Transcription of FICHE TECHNIQUE : Enterococcus faecalis
1 FICHE TECHNIQUE _ Bact riologie 053 / 073 Emis le 5 juin 2007 Page 1 sur 3 Centre Toulousain pour le Contr le de qualit en Biologie clinique FICHE TECHNIQUE BACTERIOLOGIE Association d clar e la Pr fecture de la Haute-Garonne le 30 Octobre 1973 et enregistr e sous le n 8-543 CTCB - 33 route de Bayonne - 31300 TOULOUSE TEL : 05 34 51 49 80 Fax : 01 57 67 25 90 Email : site Internet : Siret : 428 789 853 000 28 APE : 8559A FICHE TECHNIQUE : Enterococcus faecalis est l esp ce du genre Enterococcus , la plus fr quemment isol e chez l'homme. HABITAT E. faecalis fait partie de la flore digestive de l'homme et des animaux. Il peut, par contamination de voisinage, coloniser la peau, notamment la r gion p rin ale et le vagin. Comme les ent rocoques, cette esp ce peut se rencontrer dans l environnement : (eaux us es, eau douce, sol), et contaminer les aliments. POUVOIR PATHOGENE CHEZ L'HOMME E. faecalis est principalement responsable d'infections urinaires le plus souvent secondaires apr s explorations urologiques, d'endocardites voluant sur un mode subaigu , sur valves natives ou sur proth ses, et survenant apr s explorations digestives ou urologiques, d'infections intra abdominales (biliaires.)
2 De suppurations diverses. Le caract re polymicrobien des surinfections Ent rocoques est fr quent (ent robact ries et ana robies). Comme tous les Enterococcus , cette esp ce peut tre s lectionn e par certains traitements antibiotiques (c phalosporines de 3 g n ration, quinolones). Les infections peuvent avoir un caract re nosocomial. ECHANTILLONS Les urines, les h mocultures, les pus sont les pr l vements principaux o peut tre retrouv . CARACTERES BACTERIOLOGIQUES -Caract res morphologiques Coques d'aspect ovo de en courtes cha nes, immobiles en bouillon et acapsul s. Gram +. -Caract res culturaux Ana robies facultatifs a robies tol rants Culture facile sur g loses au sang de mouton : les colonies sont g n ralement non h molytiques ; une sous-esp ce vari t zymogenes est -h molytique. Elles sont larges (0,5-1mm), opaques, blanch tres, sans aucun pigment jaune. Croissance possible dans des conditions hostiles Pousse 45 C comme tous les ent rocoques.
3 Des milieux s lectifs contenant des antibiotiques (acide nalidixique et colistine) permettent de s lectionner les ent rocoques d'un chantillon polymicrobien. -Caract res enzymatiques et biochimiques Oxydase -, Catalase -. Caract res des principales esp ces du genre Enterococcus production de pyrrolidonyl-arylamidase (PYRA ) production de leucine aminopeptidase (LAP ) esculine hydrolys e pousse sur milieu hypersal 6,5% de NaCl pousse sur g lose bili e 40%. FICHE TECHNIQUE _ Bact riologie 053 / 073 Emis le 5 juin 2007 Page 2 sur 3 Caract res de E. faecalis hydrolyse de l'arginine r sistant au tellurite de potassium fermentation des sucres : mannitol +, arabinose -, raffinose -, sorbitol +. -Caract res antig niques E. faecalis pr sente l'antig ne du groupe D de Lancefield. DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL * avec des bact ries de genres voisins catalase - ayant une morphologie de cocci en cha ne : quelques caract res permettent de s'orienter : Vancomycine Gaz PYRA LAP Mobilit Streptococcus S - -/+ +/- - Enterococcus S/r - +/- +/- V Lactococcus S - +/- +/- - Vagococcus S - + + + Leuconostoc R + - - - Globicatella S - + - - Vagococcus ne pousse pas 45 C, n'hydrolyse pas l'arginine * avec les autres Streptocoques du groupe D : complexe S.
4 Gallolyticus, S. infantarius, S. equinus et S. bovis sont PYRA - (caract re qui peut tre recherch par une TECHNIQUE rapide), ne poussent pas sur milieux hypersal s et sont sensibles l'oxacilline. Seul S. gallolyticus ssp gallolyticus est mannitol +, c est l ancien S. bovis I. * avec les autres esp ces du genre Enterococcus : Furanes MOB Pigment jaune ADH Mannitol Sorbitol Arabinose Xylose Raffinose Groupe D E. faecalis S - - + + + - - - + E. faecium R - - + + - + - - V E. gallinarum S + - + + - + + + + E. casseliflavus nd + + V + V + + V + E. durans nd - - + - - - - - V E. hirae nd - - + - - - - V V E. avium nd - - - + + + - - V E. raffinosus nd - - - + + + nd + V MOB : mobilit , ADH hydrolyse de l arginine E. faecalis se diff rencie de la plupart des esp ces d ent rocoques par la r duction du tellurite de potassium SENSIBILITE AUX ANTIBIOTIQUES -lactamines : les ent rocoques sont naturellement r sistants l'oxacilline et aux c phalosporines.
5 L'amoxicilline, la piperacilline sont les p nicillines les plus actives, mais les CMI sont voisines de 1mg/l, de plus elles ne sont pas bact ricides. L'imip n me n'a pas de sup riorit . La r sistance aux p nicillines G et A pour E. faecalis est exceptionnelle (d crite aux USA) et correspond une production de p nicillinase C est un disque ampicilline qui doit tre utilis pour d tecter la r sistance aux -lactamines et non un disque d amoxicilline. Dans les infections s v res, il est recommand de v rifier la CMI de l'amoxicilline. Aminosides : a un bas niveau de r sistance aux aminosides comme tous les streptocoques et ent rocoques. C'est une r sistance naturelle de bas niveau (CMI < 250 mg/l) par d faut de passage de la membrane cytoplasmique : la cible des aminosides tant au niveau du ribosome. FICHE TECHNIQUE _ Bact riologie 053 / 073 Emis le 5 juin 2007 Page 3 sur 3 Une association avec un antibiotique inhibant la synth se de la paroi bact rienne ( -lactamine, glycopeptide) est synergique.
6 Pour cette action synergique il est indispensable de tester si les souches ont en plus un m canisme de r sistance enzymatique (enzymes modificatrices APH : phosphotransf rase, ANT : nucl otydiltransf rase, AAC : ac tyltransf rase) aux aminosides : ce test est effectu avec des disques hautement charg s : gentamicine 500 g, kanamycine 1000 g. En cas de r sistance de haut niveau la gentamicine et la kanamycine, la streptomycine (disque de 500 g) peut tre test e. Macrolides et apparent s : Les macrolides sont peu actifs sur les ent rocoques. De plus en plus des souches ayant acquis une r sistance l' ythromycine se rencontrent : ph notype MLSB, modification de la cible (ribosome) par une m thylase, qui entra ne une r sistance aux macrolides et aux lincosamides. Ce m canisme est le plus fr quent. Chez les ent rocoques, l'efflux qui ne toucherait que les macrolides peut exister ; ainsi les lincosamides ne peuvent tre conseill s devant une souche rythromycine R.
7 Pr sente une r sistance naturelle aux lincosamides et aux streptogramines A. cotrimoxazole : les ent rocoques sont naturellement r sistants tous les sulfamides, sensibles in vitro au trim thoprime. In vivo, les ent rocoques ont la capacit d'incorporer les folates exog nes (contenus dans des liquides biologiques : urines, contenu du tube digestif), leur permettant d chapper l action du trim thoprime qui inhibe la synth se de ces compos s. Le CASFM n a pas dict des r gles de recommandations pour le cotrimoxazole et les ent rocoques et inclut cet antibiotique dans la liste compl mentaire des antibiotiques tester sur un ent rocoque. Glycopeptides : Naturellement les Ent rocoques sont sensibles aux glycopeptides (sauf et ), avec des CMI meilleures pour la teicoplanine (CMI modale 0,5mg/l) que pour la vancomycine (CMI modale 1mg/l) En 1987, une r sistance plasmidique, transf rable est d crite chez les ent rocoques, et particuli rement chez E.
8 Faecium. Le m canisme correspond une modification de cible (substitution du dipeptide D-alanine-D-alanine par le D-alanine-D-lactate pour les ph notypes VanA,VanB,VanD, par le D-alanine-D-s rine pour les ph notypes VanC,VanE,VanG ). Les ph notypes VanA et VanB sont les plus fr quents, avec des niveaux de r sistance diff rents, pargnant plus ou moins la teicoplanine, Van A tant le plus r sistant (CMI vancomycine : 64-1000mg/l, teicoplanine : 16-512mg/L). Cette r sistance pose un probl me majeur aux USA : la fr quence des souches est de l'ordre de 20%, E. faecium est l'esp ce la plus touch e et de plus cette r sistance est souvent associ e une r sistance l'amoxicilline et aux aminosides haut niveau. En Europe, cette fr quence est beaucoup plus faible de l'ordre de 1,5% pour E. faecium. La fr quence est plus basse pour (de l ordre de 0,2%). La mise en vidence de cette r sistance peut tre difficile : les CMI aux glycopeptides doivent tre r alis es si le diam tre aux glycopeptides est inf rieur 17mm.
9 2 possibilit s avec E. faecalis : ph notype VanA : haut niveau de r sistance (CMI Vanco >64 mg/l, CMI Teico > 16 mg/l) ou ph notype VanB (CMI Vanco entre 4 et 10 mg/l, CMI Teico < 0,5 mg/l). Fluoroquinolones : Les fluoroquinolones sont peu actives sur les Ent rocoques. Furanes : pour les souches isol es des urines, les furanes peuvent tre test es. La sensibilit aux furanes permet de diff rencier E. faecalis et E. faecium : E. faecium tant r sistant naturellement aux furanes. Maryse ARCHAMBAUD, Danielle CLAVE Laboratoire de Bact riologie Hygi ne CHU Toulouse Rangueil