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L'Astrologie grecque

** Au Petit Mercure ** L'Astrologie grecque A. BOUCH -LECLERCQ1 Quelle rudition ! Quelle qualit de d monstration ! Quel talent pour convaincre ! Ce membre de l'Institut, professeur la Facult des Lettres de Paris, a consacr 650 pages denses expliquer comment les Grecs, et tout particuli rement les Sto ciens, ont - qu'il pardonne ce n ologisme - " boost " L'Astrologie des Chald ens. Il se trouve que ce savant ne croit pas un mot de ce que racontent les astrologues mais il s'est fait un devoir de montrer comment et pourquoi la Gr ce du IVe si cle av. jusqu'au IIe de notre re (c'est- -dire exactement jusqu'au relais de Claude Ptol m e) a donn L'Astrologie archa que la cr dibilit dont elle dispose encore la fin du XIXe si cle, et dont elle disposera encore, contrairement l'espoir de l'auteur, la fin du XXe. C'est dire que cette uvre ma tresse, je parle du livre de Bouch -Leclercq - est toujours d'actualit.

*** Au Petit Mercure *** L'Astrologie grecque A. BOUCH Ē-LECLERCQ 1 Quelle érudition ! Quelle qualité de démonstration ! Quel talent pour convaincre !

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1 ** Au Petit Mercure ** L'Astrologie grecque A. BOUCH -LECLERCQ1 Quelle rudition ! Quelle qualit de d monstration ! Quel talent pour convaincre ! Ce membre de l'Institut, professeur la Facult des Lettres de Paris, a consacr 650 pages denses expliquer comment les Grecs, et tout particuli rement les Sto ciens, ont - qu'il pardonne ce n ologisme - " boost " L'Astrologie des Chald ens. Il se trouve que ce savant ne croit pas un mot de ce que racontent les astrologues mais il s'est fait un devoir de montrer comment et pourquoi la Gr ce du IVe si cle av. jusqu'au IIe de notre re (c'est- -dire exactement jusqu'au relais de Claude Ptol m e) a donn L'Astrologie archa que la cr dibilit dont elle dispose encore la fin du XIXe si cle, et dont elle disposera encore, contrairement l'espoir de l'auteur, la fin du XXe. C'est dire que cette uvre ma tresse, je parle du livre de Bouch -Leclercq - est toujours d'actualit.

2 Si l'on franchit la difficult des citations, des tr s longues citations, en caract res grecs et en langue latine, et si l'on galope un peu lors des d monstrations surabondantes, ce livre se lit comme un roman pour initi s, c'est- -dire nous les astrologues. Ce non-praticien de L'Astrologie manipule avec une dext rit rendre jaloux les professionnels toute la panoplie des concepts astrologiques, incluant antisces, chronocratories et autres doryphories. Le propos est clair et le fil directeur en est pos d s le d part. Je vous livre le d but du 1er chapitre : " L'Astrologie est une religion orientale, qui transplant e en Gr ce, un pays de "physiciens" et de raisonneurs, y a pris les allures d'une science. Intelligible en tant que religion, elle a emprunt l'astronomie des principes, des mesures, des sp culations arithm tiques et g om triques, intelligibles aussi, mais proc dant de la raison pure, et non plus du m lange complexe de sentiments et d'id es qui est la raison pratique des religions.

3 De l'emploi simultan de ces deux fa ons de raisonner est issue un combinaison b tarde, illogique au fond, mais pourvue d'une logique sp ciale, qui consiste en l'art de tirer d'axiomes imaginaires, fournis par la religion, des d monstrations conformes aux m thodes de la science." [..] "Il ne fallut pas beaucoup plus d'un si cle pour transformer L'Astrologie orientale en astrologie grecque , celle-ci infus e dans celle-l et gardant encore, comme marque d'origine, le nom de chald enne ou gyptienne. Les textes sur lesquels se fonde Bouch -Leclercq sont principalement les livres de Manilius, N chepso et P tosiris, Ptol m e, Man thon, Vettius Valens, Firmicus Maternus, et croyez-moi ils ont t lus, pluch s et compris comme aucun astrologue contemporain - sauf peut- tre Halbronn ? - n'a su le faire. Ce sont les Sto ciens qui sont, selon lui, les responsables de cette transformation d'une religion en une logique.

4 Les Sto ciens sont ces post-platoniciens qui ont invent et impos premi rement la logique (le logos, p re de l'esprit scientifique), deuxi mement le mat rialisme (rien n'existe vraiment que des corps, y compris les dieux, corps mat riels qui peuvent cependant tre p n tr s par un principe actif, le ''tonos'') et troisi mement la morale, cette fameuse morale qui rend sto que et qui r sulte de la conciliabilit de l'infaillible d terminisme avec la r elle libert humaine. N'avons-nous pas l les piliers de l'esprit contemporain ? Rien d' tonnant donc que L'Astrologie ait r sist , au grand dam posthume de Bouch -Leclercq, la relativisation de la place de la Terre dans le cosmos et m me la th orie de la Relativit g n ralis e. C'est dire que tous ceux qui s'efforcent de rendre logiques les correspondances entre le macrocosme et le microcosme, - y compris Morin quand il d nonce l'affabulation des signes dits non-humains, y compris de Pablos quand il propose une correspondance r aliste au mythe de la castration d'Ouranos - tous ces astrologues contribuent la p rennit de L'Astrologie .

5 A l'oppos , tous ceux qui s'acharnent revenir l'Esot risme, le ghetto de l'Esot risme, suivant en cela l'injonction des logiciens et parmi eux les scientifiques - allusion Michel Cazenave - conduisent L'Astrologie sa perte, sous les applaudissements du dit Cazenave et de ses acolytes et sous le regard constern de cette multitude, les consommateurs d'astrologie, qui demandent, non pas des exp ditions oniriques dans le merveilleux mais des moyens pour guider leur vie concr te ici et maintenant. Robert Jourda Trois Sept Onze n 20, septembre 2000 1 Paris 1899 - Ed. Culture et Civilisation - Bruxelles - 1963