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7 - L'ORIGINE DU MONDE - Hervé Fischer

857 - L'ORIGINE DU MONDEDe L'ORIGINE r elle du MONDE avant la naissance de l'humanit , nous ne sauronsjamais rien de s r. Ce sont plut t les hommes qui projettent sur le MONDE l'imagede leur propre naissance. Chacun de nous vit l'exp rience physique,psychologique et sociale r elle d'une naissance mythique du MONDE dans saconscience. C'est le MONDE , qui na t l'homme, et non l'inverse. Simpleinversion du langage? Beaucoup plus, et qui justifie la r volution coperniciennede la mythanalyse. M me si l' tymologie serait fausse, la connaissance - con-naissance - est bien r ellement constitu e par la simultan it de la naissance dela pens e et de celle du MONDE pour chacun de nous. La con-science le redit celui qui voudrait en MONDE na t avec chacun de nousLe tableau familial constitue le lieu, toujours recommenc , de cette formationmythique l mentaire de la conscience humaine.

86 Cette naissance mythique au monde de chacun de nous est bien plus réelle que l'hypothétique naissance réelle du monde. Le peintre David Hockney exprime très bien cette contre-révolution

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1 857 - L'ORIGINE DU MONDEDe L'ORIGINE r elle du MONDE avant la naissance de l'humanit , nous ne sauronsjamais rien de s r. Ce sont plut t les hommes qui projettent sur le MONDE l'imagede leur propre naissance. Chacun de nous vit l'exp rience physique,psychologique et sociale r elle d'une naissance mythique du MONDE dans saconscience. C'est le MONDE , qui na t l'homme, et non l'inverse. Simpleinversion du langage? Beaucoup plus, et qui justifie la r volution coperniciennede la mythanalyse. M me si l' tymologie serait fausse, la connaissance - con-naissance - est bien r ellement constitu e par la simultan it de la naissance dela pens e et de celle du MONDE pour chacun de nous. La con-science le redit celui qui voudrait en MONDE na t avec chacun de nousLe tableau familial constitue le lieu, toujours recommenc , de cette formationmythique l mentaire de la conscience humaine.

2 Les relations affectives motionnelles et de d pendance qui lient le nouveau-n la sc ne familiale,cr ent des conditions exclusives d'intensit , qui d termineront pour plusieursann es ses valeurs de v rit , de l gitimit r f rentielle, et m me son sens de lar alit tangible de l'univers. Hubert Reeves dit volontiers que nous sommes filset filles des toiles, pour voquer L'ORIGINE de la vie. Mais tout se passe comme siles toiles naissaient de nos yeux. Copernic et Galil e ont d senchant le mondeen nous d montrant que nous sommes dans sa lointaine p riph rie. Lamythanalyse prend le contre-pied de cette objectivit scientifique, car dans sonexp rience r elle et motionnelle, chaque homme demeure tout instant etpartout le centre du MONDE .

3 Nous sommes existentiellement le centre du MONDE ,chacun de de nous est le centre du mondeLa d pendance biologique du nouveau-n , le formatage socioculturel, dont safamille nucl aire est le m diateur incessant, g n rent sa premi re image dumonde, comme n cessairement vraie, r elle et originelle. Toutes ses premi resinterpr tations, toutes ses premi res associations et relations de cause effet,tous ses premiers sentiments, motions, d sirs, manques, douleurs, col res etfrustrations, toutes ses premi res sensations physiques s'impriment dans lepsychisme du nouveau-n , comme origine de sa conscience, origine de la vie,origine de ses affects, origine de ses id es, bref comme origine du mythique86 Cette naissance mythique au MONDE de chacun de nous est bien plus r elle quel'hypoth tique naissance r elle du peintre David hockney exprime tr s bien cette contre-r volutioncopernicienne en inversant la perspective euclidienne invent e par leQuattrocento dans la foul e des d couvertes de Copernic et Galil e.

4 Sestableaux de chaises qui s' largissent dans la profondeur du champ, ou sescollages photographiques cubistes du Grand Canyon, expriment notreconscience r elle d' tre au centre de notre regard, au centre de notre image dumonde. Le mode bascule vers nous, plut t que de s'enfuir vers une ligned'horizon et un centre unique situ s dans un infini inaccessible et perspective euclidienne, qu'on nous a enseign e l' cole pendant desg n rations, qu'on nous a appris construire, avec la r gle, contre toute videncede nos sens, n'a rien de commun avec la conscience et les perceptions dunouveau-n . C'est une vue de l'esprit, qui aura symbolis , pour quelques si clesseulement et en Occident seulement, une civilisation g om triste de l'imprim ,de la lin arit , du dieu unique et inaccessible, de l'objectivit ce m me Occident, aujourd'hui, force est de constater, avec le philosopheCharles Taylor, que nous vivons une nouvelle exception.

5 La majorit dessoci t s de notre plan te sont religieuses, voire int gristes, et soumettent leprofane au sacr , le social au religieux. Seul l'Occident, en cette fin de si cle, aclairement et le plus souvent constitutionnellement s par l' glise et l' tat etmarginalis la transcendance, les r f rences la religion, la spiritualit , sombre ab me du tempsEn Occident, aujourd'hui, c'est le peuple des hommes qui est au centre dumonde, c'est- -dire le citoyen, la d mocratie, la vie quotidienne, la prosp rit mat rielle, l' conomie. Charles Taylor parle d'un humanisme exclusif, sansr f rence transcendantale, n du sombre ab me du temps qu' voquait Buffon, ens'interrogeant sur L'ORIGINE du ne dirons pas - en nous r f rant au tableau parental -, que Dieu aabandonn le MONDE , comme un p re abandonne ses fils.

6 Il ne s'agit pas d'uneblessure natale, ni d'une brisure du MONDE , m me si cette la cisation de l'imagedu MONDE n'a pas pu s'op rer sans crise, doute et douleur, mais d'un recentragede la soci t sur l'homme. C'est partir du centre de l'image, que se construitl'image, comme le peint David hockney , et non plus partir d'un point de fuiteimaginaire ou transcendantal. C'est partir de la conscience humaine, ici etmaintenant, que se construit l'image du 'origine du MONDE , c'est nous! La mythanalyse se fonde sur ce postulatprovoquant, mais qui provoque pr cis ment beaucoup de questions que nousavions occult es. La mythanalyse questionne les pseudo-explications du MONDE ,les concepts-images, les mythes et les sciences, du m me regard est l homme qui habite po tiquement le mondeDieu est artiste, Dieu est po te, dit Andr Fortier (Ce Dieu au regard po tique,1999)

7 , mais c'est l'homme qui habite po tiquement ce MONDE , pressentait d j lepo te H lderlin, dont s'inspira 'origine du MONDE n'est donc pas d'abord un stade initial du MONDE , je ne saisquel big bang, mais la naissance du MONDE que vit chaque nouveau-n , co-existentiellement lui, tant il est vrai, nous disent les psychologues, que lenouveau-n ne fait pas la distinction entre lui, son corps et le MONDE ext n'est-il pas total, le myst re de la naissance de la vie, non seulement pourl'enfant, mais encore pour ses parents? Ce qui ne signifie pas que les r cits quenous en proposent les mythes et les sciences ne soient pas du plus haut int r nous admettons volontiers la valeur explicative relative des mythes surl'origine du MONDE , un simple exemple permettra de relativiser tout autantl'objectivit revendiqu e par les big bangLe big bang fait penser au premier vagissement de l'enfant qui na t au MONDE ,charmant cri tant attendu par les parents, mais qui doit r sonner terriblement etcomme une gigantesque explosion dans ses poumons vides qui se gonflent d'air,apr s la compression du passage dans le col de l'ut rus.

8 Le nom a t bientrouv !On pourrait aussi fantasmer sur le big bang voquant la pulsion et le spasmed' jaculation originelle. A ce spasme d'expansion de la voie lact e s'opposentsym triquement les trous noirs, o l' nergie dispara t. Les pulsions sexuelles del'univers sont trop humaines pour y croire!Jusqu' preuve du contraire - et le clonage et autres manipulations g n tiquespourraient un jour remettre en question cette v rit - , nous ne naissons que d'unseul p re. Et sur ce mod le, nous avons instaur des religions monoth istes, d'unDieu le P re, p re unique et cr ateur du MONDE . Ce monoth isme se retrouveid ologiquement dans l'instauration d'une autorit unique du Roi sur ses sujets,ou du Pape sur la chr tient . La perspective euclidienne qui institue un point defuite unique ne refl te pas autre chose.

9 Et les remises en question du centralismepolitique ont volu parall lement aux suggestions de multiplier les points defuite dans la repr sentation en perspective du MONDE , pour mieux exprimer ladiversit des points de vue, des opinions et des pouvoirs dans une soci t qui sed une infinit de big bang88De m me avons-nous pour la plupart d'entre nous pris l'habitude de croire lath orie du big bang, instant unique de la cr ation du MONDE dans unegigantesque explosion nucl aire, centre originel de l'expansion lin aire etg om trique de l'univers, que nos t lescopes croient pouvoir nous d montrerclairement. Certes, la th orie du big bang est-elle contest e, mais seulement parquelques astronomes minoritaires. Le Prix Nobel Ilya Prigogine, th oricien de lath orie du chaos, conforta un jour mes doutes devant une th orie si simpliste etm canique, trop calqu e sur le monoth isme et la perspective euclidienne pour tre vraie.

10 En rappelant que l'univers a une histoire, que ses lois ont pu changer,il sugg re que la science ne peut tre ternellement et universellement bas e surla m me logique, que les lois scientifiques ne sont pas r versibles comme lesmath matiques. S'opposant Stephan Hawking, il conteste toute interpr tationdu MONDE bas e sur une math matique universelle et ternelle. Et lesethnologues nous apprennent en effet que la logique du 1=1, 1 diff rent de 2 et1+1=2, les principes d'identit , de non-contradiction et d'exclusion, bref lalogique dite de Port-Royal, n'ont aucun sens dans une soci t indivise etanimiste, o domine au contraire une logique participative. La th orie desensembles, des probabilit s et la syst mique, la g om trie de Bourbaki nous ontaussi ouvert l'esprit sur d'autres logiques, o la th orie du big bang para t bienfaible.


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