ne peuvent survivre que quelques jours en dehors de leur h te.
2 Il existe de nombreuses esp ces, dont la pathog nicit et le spectre d h tes sont variables. Les principales esp ces d int r t en pathologie aviaire sont : Mycoplasma gallisepticum (MG), M. meleagridis (MM) et M. synoviae (MS). Les donn es pid miologiques M. gallisepticum provoque une maladie respiratoire chronique chez le poulet et une sinusite infectieuse chez la dinde. MG a galement t isol aussi chez le pigeon, le canard, l oie, le faisan, la perdrix, la caille et les oiseaux sauvages. Les jeunes sont plus sensibles que les adultes. L infection est exacerb e par une infection bact rienne ou virale pr alable (maladie de Newcastle, bronchite infectieuse, LTI), par un stress (vaccinations, autres ) et surtout, par une mauvaise ambiance (NH3 lev , poussi res). Les mycoplasmoses sont souvent associ es d autres infections et/ou des conditions de milieu favorisantes.
3 Comme la bact rie survit peu de temps en milieu ext rieur, les oiseaux porteurs sont n cessaires pour la p rennit de la maladie. La transmission est verticale, et horizontale directe (par les jeunes infect s, les oiseaux sauvages) ou indirecte (contamination de l environnement). M. meleagridis provoque une infection chez la dinde. Le germe a un tropisme pour la bourse de Fabricius et provoque une immunosuppression. Les jeunes sont plus sensibles que les adultes. La transmission peut tre verticale. Elle est aussi horizontale par voie respiratoire ou par les mains contamin es du manipulateur lors du sexage ou lors de l ins mination artificielle. Chez les porteurs, le germe est isol essentiellement dans les organes g nitaux et le sperme. Les porteurs disparaissent souvent apr s une saison de reproduction. M. synoviae entraine une synovite infectieuse chez le poulet, la dinde et la pintade.
4 Les jeunes sont plus sensibles que les adultes. Les poulets de chair sont touch s surtout entre 4 et 12 semaines d ge, les dindons entre 10 et 20 semaines. Les cas sont plus nombreux pendant les p riodes froides et humides. La fr quence tend diminuer actuellement. La bact rie se localise dans les tendons, les articulations, les ovaires et un moindre degr , dans le tractus respiratoire. La transmission est surtout verticale (transovarienne), mais aussi horizontale, via les a rosols. Les manifestations cliniques de la maladie M. gallisepticum La phase d incubation est de 6 21 jours. Les signes cliniques persistent souvent longtemps et sont provoqu s par un changement. Ils sont plus s v res chez les jeunes et chez la dinde. Chez la dinde, on peut avoir de la toux, de l ternuement, des r les, du jetage nasal et oculaire, et un gonflement des sinus infra-orbitaires (souvent, le gonflement n est pas associ des signes d atteinte du syst me respiratoire profond).
5 Chez les poules pondeuses, on observe une diminution de la consommation alimentaire et de la ponte. L sions : cachexie, inflammation catarrhale des sinus, de la trach e, des bronches, opacification des sacs a riens avec exsudat spumeux ou cas eux (forme chronique), p ricardite et p rih patite fibrineuses, salpingite (dinde). M. meleagridis Les signes cliniques sont tr s faibles en g n ral. L closabilit des ufs diminue. Les jeunes ont une croissance plus faible. Parfois, les dindonneaux pmr sentent une sinusite ou une a rosacculite ; les l sions r gressent alors souvent d elles-m mes. On observe aussi des d formations des pattes, et de l ost omy lite d formante des vert bres cervicales (dindonneaux au cou tordu). Certaines dindes pr sentent les signes suivants : faible croissance et mauvais emplumement, chondrodystrophie, a rosacculite et diarrh e ; c est le turkey syndrom 65.
6 L sions : petite quantit d exsudat jaun tre dans les sacs a riens (l sions r gressives, souvent disparues l abattoir) ; dans le syndrome cou tordu , les dindonneaux montrent de la spondylite et une a rosacculite au niveau du sac cervical ; dans le turkey syndrom 65, les dindes pr sentent de la chondrodystrophie, et un varus uni- ou bilat ral. NB : M. Meleagridis est devenu tr s rare en France. M. synoviae Sympt mes : boiteries, oiseaux terre, pattes enfl es, retards de croissance, fientes vertes, infections respiratoires g n ralement asymptomatiques. L sions : on retrouve un exsudat visqueux, gris jaun tre dans les articulations (surtout au jarret, ailes, pieds). Lors d infection chronique, les oiseaux sont maci s, et pr sentent un exsudat sec orange brun dans les articulations, ainsi qu une bursite sternale (li e aux frottements du br chet contre le sol).
7 Certains oiseaux, sans l sions articulaires, peuvent avoir une l g re trach ite, sinusite, a rosacculite. Le diagnostic Diagnostic de laboratoire La s rologie est possible pour MG et MS : on r alise des tests d agglutination en tube ou sur lame, et la distinction MG-MS se fait par inhibition de l h magglutination. La culture est possible, partir d couvillons orbitaux, nasaux ou trach aux, de tissus pour MG, d embryons, d couvillons trach al, cloacal, vaginal, du phallus pour MM, d couvillons articulaires, de pr l vements de rate ou de foie lors de cas aigus de MS, de poumons et de sacs a riens lors de cas chroniques. Le diagnostic des mycoplasmoses par PCR est disponible en routine, notamment l aide de kits PCR commercialis s. Sinusite infra-orbitaire chez la dinde ENVT, clinique des levages avicoles et porcins ENVT, clinique des levages avicoles et porcins M. gallisepticum Diagnostic clinique : historique de chronicit , perte de poids, chute de ponte, l sions.
8 Diagnostic diff rentiel : colibacillose, ORT, aspergillose, chol ra aviaire ; chez la dinde, la sinusite peut tre caus e par des virus influenza faiblement pathog nes, M. synoviae. M. synoviae Diagnostic clinique : boiteries, pattes enfl es, l sions avec exsudat gris jaune. Diagnostic diff rentiel : arthrites Staphylocoques, arthrite virale, typhose, pullorose. La pr vention et le contr le de la maladie Le traitement des mycoplasmoses fait appel aux antibiotiques. Du fait de l absence de paroi de ces mycoplasmes, les antibiotiques inhibant la synth se de la paroi (p nicilline) et ceux inhibant la synth se de la membrane sont videmment inefficaces. Il faut utiliser plusieurs antibiotiques inhibant la synth se de prot ines en association (macrolides, doxycycline, quinolones 3 me g n ration). Il faut adapter les antibiotiques en fonction des r sistances des mycoplasmes en cause. L antibioth rapie doit aussi permettre de lutter contre les fr quentes co-infections bact riennes.
9 L radication et la pr vention des mycoplasmoses reposent sur plusieurs actions. - Am liorer les conditions d ambiance, faire principalement attention aux facteurs de stress, aux teneurs en ammoniac et la pr sence de poussi re. - Eviter l introduction d oiseaux contamin s dans un levage indemne. L introduction de nouveaux animaux doit se faire partir de troupeaux reproducteurs Mycoplasma spp-free ; les reproducteurs sont suivis s rologiquement, leurs ufs sont d sinfect s et peuvent tre trait s, les poussins sont lev s dans un milieu assaini et surveill . NB : Les volailles export es doivent tre certifi es indemnes de MG et MM : ce contr le concerne particuli rement les changes de poussins de 1 jour. - La vaccination l gard de MG est galement utilis e dans certains pays, notamment au Maghreb. Les vaccins agent inactiv sont peu efficaces. Les vaccins agent vivant att nu pr sentent un risque de r version vers la virulence et rendent difficile l identification d une contamination par un isolat sauvage pathog ne.
10 Autres mycoplasmoses M. iowae On le rencontre chez les dindes principalement, mais aussi chez les poulets et les oiseaux sauvages. Les l sions sont semblables celles de M. meleagridis. Il est devenu rare. Mycoplasmes du canard Il s agit surtout de M. anatis, au r le pathog ne encore obscur. Il pourrait contribuer aux affections respiratoires non sp cifiques du canard en cours de croissance. Mycoplasmes de l oie Il s agit surtout de M. anseris, son r le pathog ne est obscur. Une forme de mycoplasmose v n rienne M. Anatis est propre aux reproducteurs : elle entra ne des l sions n crotiques tr s s v res du p nis chez le m le et des cloacites mod r es chez la femelle. Les femelles sont donc essentiellement des porteuses, qui contaminent les jars. La n crose du p nis chez un nombre significatif de jars est le signe d appel de cette infection. En pratique : Le diagnostic des mycoplasmoses fait appel au laboratoire, puisque les signes cliniques et l sionnels sont le plus souvent peu sp cifiques.