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1984 Ebooks libres et gratuits - noelpecout.blog.lemonde.fr

Dition du groupe Ebooks libres et gratuits . (1948). 1984. George Orwell Table des mati res PREMI RE PARTIE .. 4. CHAPITRE I .. 5. CHAPITRE II .. 25. CHAPITRE III .. 36. CHAPITRE IV .. 46. CHAPITRE V .. 59. CHAPITRE VI .. 78. CHAPITRE VII .. 85. CHAPITRE VIII .. 100. DEUXI ME PARTIE .. 127. CHAPITRE I .. 128. CHAPITRE II .. 143. CHAPITRE III .. 156. CHAPITRE IV .. 168. CHAPITRE V ..181. CHAPITRE VI .. 192. CHAPITRE VII .. 196. CHAPITRE VIII ..206. CHAPITRE 221. CHAPITRE X .. 268. TROISI ME 277. CHAPITRE I .. 278. CHAPITRE II .. 296. CHAPITRE III .. 322. CHAPITRE IV .. 339. CHAPITRE V .. 349. CHAPITRE VI .. 355. 368. LES PRINCIPES DU NOVLANGUE .. 369. propos de cette dition lectronique ..385. 3 . PREMI RE PARTIE. 4 . CHAPITRE I. C' tait une journ e d'avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentr dans le cou, s'effor ait d' viter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitr e du bloc des Maisons de la Victoire , pas assez rapidement cependant pour emp cher que s'engouffre en m me temps que lui un tourbillon de poussi re et de sable.

C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentré dans le cou, s’efforçait d’éviter le vent mauvais.

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1 Dition du groupe Ebooks libres et gratuits . (1948). 1984. George Orwell Table des mati res PREMI RE PARTIE .. 4. CHAPITRE I .. 5. CHAPITRE II .. 25. CHAPITRE III .. 36. CHAPITRE IV .. 46. CHAPITRE V .. 59. CHAPITRE VI .. 78. CHAPITRE VII .. 85. CHAPITRE VIII .. 100. DEUXI ME PARTIE .. 127. CHAPITRE I .. 128. CHAPITRE II .. 143. CHAPITRE III .. 156. CHAPITRE IV .. 168. CHAPITRE V ..181. CHAPITRE VI .. 192. CHAPITRE VII .. 196. CHAPITRE VIII ..206. CHAPITRE 221. CHAPITRE X .. 268. TROISI ME 277. CHAPITRE I .. 278. CHAPITRE II .. 296. CHAPITRE III .. 322. CHAPITRE IV .. 339. CHAPITRE V .. 349. CHAPITRE VI .. 355. 368. LES PRINCIPES DU NOVLANGUE .. 369. propos de cette dition lectronique ..385. 3 . PREMI RE PARTIE. 4 . CHAPITRE I. C' tait une journ e d'avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures. Winston Smith, le menton rentr dans le cou, s'effor ait d' viter le vent mauvais. Il passa rapidement la porte vitr e du bloc des Maisons de la Victoire , pas assez rapidement cependant pour emp cher que s'engouffre en m me temps que lui un tourbillon de poussi re et de sable.

2 Le hall sentait le chou cuit et le vieux tapis. l'une de ses extr mit s, une affiche de couleur, trop vaste pour ce d ploie- ment int rieur, tait clou e au mur. Elle repr sentait simple- ment un norme visage, large de plus d'un m tre : le visage d'un homme d'environ quarante-cinq ans, l' paisse moustache noire, aux traits accentu s et beaux. Winston se dirigea vers l'escalier. Il tait inutile d'essayer de prendre l'ascenseur. M me aux meilleures poques, il fonc- tionnait rarement. Actuellement, d'ailleurs, le courant lec- trique tait coup dans la journ e. C' tait une des mesures d' conomie prises en vue de la Semaine de la Haine. Son appartement tait au septi me. Winston, qui avait trente-neuf ans et souffrait d'un ulc re variqueux au-dessus de la cheville droite, montait lentement. Il s'arr ta plusieurs fois en chemin pour se reposer. chaque palier, sur une affiche coll e au mur, face la cage de l'ascenseur, l' norme visage vous fixait du regard.

3 C' tait un de ces portraits arrang s de telle sorte que les yeux semblent suivre celui qui passe. Une l gende, sous le portrait, disait : BIG BROTHER VOUS REGARDE. l'int rieur de l'appartement de Winston, une voix sucr e faisait entendre une s rie de nombres qui avaient trait la pro- 5 . duction de la fonte. La voix provenait d'une plaque de m tal oblongue, miroir terne encastr dans le mur de droite. Winston tourna un bouton et la voix diminua de volume, mais les mots taient encore distincts. Le son de l'appareil (du t l cran, comme on disait) pouvait tre assourdi, mais il n'y avait aucun moyen de l' teindre compl tement. Winston se dirigea vers la fen tre. Il tait de stature fr le, plut t petite, et sa maigreur tait soulign e par la combinaison bleue, uniforme du Parti. Il avait les cheveux tr s blonds, le visage naturellement sanguin, la peau durcie par le savon grossier, les lames de rasoir mouss es et le froid de l'hiver qui venait de prendre fin.

4 Au-dehors, m me travers le carreau de la fen tre ferm e, le monde paraissait froid. Dans la rue, de petits remous de vent faisaient tourner en spirale la poussi re et le papier d chir . Bien que le soleil brill t et que le ciel f t d'un bleu dur, tout semblait d color , hormis les affiches coll es partout. De tous les carrefours importants, le visage la moustache noire vous fixait du regard. Il y en avait un sur le mur d'en face. BIG. BROTHER VOUS REGARDE, r p tait la l gende, tandis que le regard des yeux noirs p n trait les yeux de Winston. Au niveau de la rue, une autre affiche, dont un angle tait d chir , battait par -coups dans le vent, couvrant et d couvrant alternative- ment un seul mot : ANGSOC. Au loin, un h licopt re glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une fl che, dans un vol courbe. C' tait une pa- trouille qui venait mettre le nez aux fen tres des gens. Mais les patrouilles n'avaient pas d'importance.

5 Seule comptait la Police de la Pens e. Derri re Winston, la voix du t l cran continuait d biter des renseignements sur la fonte et sur le d passement des pr - visions pour le neuvi me plan triennal. Le t l cran recevait et transmettait simultan ment. Il captait tous les sons mis par Winston au-dessus d'un chuchotement tr s bas. De plus, tant que Winston demeurait dans le champ de vision de la plaque de 6 . m tal, il pouvait tre vu aussi bien qu'entendu. Naturellement, il n'y avait pas moyen de savoir si, un moment donn , on tait surveill . Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pens e se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir. On pouvait m me imaginer qu'elle surveillait tout le monde, constamment. Mais de toute fa on, elle pouvait mettre une prise sur votre ligne chaque fois qu'elle le d sirait. On devait vivre, on vivait, car l'habitude de- vient instinct, en admettant que tout son mis tait entendu et que, sauf dans l'obscurit , tout mouvement tait per u.

6 Winston restait le dos tourn au t l cran. Bien qu'un dos, il le savait, p t tre r v lateur, c' tait plus prudent. un kilo- m tre, le minist re de la V rit , o il travaillait, s' levait vaste et blanc au-dessus du paysage sinistre. Voil Londres, pensa-t-il avec une sorte de vague d go t, Londres, capitale de la Pre- mi re R gion A rienne, la troisi me, par le chiffre de sa popula- tion, des provinces de l'Oc ania. Il essaya d'extraire de sa m - moire quelque souvenir d'enfance qui lui indiquerait si Londres avait toujours t tout fait comme il la voyait. Y avait-il tou- jours eu ces perspectives de maisons du XIXe si cle en ruine, ces murs tay s par des poutres, ce carton aux fen tres pour rem- placer les vitres, ces toits pl tr s de t le ondul e, ces cl tures de jardin d labr es et pench es dans tous les sens ? Y avait-il eu toujours ces emplacements bombard s o la poussi re de pl tre tourbillonnait, o l' pilobe grimpait sur des monceaux de d - combres ?

7 Et ces endroits o les bombes avaient d gag un es- pace plus large et o avaient jailli de sordides colonies d'habitacles en bois semblables des cabanes lapins ? Mais c' tait inutile, Winston n'arrivait pas se souvenir. Rien ne lui restait de son enfance, hors une s rie de tableaux brillamment clair s, sans arri re-plan et absolument inintelligibles. 7 . Le minist re de la V rit Miniver, en novlangue 1 frap- pait par sa diff rence avec les objets environnants. C' tait une gigantesque construction pyramidale de b ton d'un blanc cla- tant. Elle tageait ses terrasses jusqu' trois cents m tres de hauteur. De son poste d'observation, Winston pouvait encore d chiffrer sur la fa ade l'inscription artistique des trois slogans du Parti : LA GUERRE C'EST LA PAIX. LA LIBERTE C'EST L'ESCLAVAGE. L'IGNORANCE C'EST LA FORCE. Le minist re de la V rit comprenait, disait-on, trois mille pi ces au-dessus du niveau du sol, et des ramifications souter- raines correspondantes.

8 Diss min es dans Londres, il n'y avait que trois autres constructions d'apparence et de dimensions analogues. Elles crasaient si compl tement l'architecture envi- ronnante que, du toit du bloc de la Victoire, on pouvait les voir toutes les quatre simultan ment. C' taient les locaux des quatre minist res entre lesquels se partageait la totalit de l'appareil gouvernemental. Le minist re de la V rit , qui s'occupait des divertissements, de l'information, de l' ducation et des beaux- arts. Le minist re de la Paix, qui s'occupait de la guerre. Le mi- nist re de l'Amour qui veillait au respect de la loi et de l'ordre. Le minist re de l'Abondance, qui tait responsable des affaires conomiques. Leurs noms, en novlangue, taient : Miniver, Mi- nipax, Miniamour, Miniplein. Le minist re de l'Amour tait le seul r ellement effrayant. Il n'avait aucune fen tre. Winston n'y tait jamais entr et ne s'en tait m me jamais trouv moins d'un kilom tre.

9 C' tait un endroit o il tait impossible de p n trer, sauf pour affaire offi- 1 Le novlangue tait l'idiome officiel de l'Oc ania. 8 . cielle, et on n'y arrivait qu' travers un labyrinthe de barbel s enchev tr s, de portes d'acier, de nids de mitrailleuses dissimu- l s. M me les rues qui menaient aux barri res ext rieures taient parcourues par des gardes en uniformes noirs face de gorille, arm s de matraques articul es. Winston fit brusquement demi-tour. Il avait fix sur ses traits l'expression de tranquille optimisme qu'il tait prudent de montrer quand on tait en face du t l cran. Il traversa la pi ce pour aller la minuscule cuisine. En laissant le minist re cette heure, il avait sacrifi son repas de la cantine. Il n'ignorait pas qu'il n'y avait pas de nourriture la cuisine, sauf un quignon de pain noir tre qu'il devait garder pour le petit d jeuner du len- demain. Il prit sur l' tag re une bouteille d'un liquide incolore, qui portait une tiquette blanche o s'inscrivaient clairement les mots Gin de la Victoire.

10 Le liquide r pandait une odeur hui- leuse, c urante comme celle de l'eau-de-vie de riz des Chinois. Winston en versa presque une pleine tasse, s'arma de courage pour supporter le choc et avala le gin comme une m decine. Instantan ment, son visage devint carlate et des larmes lui sortirent des yeux. Le breuvage tait comme de l'acide ni- trique et, de plus, on avait en l'avalant la sensation d' tre frapp . la nuque par une trique de caoutchouc. La minute d'apr s, cependant, la br lure de son estomac avait disparu et le monde commen a lui para tre plus agr able. Il prit une cigarette dans un paquet froiss marqu Cigarettes de la Victoire , et, im- prudemment, la tint verticalement, ce qui fit tomber le tabac sur le parquet. Il fut plus heureux avec la cigarette suivante. Il re- tourna dans le living-room et s'assit une petite table qui se trouvait gauche du t l cran. Il sortit du tiroir un porte-plume, un flacon d'encre, un in-quarto pais et vierge au dos rouge et.


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