Transcription of DISCOURS chevalier Michel de RAMSAY - …
1 DISCOURS de Ramsay47 DISCOURS chevalier Michel de RAMSAYCe DISCOURS pr sente un int r t particulier car il eut d'immenses r percussions dansle monde ma onnique. S' loignant r solument de la voie op rative, il contribua l' closion du ph nom ne des hauts grades qui devaient surgir de toutes parts et setrouver in vitablement li s l'av nement ult rieur de la Ma onnerie templi re et del' cossisme, d'autant plus volontiers que le chevalier Andr - Michel de RAMSAY fut lepr cepteur des enfants de Jacques III DISCOURS ne fut jamais lu car le cardinal Fleury, ministre de Louis XV et hostileaux Ma ons, s'y opposa. Imprim , il circula "sous le manteau". Lecture initialement pr vue pour le 21 mars voici la teneur:" La noble ardeur que vous montrez, Messieurs, pour entrer dans le tr s noble ettr s illustre Ordre des francs-ma ons, est une preuve certaine que vous poss dezd j toutes les qualit s n cessaire pour en devenir les membres, c'est direl'Humanit , la Morale pure, le Secret inviolable et le go t des beaux-arts.
2 Lycurgue,Solon, Numa et tous les l gislateurs politiques n'ont pu rendre leur tablissementdurable, quelque sage qu' taient leurs Lois; elles n'ont pu s' tendre dans tous lespays et dans tous les si cles. Comme elles n'avaient en vue que les victoires et lesconqu tes, la violence militaire et l' l vation d'un peuple au-dessus d'un autre, ellesn'ont pu devenir universelles, ni convenir au go t, au g nie et aux int r t de toutesles nations. La philanthropie n' tait pas leur base. L'amour de la Patrie, mal entenduet pouss l'exc s, d truisait souvent, dans ces r publiques guerri res, l'amour etl'humanit en g n hommes ne sont distincts essentiellement que par la diff rence des languesqu'ils parlent, des habits qu'ils portent, des pays qu'ils occupent.
3 Le monde entiern'est qu'une R publique dont chaque nation est une famille, chaque particulier unenfant. C'est pour faire revivre et r pandre ces essentielles maximes, prises dans lanature de l'homme, que notre Soci t fut d'abord voulons r unir tous les Hommes d'un esprit clair , de moeurs douces et d'unehumeur agr able, non seulement par l'amour des Beaux Arts, mais encore plus parles grands principes de Vertu, de Science et de Religion, o l'int r t de laConfraternit devient celui du genre humain tout entier, o toutes les Nationspeuvent puiser des connaissances solides et o les sujets de tous les royaumespeuvent apprendre se ch rir mutuellement, sans renoncer leur anc tres les Crois s, rassembl s de toutes les parties de la Chr tient dans laTerre Sainte.
4 Voulurent r unir ainsi dans une seule Confraternit les particuliers detoutes les Nations. Quelle obligation n'a-t-on pas ces Hommes Sup rieurs qui,sans int r t grossier, sans m me couter l'envie naturelle de dominer, ont imagin un Etablissement dont l'unique but est la r union des esprits et des coeurs pour lesrendre meilleurs et former dans la suite des temps une Nation toute spirituelle, o DISCOURS de Ramsay48sans d roger aux divers devoirs que la diff rence des Etats exige, on cr era unPeuple nouveau qui, tant compos de plusieurs Nations, les cimentera toutes enquelque sorte par le lien de la Vertu et de la Sainte Morale est la seconde disposition requise dans notre Soci t . Les Ordresreligieux furent tablis pour rendre les hommes Chr tiens parfaits, les OrdresMilitaires pour inspirer l'amour de la vraie gloire, et l'Ordre des Francs-ma ons pourformer des Hommes aimables, de bons citoyens, de bons sujets inviolables dansleurs promesses, fid les adorateurs du Dieu de l'Amiti , plus amateurs de Vertusque de r servare fidem, santumque verer,Numen amicitiae, mores, non numera n'est pas, cependant, que nous nous bornions aux vertus purement civiles.
5 Nousavons parmi nous trois esp ces de Confr res3 : des Novices4 ou des Apprentis, desCompagnons ou des Prof s, des Ma tres ou des Parfaits5. On explique aux premiersles vertus morales, aux seconds les vertus h ro ques, aux derniers les vertuschr tiennes. De sorte que notre Institution renferme toute la philosophie dessentiments et toute la th ologie du 'est pourquoi un de nos v n rables Confr res dit :Free-Masons, illustre Grand Ma treRecevez nos premiers transportsDans mon coeur l'Ordre les fait na treHeureux si de nobles effortsMe font m riter votre estimeEt m' l vent au vray sublimeA la premi re v rit A l'essence pure et divineDe l' me c leste origineSource de vie et clart Comme une philosophie triste, sauvage et misanthrope d go te les hommes de lavertu, nos anc tres les Crois s voulurent la rendre agr able.
6 D'une joie pure et d'unegaiet raisonnableNos festins ne sont pas ce que le monde profane et l'ignorant vulgaire s' les vices du coeur et de l'esprit en sont bannis et l'on a proscrit l'irr ligion et lelibertinage, l'incr dulit et la d bauche. Nos repas ressemblent ces vertueuxsoupers d'Horace o l'on s'entretenait de tout ce qui pouvait clairer l'esprit, r gler lecoeur et inspirer le go t du vrai, du bon et du avons des secrets, ce sont des signes figuratifs et des paroles sacr es quicomposent un langage tant t muet, tant t tr s loquent pour le communiquer laplus grande distance et pour reconna tre nos Confr res de quelque langue qu'ilssoient. C' taient des mots de guerre que les Crois s se donnaient les uns aux autrespour se garantir des surprises des Sarrasins qui se glissaient parmi eux pour les gorger.
7 Ces signes et ces paroles rappellent le souvenir ou de quelque partie denotre science, ou de quelque vertu morale, ou de quelque myst re de la Foy. Il estarriv chez nous ce qui n'est gu re arriv dans aucune autre Soci t . Nos Loges ontDiscours de Ramsay49 t tablies et sont r pandues dans toutes les Nations polic es et cependant parmiune si nombreuse multitude d'hommes, jamais aucun Confr re n'a trahi nos esprits les plus l gers, les plus indiscrets, les moins instruits se taire,apprennent cette grande Science en entrant dans notre Soci t , tant l'id e del'Union Fraternelle a d'empire sur les secret inviolable contribue puissamment lier les sujets de toutes les Nations et rendre la communication des bienfaits facile et mutuelle entre en avons plusieurs exemples dans les annales de notre ordre.
8 Nos Fr res quivoyageaient en divers pays n'ont eu qu' se faire conna tre nos Loges pour y trecombl s l'instant de toutes sortes de secours, dans le m me temps que dans lesguerres les plus sanglantes d'autres prisonniers ont trouv des Fr res o ils necroyaient trouver que des quelqu'un manquait aux promesses solennelles qui nous lient vous savezMessieurs que les peines que nous lui imposons sont les remords de sa conscience,la honte de sa perfidie et l'exclusion de notre Soci t .Oui Messieurs, les fameuses f tes de C r s Eleusis, d'Isis en Egypte, de Minerve Ath nes, d'Uranie chez les Ph niciens et de Diane en Scythie, avaient desrapports avec les n tres. On y c l brait des myst res o se trouvaient plusieursvestiges de l'ancienne Religion de No et des Patriarches.
9 Elles finissaient par desrepas et des libations et on y connaissait ni l'intemp rance, ni les exc s ou lesPa ens tomb rent peu peu. La source de ces infamies fut l'admission depersonnes de l'un et l'autre sexe aux assembl es nocturnes, contre l'institutionprimitive. C'est pour pr venir de tels abus que les femmes sont exclues de notreOrdre. Nous ne sommes pas assez injustes pour regarder le sexe comme incapabledu secret, mais sa pr sence pourrait alt rer insensiblement la puret de nosmaximes et de nos derni re qualit requise dans notre Ordre est le go t de la Science et des ArtsLib raux. Ainsi l'Ordre exige de vous de contribuer par sa protection, par sa lib ralit ou par son travail un vaste ouvrage auquel nulle Acad mie ne peut suffire, parceque toutes ces Soci t s tant compos es d'un tr s petit nombre d'hommes, leurtravail ne peut embrasser un objet aussi les Grands Ma tres, en Allemagne, en Angleterre, en Italie et ailleurs exhortentles Savants et tous les artisans de la Confraternit de s'unir pour fournir lesmat riaux d'un Dictionnaire Universel des Arts Lib raux et des Sciences utiles, lath ologie et la politique seules except es.
10 On a d j commenc l'ouvrage Londreset par la r union de nos Confr res, on pourra le porter sa perfection dans peud'ann es. On y explique non seulement les mots techniques et leur tymologie, maison y donne encore l'histoire de chaque science et de chaque art, leurs principes et lamani re d'y travailler, par l on r unira les Lumi res de toutes les Nations dans unseul ouvrage qui sera comme une Biblioth que Universelle de tout ce qu'il y a degrand, de lumineux, de solide et d'utile dans tous les arts nobles. Cet ouvrageaugmentera dans chaque si cle, selon l'augmentation des Lumi res et il r pandrapartout l' mulation et le go t des belles choses et des choses nom de "Franc-ma on" ne doit donc pas tre pris dans un sens litt ral et grossieret mat riel, comme si nos instituteurs avaient t de simples ouvriers en pierre ouDiscours de Ramsay50des g nies purement curieux qui voulaient perfectionner les arts.