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Le mécanisme du multiplicateur (dit multiplicateur ...

1 Le m canisme du multiplicateur (dit " multiplicateur keyn sien") revisit Gabriel Galand (Octobre 2012) R sum Le multiplicateur keyn sien remonte Keynes lui-m me mais il est encore utilis de nos jours, au moins par les conomistes d inspiration keyn sienne. On peut dire aussi qu il sous-tend certaines de leurs positions1. Plusieurs des critiques qui ont t exprim es son gard sont justifi es, et certaines d entre elles ont suscit des perfectionnements pour les liminer. Dans cet article nous les rappelons, puis nous ajoutons notre pierre. Premi rement, nous tendons son champ l ensemble des revenus, et non seulement ceux provoqu s par une d pense autonome. Deuxi mement, nous tendons les acteurs l ensemble des agents et non seulement aux pouvoirs publics.

3 voir que la condition (6) est réalisée. Quoi qu’il en soit, l’interprétation usuelle de ce multiplicateur, que nous appellerons « multiplicateur standard » est qu’il permet de

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1 1 Le m canisme du multiplicateur (dit " multiplicateur keyn sien") revisit Gabriel Galand (Octobre 2012) R sum Le multiplicateur keyn sien remonte Keynes lui-m me mais il est encore utilis de nos jours, au moins par les conomistes d inspiration keyn sienne. On peut dire aussi qu il sous-tend certaines de leurs positions1. Plusieurs des critiques qui ont t exprim es son gard sont justifi es, et certaines d entre elles ont suscit des perfectionnements pour les liminer. Dans cet article nous les rappelons, puis nous ajoutons notre pierre. Premi rement, nous tendons son champ l ensemble des revenus, et non seulement ceux provoqu s par une d pense autonome. Deuxi mement, nous tendons les acteurs l ensemble des agents et non seulement aux pouvoirs publics.

2 Troisi mement nous pr sentons une forme du multiplicateur qui permet de l appliquer l conomie r elle, d utiliser pour ses param tres les donn es de la comptabilit nationale, et donc de l utiliser vraiment en politique conomique. Introduction Le multiplicateur keyn sien est cher au c ur de tous ceux qui croient la r gulation par les pouvoirs publics des conomies en r cession. Keynes lui-m me l a introduit dans sa Th orie G n rale, puis il a pr cis peu apr s son financement avec cr ation mon taire par le cr dit bancaire. Ce cadre th orique a dur assez longtemps, alors que deux graves d fauts entrainaient beaucoup de confusion dans les tudes empiriques entreprises pour v rifier son effet. Le premier d faut est qu il n y a pas de temps.

3 On parle de tours (rounds), et par exemple chaque tour on pargne une certaine quantit . Mais la dur e de ce tour n est pas d finie. Le deuxi me d faut est que le m canisme est suppos financ par un cr dit initial cr ateur de monnaie, alors que d autres modes de financement sont possibles. Ces d fauts ont perdur , et les choses n ont gu re volu , jusqu au d but des ann es 2000. Un peu avant, le retour des r cessions et m me des crises, a raviv l int r t sur la th orie keyn sienne en g n ral et sur le multiplicateur keyn sien en particulier. Des perfectionnements ont t alors apport s. Par exemple, Geshert S. (2012) fait une synth se de ces apports, qui comprennent l introduction du temps, par une variable de nombre de tours par unit de temps, et l introduction d autres sources de financement.

4 Il pr sente une version qui r sume l tat actuel sous la forme d un multiplicateur int gr . Toutefois, notre sens il manque encore des caract ristiques essentielles. D abord, il s applique la d pense autonome , c est- -dire en plus du fonctionnement normal de l conomie. Cette d pense autonome est suppos e circuler un certain nombre de fois par p riode, mais on ignore tous les autres flux conomiques, qui circulent aussi et sont certainement aussi tributaires d un m canisme de multiplicateur . Ensuite, et c est li au point pr c dent dans une certaine mesure, il est difficilement applicable l conomie r elle. Spilimbergo A. et al. (2009) notent la difficult pour trouver des valeurs fiables, la principale difficult tant que Le d fi empirique le plus grand est celui du biais de simultan it.

5 Autrement dit on ne sait pas bien d m ler l effet de la d pense autonome de l volution de l conomie laquelle elle s applique. 1 Notamment sur le caract re n cessairement endog ne de la monnaie qui sert financer la d pense initiale. 2 Nous nous appliquons donc critiquer et int grer les am liorations d j faites, et r pondre aux d fauts ci-dessus. Nous en tirons ce que nous avons appel un multiplicateur global , qui s applique toute l conomie. L article est articul comme suit. Une premi re section rappelle les fondements classiques du multiplicateur keyn sien. Une deuxi me section expose les critiques qui ont t port es son gard et les ajouts qui ont t faits. La troisi me critique le multiplica-teur int gr qui est l tat aujourd hui du multiplicateur keyn sien, et pr sente notre multiplicateur global.

6 La quatri me section applique ce concept l conomie fran aise, puis examine la conduite de la politique conomique l aide du multiplicateur . La cinqui me section discute les objections possibles et conclut. I. Le multiplicateur keyn sien classique La d finition classique du multiplicateur keyn sien provient des quations keyn siennes d quilibre macro conomique bien connues Fonction de consommation CcY= (1) c < 1 propension consommer, C consommation, Y revenu des m nages Revenu distribu par les entreprises YCI=+ (2) Elles re oivent les montants de la consommation et de l investissement et le redistribuent. Utilisation du revenu par les m nages YC S=+ (3) S pargne des m nages multiplicateur Les quations (1) et (2) suffisent pour liminer C et trouver 11 YIc = (4) La forme diff rentielle est employ e car la propension consommer (1) est en r alit une fonction lin aire locale et non une relation proportionnelle (hypoth se de Keynes sur la fonction de consommation), et aussi parce que le cadre de la th orie du multiplicateur est celui de la demande autonome , c est- -dire une d pense qui n est pas caus e par le fonctionnement normal de l conomie.

7 Autrement dit, cette demande d investissement a pour but de se faire en plus de l quilibre conomique, voire de d placer celui-ci. Cette quation (4) est souvent pr sent e sous une forme apparemment dynamique , en r alit de statique comparative 11ttYIc = (5) Cette quation est interpr t e comme une d termination de l accroissement du revenu par un accroissement de l investissement de l Etat. Il faut noter que selon l interpr tation de Keynes cette causalit n est pas la seule, car il faut que cette augmentation du revenu distribu corresponde l augmentation de la consommation. On peut exprimer cette conditionnalit par tC est-elle gale ttYI , soit 1tcIc ? (6) Si c est le cas, l augmentation d investissement est valid e.

8 En fait, l ajustement est r alis par l pargne qui finance l investissement. Comme on a I = S, il est facile de 3 voir que la condition (6) est r alis e. Quoi qu il en soit, l interpr tation usuelle de ce multiplicateur , que nous appellerons multiplicateur standard est qu il permet de pr voir l effet d une d pense autonome (en fait l investissement) sur l emploi (en fait la production Y) parce qu on raisonne dans une conomie en sous-emploi, et donc que les d penses autonomes, distribu es en revenu, sont automatiquement valid es par une demande effective. II. Discussion du multiplicateur standard Keynes (1936) a pr sent vraiment2 l ajustement de l pargne l investissement comme un m canisme automatique. Il a exprim en mots ce que d autres ont exprim en formules math matiques comme suit : A chaque tour de distribution du revenu correspondant l investissement I, il est pargn s I, puis s(1 s) I, s(1 s)2 I , La somme de cette s rie infinie est I.

9 Les agents pargnent automatiquement de quoi financer l investissement. Cette interpr tation g nante (l investissement n est pas possible sans pargne, donc sans d cision pr alable d pargne, contrairement ce que Keynes d fendait) a t corrig e par Keynes lui-m me dans des crits post rieurs. Keynes (1937a) et Keynes (1937b) introduisent le concept de la monnaie endog ne, largement accept et utilis aujourd hui. L entreprise finance son investissement en empruntant la monnaie la banque qui la cr e ex-nihilo. A ce stade aucune richesse mat rielle n est cr e car la monnaie d tenue par l entreprise est compens e par la cr ance de la banque. Par contre l investissement cr e de vraies richesses, dont une partie est pargn e et permet de rembourser la cr ance.

10 De cette mani re c est bien l investissement qui cr e l pargne3. Depuis cette poque, une abondante litt rature que nous ne reprendrons pas ici a critiqu le multiplicateur sous cette forme originelle. Les principales critiques peuvent tre trouv es par exemple dans Geshert S. (2012)4. 1. La d pense autonome qui d clenche le processus est toujours l investissement public. Elle devrait pouvoir contenir aussi de la consommation et des d penses publiques ou priv es. 2. Le multiplicateur standard d veloppe la consommation (et l pargne) induite par la circulation du revenu dans les tours successifs, mais pas l investissement induit. 3. Il est artificiel de limiter les d penses au montant de la d pense autonome. Les agents ont d autres sources (nouvel endettement, diminution des encaisses).


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