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J.G. - http://www.oasisfle.com

Titre original : Sofies Verden H. Aschehoug & Co (W. Nygaard), Oslo, et adapt du norv gienpar H l ne Hervieu et Martine LaffonOuvrage traduit et publi avec le concoursdu NORLA et du Centre National du LivreRemerciementsCe livre n'aurait pas vu le jour sans l'aide etles encouragements de Siri Dannevig. Je tiensaussi remercier Maiken Ims pour avoir relu lemanuscrit et m'avoir fait de judicieux commen-taires, ainsi que Trond Berg Eriksen pour sesfines observations et son soutien pr cieuxdurant toutes ces ann dition du Club France Loisirs, Paris,r alis e avec l'autorisation des ditions du SeuilLe Code de la propri t intellectuelle n'autorisant, aux termes des paragraphes 2 et 3 de l'articleL. 122-5, d'une part, que les copies ou reproductions strictement r serv es l'usage priv ducopiste et non destin es une utilisation collective et, d'autre part, sous r serve du nom de l'auteuret de la source, que les analyses et les courtes citations justifi es par le caract re critique, pol -mique, p dagogique, scientifique ou d'information , toute repr sentation ou reproduction int graleou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite(article L.)

16 LE MONDE DE SOPHIE mère. Elle déposait habituellement tout ça sur la table de la cuisine avant de monter dans sa chambre faire ses devoirs. Il arrivait de temps à autre que des relevés de banque arri-

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1 Titre original : Sofies Verden H. Aschehoug & Co (W. Nygaard), Oslo, et adapt du norv gienpar H l ne Hervieu et Martine LaffonOuvrage traduit et publi avec le concoursdu NORLA et du Centre National du LivreRemerciementsCe livre n'aurait pas vu le jour sans l'aide etles encouragements de Siri Dannevig. Je tiensaussi remercier Maiken Ims pour avoir relu lemanuscrit et m'avoir fait de judicieux commen-taires, ainsi que Trond Berg Eriksen pour sesfines observations et son soutien pr cieuxdurant toutes ces ann dition du Club France Loisirs, Paris,r alis e avec l'autorisation des ditions du SeuilLe Code de la propri t intellectuelle n'autorisant, aux termes des paragraphes 2 et 3 de l'articleL. 122-5, d'une part, que les copies ou reproductions strictement r serv es l'usage priv ducopiste et non destin es une utilisation collective et, d'autre part, sous r serve du nom de l'auteuret de la source, que les analyses et les courtes citations justifi es par le caract re critique, pol -mique, p dagogique, scientifique ou d'information , toute repr sentation ou reproduction int graleou partielle, faite sans le consentement de l'auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite(article L.)

2 122-4). Cette repr sentation ou reproduction, par quelque proc d que ce soit, constitueraitdonc une contrefa on sanctionn e par les articles L. 335-2 et suivants du Code de la propri t intel-lectuelle. ditions du Seuil, mars 1995, pour la traduction fran aiseISBN 2-7242-9073-9 Qui ne sait pas tirer les le ons de trois mille ans vitseulement au jour le Le jardin d' den il a bien fallu qu ' un moment donn quelque chose surgisse du n Le chapeau haut de forme seule qualit requise pour devenir un bonphilosophe est de s' Les mythes un fragile quilibre entre les forces du bien et Les philosophes de la nature rien ne na t du n D mocrite le jouet le plus g nial du Le destin le devin essaie d'interpr ter quelque chose quipar nature chappe toute interpr

3 Plus intelligente est celle qui sait qu 'elle ne Ath nes la place des ruines s' levaient plusieurs hauts MONDE DE SOPHIESOMMAIRE139. Platon une nostalgie de retrouver la vraie demeure del' Le chalet du major la fille dans le miroir cligna des deux Aristote homme d'ordre m ticuleux fait le m nage dansnos L'hell nisme une tincelle du ,13. Les cartes postales m'impose une censure s v Deux cultures ainsi seulement tu viteras de flotter dans Le Moyen ge ne faire qu'un petit bout de chemin n'est pas lam me chose que se tromper de La Renaissance race divine d guis e en Le baroque l' toffe dont les r ves sont Descartes il voulait d blayer le Spinoza Dieu n 'est pas un montreur de Locke

4 Aussi vide et nue qu 'un tableau noir avantl'entr e du Hume jetons-le donc aux Berkeley comme un globe ivre tournoyant autourd'un soleil en Bjerkely vieux miroir magique que sonarri re-grand-m re avait achet une Le si cle des Lumi res mani re de fabriquer une aiguille jusqu' la mani re de fondre des Kant le ciel toile au-dessus de ma t te et la loimorale en Le romantisme c'est vers l'int rieur que va le chemin myst Hegel qui est raisonnable, c 'est ce qui est dou Kierkegaard l'Europe s'achemine lentement vers la Marx spectre hante l' Darwin bateau qui traverse la vie avec sa cargaison deg MONDE DE SOPHIE3.

5 Freud ce d sir inavouable et go ste qui avait surgi L' poque contemporaine /'homme est condamn tre La r ception en plein air un corbeau Contrepoint deux ou plusieurs chants dont les lignes m lo-diques se Le big bang nous aussi sommes poussi re d' 561Le jardin d' den// a bien fallu qu' un moment donn quelquechose surgisse du n Amundsen rentrait de l' cole. Elle avait d'abordfait un bout de chemin avec Jorunn. Elles avaient parl desrobots. Pour Jorunn, le cerveau humain tait un ordinateursophistiqu.

6 sophie sentait qu'elle n' tait pas tout fait deson avis. On ne pouvait pas r duire l' tre humain unemachine, non?En arrivant pr s du centre commercial, chacune tait partiede son c t . sophie habitait un pavillon au fond d'un quartierr sidentiel et mettait presque deux fois plus de temps queJorunn pour aller l' cole. Sa maison tait comme au boutdu monde car derri re le jardin commen ait d j la for tourna dans l'all e des Tr fles. Tout au fond, il y avaitun virage angle droit, le virage du capitaine . On n'y ren-contrait jamais personne sauf le samedi ou le tait dans les premiers jours du mois de mai. Dans cer-tains jardins, des jonquilles se pressaient au pied des arbresfruitiers et les bouleaux s' taient couverts de vert tendre,l ger comme un ' tait-ce pas trange de voir comme tout se mettait pousser cette poque de l'ann e? Qu'est-ce qui permettait l'ensemble de la v g tation de jaillir de la terre inanim e d squ'il se mettait faire beau et que disparaissaient les der-ni res traces de neige ?

7 En poussant le portail du jardin, sophie jeta un coup d' ildans la bo te aux lettres. En r gle g n rale, c' tait bourr deprospectus plus quelques grandes enveloppes adress es sa16LE MONDE DE SOPHIEm re. Elle d posait habituellement tout a sur la table de lacuisine avant de monter dans sa chambre faire ses arrivait de temps autre que des relev s de banque arri-vent au nom de son p re, mais il faut dire qu'il n' tait pas unpapa comme les autres. Capitaine sur un grand p trolier, il tait absent presque toute l'ann e. Quand il passait quelquessemaines terre, il tra nait en pantoufles et cherchait serendre utile. Mais quand il naviguait, il devenait un person-nage assez 'hui, il n'y avait qu'une petite lettre dans la bo te etelle tait adress e lettre tait simplement adress e : sophie Amundsen3, all e des Tr flesRien d'autre. Aucune mention d'exp diteur et m me pasde se h ta de refermer le portail et ouvrit l' ne trouva l'int rieur qu'un petit bout de papier gu replus grand que l'enveloppe avec juste crit dessus : Qui es-tu?

8 Rien d'autre. Le bout de papier ne disait ni bonjour ni de lapart de qui, juste ces trois mots griffonn s suivis d'un grandpoint d' regarda nouveau l'enveloppe. Mais si, la lettre lui tait bien adress Qui avait bien pu la glisser dans la bo teaux lettres ? sophie courut vers la maison en bois rouge et referma laporte cl . Comme d'habitude le chat Sherekan surgit desbuissons, fila jusqu'au perron et parvint se faufiler l'int -rieur avant qu'elle n'ait eu le temps de tourner la cl . Minou, minou !Quand la maman de sophie tait de mauvaise humeur pourune raison ou pour une autre, il lui arrivait de qualifier la mai-son de v ritable m nagerie. Une m nagerie, c' tait une col-LE JARDIN D' DEN17lection de divers animaux et en ce sens, oui, sophie tait plu-t t fi re de la sienne. On lui avait d'abord donn un bocalavec trois poissons rouges : Boucle d'or, le Petit Chaperonrouge et Pierre le Pirate.

9 Puis elle eut les deux perruchesCricri et Grigri, la tortue Govinda et pour finir Sherekan, unchat roux tigr . On lui avait offert tous ces animaux pourcompenser en quelque sorte les absences de sa m re qui tra-vaillait si tard et de son p re toujours l'autre bout du se d barrassa de son cartable et donna manger Sherekan. Puis elle s'assit dans la cuisine avec la myst rieuselettre la es-tu ?Quelle question idiote ! comme si elle ne savait pas qu'elle tait sophie Amundsen ! Mais qui tait cette sophie en d fi-nitive ? Elle ne savait pas trop au si elle s' tait appel e autrement? Anne Knutsen, parexemple. Aurait-elle t alors quelqu'un d'autre?Elle se rappela tout coup que Papa avait d'abord voulul'appeler Synn0ve. sophie essaya de s'imaginer tendant lamain et se pr sentant sous le nom de Synn0ve Amundsen,mais non, a n'allait pas. C' tait chaque fois une fille com-pl tement diff rente qui descendit de son tabouret et alla la salle de bains entenant toujours l' trange lettre la main.

10 Elle se pla a devantle miroir et se regarda droit dans les yeux. Je suis sophie Amundsen, fille dans la glace ne r pondit rien, m me pas une gri-mace. sophie avait beau faire, l'autre faisait exactementpareil. sophie tenta bien de la prendre de court en bougeanttr s vite, mais l'autre fut aussi rapide qu'elle. Qui es-tu ? n'eut pas plus de r ponse que tout l'heure, mais unefraction de seconde elle n'aurait su dire qui du miroir oud'elle avait pos la appuya son index sur le nez qu'elle voyait dans laglace en disant : Tu es MONDE DE SOPHIEN'obtenant toujours pas de r ponse, elle retourna laphrase : Je suis Amundsen n'avait pas toujours accept son lui r p tait souvent qu'elle avait de beaux yeux enamande, sans doute pour ne pas faire remarquer que son nez tait trop petit et sa bouche un peu trop grande. Ses oreilles taient en outre beaucoup trop rapproch es de ses yeux. Maisle pire, c' tait ses cheveux raides comme des baguettes detambour et impossibles coiffer.