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Le Chemin de la Croix de Paul Claudel - Diocèse …

Le Chemin de la Croix Paul Claudel (1868-1955). Premi re Station C'est fini Nous avons jug Dieu et nous l'avons condamn mort. Nous ne voulons plus de J sus-Christ avec nous, car il nous g ne. Nous n'avons plus d'autre roi que C sar ! d'autre loi que le sang et l'or ! Crucifiez-le, si vous le voulez, mais d barrassez-nous de lui ! qu'on l'emm ne ! ToIle ! ToIle ! Tant pis ! puisqu'il le faut, qu'on l'immole et qu'on nous donne Barabbas ! Pilate si ge au lieu qui est appel Gabbatha, N'as-tu rien dire ? dit Pilate. Et J sus ne r pond pas. Je ne trouve aucun mal en cet homme, dit Pilate, mais bah ! Qu'il meure, puisque vous y tenez ! Je vous le donne. Ecce homo.. Le voici, la couronne en t te et la pourpre sur le dos Une derni re fois vers nous ces yeux pleins de larmes et de sang ! Qu'y pouvons-nous ? pas moyen de le garder avec nous plus longtemps. Comme il etait un scandale pour les Juifs, il est parmi nous un non-sens. La sentence d'ailleurs est rendue, rien n'y manque, en langages h bra que, grec et latin.

Le Chemin de la Croix Paul Claudel (1868-1955) Première Station C'est fini Nous avons jugé Dieu et nous l'avons condamné à mort. Nous ne

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1 Le Chemin de la Croix Paul Claudel (1868-1955). Premi re Station C'est fini Nous avons jug Dieu et nous l'avons condamn mort. Nous ne voulons plus de J sus-Christ avec nous, car il nous g ne. Nous n'avons plus d'autre roi que C sar ! d'autre loi que le sang et l'or ! Crucifiez-le, si vous le voulez, mais d barrassez-nous de lui ! qu'on l'emm ne ! ToIle ! ToIle ! Tant pis ! puisqu'il le faut, qu'on l'immole et qu'on nous donne Barabbas ! Pilate si ge au lieu qui est appel Gabbatha, N'as-tu rien dire ? dit Pilate. Et J sus ne r pond pas. Je ne trouve aucun mal en cet homme, dit Pilate, mais bah ! Qu'il meure, puisque vous y tenez ! Je vous le donne. Ecce homo.. Le voici, la couronne en t te et la pourpre sur le dos Une derni re fois vers nous ces yeux pleins de larmes et de sang ! Qu'y pouvons-nous ? pas moyen de le garder avec nous plus longtemps. Comme il etait un scandale pour les Juifs, il est parmi nous un non-sens. La sentence d'ailleurs est rendue, rien n'y manque, en langages h bra que, grec et latin.

2 Et l'on voit la foule qui crie et le juge qui se lave les mains. Deuxi me Station On lui rend ses v tements et la Croix lui est apport e. Salut, dit J sus, Croix que j'ai long temps d sir e ! . Et toi, regarde, chr tien, et fr mis ! Ah, quel instant solennel Que celui o . le Christ pour la premi re fois accepte la Croix ternelle ! consommation en ce jour de l'arbre dans le Paradis ! Regarde, p cheur, et vois quoi ton p ch a servi. Plus de crime sans un Dieu dessus et plus de Croix sans le Christ ! Certes le malheur de l'homme est grand, mais nous n'avons rien . dire, car Dieu est maintenant dessus, qui est venu non pas expliquer, mais remplir. J sus re oit la Croix comme nous recevons la Sainte Eucharistie : Nous lui donnons du bois pour son pain comme il est dit par le proph te J r mie Ah, que la Croix est longue, et qu'elle est norme et difficile ! Qu'elle est dure ! qu'elle est rigide ! que c'est lourd, le poids du p cheur inutile !

3 Que c'est long porter pas n'ait pas jusqu' ce qu'on meure dessus ! Est- ce vous qui allez porter cela tout seul Seigneur J sus ? Rendez-moi patient a mon tour du bois que vous voulez que je supporte. Car il nous faut porter la Croix avant que la Croix nous porte. Troisi me Station On marche ! victime et bourreaux la fois, tout s' branle vers le Calvaire. Dieu qu'on tire par le cou tout coup chancelle et tombe terre. Qu'en dites-vous, Seigneur, de cette premi re chute ? Et puisque maintenant vous savez, qu'en pensez-vous ? cette minute o l'on tombe et ou le faix mal charg vous pr cipite ! Comment la trouvez-vous, cette terre que vous f tes ? Ah ! ce n'est pas la route du bien seulement qui est raboteuse. Celle du mal, elle aussi est perfide et vertigineuse ! Il n'est pas que d'y aller tout droit, il faut s'instruire pierre pierre. Et le pied y manque souvent, alors que le c ur pers v re. Ah, Seigneur, par ces genoux sacr s, ces deux genoux qui vous ont fait faute a la fois, par le haut-le-c ur soudain et la chute a l'entr e de l'horrible Voie, par l'emb che qui a r ussi, par la terre que vous avez apprise, sauvez-nous du premier p ch que l'on commet par surprise !

4 Quatri me station M res qui avez vu mourir le premier et l'unique enfant, rappelez-vous cette nuit, la derni re, aupr s du petit tre g missant, l'eau qu'on essaye de faire boire, la glace, le thermom tre, et la mort qui vient peu a peu et qu'on ne peut plus m conna tre. Mettez-lui ses pauvres souliers, changez- le de linge et de brassi re. Quelqu'un vient qui va me le prendre et le mettre dans la terre Adieu, mon bon petit enfant ! adieu, chair de ma chair ! La quatri me Station est Marie qui a tout accept . Voici au coin de la rue qui attend le Tr sor de toute pauvret , ses yeux n'ont point de pleurs, sa bouche n'a point de salive. Elle ne dit pas un mot et regarde J sus qui arrive. Elle accepte. Elle accepte encore une fois. Le cri Est s v rement r prim dans le c ur fort et strict Elle ne dit pas un mot et regarde J sus- Christ. La M re regarde son Fils, l'Eglise son R dempteur. Son me violemment va vers lui comme le cri du soldat qui meurt !

5 Elle se tient debout devant Dieu et lui offre son me lire. Il n'y a rien dans son c ur qui refuse ou qui retire. Pas une fibre en son c ur transperc qui n'accepte et ne consente. Et comme Dieu lui-m me qui est l , elle est pr sente. Elle accepte et regarde ce Fils qu'elle a connu dans son sein. Elle ne dit pas un mot et regarde le Saint des Saints. Cinqui me Station L'instant vient o a ne va plus et l'on ne peut plus avancer. C'est l que nous trouvons jointure et o vous permettez qu'on nous emploie aussi, m me de force, votre Croix tel Simon le Cyr n en qu'on attelle ce morceau de bois. Il l'empoigne solidement et marche derri re J sus, afin que rien de la Croix ne tra ne et ne soit perdu. Sixi me Station Tous les disciples ont fui, Pierre lui-m me renie avec transport ! Une femme au plus pais de l'insulte et au centre de la mort se jette et trouve J sus et lui prend le visage entre les mains. Enseignez-nous, V ronique, braver le respect humain car celui qui J sus-Christ n'est pas seulement une image, mais vrai, aux autres hommes aussit t devient d sagr able et suspect.

6 Son plan de vie est 'envers, ses motifs ne sont plus les leurs Il y a quelque chose en lui toujours qui chappe et qui est ailleurs. Un homme fait qui dit son chapelet et qui va impudemment confesse, qui fait maigre, le vendredi et qu'on voit parmi les femmes la messe, cela fait rire et a choque, c'est dr le et c'est irritant aussi. Qu'il prenne garde ce qu'il fait, car on a les yeux sur lui. Qu'il prenne garde ait chacun de ses pas, car il est un signe. Car tout Chr tien de son Christ est l'image vraie quoique indigne. Et le visage qu'il montre est le reflet trivial de cette Face de Dieu en son c ur, abominable et triomphale ! Laissez-nous la regarder encore une fois, V ronique, sur le linge ou vous l'avez accueillie, la face du Saint Viatique. Ce voile de lin pieux ou V ronique a cach la face du Vendangeur au jour de son bri t , afin qu' ternellement son image s'y attach t, qui est fait de son sang, de ses larmes et de nos crachats !

7 Septi me Station Ce n'est pas la pierre sous le pied, ni le licou tir trop fort, c'est l' me qui fait d faut tout coup. milieu de notre vie ! chute que l'on fait spontan ment ! Quand l'aimant n'a plus de p le et la foi plus de firmament, parce que la route est longue et parce que le terme est loin, parce que l'on est tout seul et que la consolation n'est point ! Longueur du temps ! d go t en secret qui s'accro t de l'injonction inflexible et de ce compagnon de bois ! C'est pourquoi on tend les deux bras la fois comme quelqu'un qui nage ! Ce n'est plus sur les genoux qu'on tombe, c'est sur le visage. Le corps tombe, il est vrai, et l' me en m me temps a consenti. Sauvez-nous de la Seconde chute que l'on fait volontairement par ennui Huiti me Station Avant qu'il ne monte une derni re fois sur la montagne, J sus l ve le doigt et se tourne vers le peuple qui l'accompagne, Quelques pauvres femmes en pleurs avec leurs enfants dans les bras.

8 Et nous, ne regardons pas seulement, coutons J sus, car il est l . Ce n'est pas un homme qui l ve le doigt au milieu de cette pauvre enluminure, c'est Dieu qui pour notre salut n'a pas souffert seulement en peinture. Ainsi cet homme tait le Dieu Tout-Puissant, il est donc vrai ! Il est un jour o Dieu a souffert cela pour nous, en effet ! Quel est-il donc le danger dont nous avons t . rachet s un tel prix ? Le salut de l'homme est-il si simple affaire que le Fils pour l'accomplir est oblig de s'arracher du sein du p re ? s'il va ainsi du Paradis, qu'est-ce donc que l'Enfer ? Que fera-t-on du bois mort, si l'on fait ainsi du bois vert ? Neuvi me Station Je suis tomb encore, et cette fois, c'est la fin. Je voudrais me relever qu'il n'y a pas moyen, car on m'a press comme un fruit et l'homme que j'ai sur le dos est trop lourd. J'ai fait le mal, et l'homme mort avec moi est trop lourd ! Mourons donc, car il est plus facile d' tre plat ventre que debout.

9 Moins de vivre que de mourir, et sur la Croix que dessous.. Sauvez-nous du Troisi me p ch qui est le d sespoir ! Rien n'est encore perdu tant qu'il reste la mort boire ! Et j'en ai fini de ce bois, mais il me reste le fer ! J sus tombe une troisi me fois, mais c'est au sommet du Calvaire Dixi me Station Voici l'aire ou le grain de froment c leste est grug . Le p re est nu, le voile du Tabernacle est arrach . La main est port e sur Dieu, la Chair de la Chair tressaille. L'Univers en sa source atteint fr mit jusqu'au fond de ses entrailles ! Nous, puisqu'ils ont pris la tunique et la robe sans couture, levons les yeux et osons regarder J sus tout pur. Ils ne vous ont rien laiss , Seigneur, ils ont tout pris, La v ture qui tient la chair, comme aujourd'hui on arrache sa coule au moine et son voile a la vierge consacr e. On a tout pris, il ne lui reste plus rien pour se cacher. Il n'a plus aucune d fense, il est nu comme un ver, Il est livr tous les hommes et d couvert.

10 Quoi, c'est l votre J sus ! il fait rire. Il est plein de coups et d'immondices. Il rel ve des ali nistes et de la police. Tauri pingues absederunt me Ubera me, Domine, de ore canis. Il n'est pas le Christ, Il n'est pas le Fils de l'Homme, Il n'est pas Dieu. Son vangile est menteur et son p re n'est pas aux cieux. C'est un fou ! C'est un imposteur ! Qu'il parle ! Qu'il se taise ! Le valet d'Anne le soufflette et Renan le baise. Ils ont tout pris. Mais il reste le sang carlate. Ils ont tout pris. Mais il reste la plaie qui clate ! Dieu est cach . Mais il reste l'homme de douleur. Dieu est cach . Il reste mon fr re qui pleure ! Par votre humiliation, Seigneur, par votre honte, ayez piti des vaincus, du faible que le fort surmonte ! Par l'horreur de ce dernier v tement qu'on vous retire, ayez piti de tous ceux qu'on d chire ! De l'enfant op r trois fois que le m decin encourage, et du pauvre bless . dont on renouvelle les bandages, de l' poux humili , du fils pr s de sa m re qui meurt, et de ce terrible amour qu'il faut nous arracher du c ur !


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