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1 Partie 5: Syst mes de culture et fi li res de production294 Symposium international Agriculture durable en r gion M diterran enne (AGDUMED) , Rabat, Maroc, 14-16 mai 2009 Les formes d organisation des exploitations agricoles et les pratiques c r ali res en milieu semi-aride de l Est Alg rienR. Benniou1 et C. Aubry2 1 D partement d Agronomie, Universit Mohamed Boudiaf de M SilaBP, 664 S tif 19000 Alg rie, E-mail: T l: (0213) 793907822, fax: (0213) 35555140 2 INRA UMR SADAPT, AgroParisTech 16 Claude Bernard 75231 Paris cedex 05 FranceR sum En milieux semi-arides, les diff rences de formes d organisation dans les unit s agricoles s expliquent par des logiques de production diversifi es. L objectif de ce travail est la description organis e et la compr hension des itin raires techniques des c r ales mis en uvre par les agriculteurs en absence et en pr sence de l irrigation.
2 Nous les mettons en regard des types d exploitations que nous d gageons dans la r gion d tude, de la variabilit du milieu, des objectifs et des strat gies de production concernant la production c r ali re. On part en eff et du principe que les pratiques agricoles des agriculteurs s expliquent par des logiques qu il faut chercher comprendre au niveau de l exploitation agricole et de son organisation: pr tendre am liorer les techniques de culture et les rendements suppose ainsi d avoir pr alablement bien compris comment les exploitations agricoles fonctionnent, quelle est leur diversit l chelle r gionale et comment elles aboutissent des niveaux de production vari s. L analyse par outils statistiques de la typologie r gionale a mis en vidence deux types de variables (i) des variables explicatives, qui expriment les caract ristiques durables des exploitations agricoles de la r gion et montrent l orientation conomique des exploitations en fonction des facteurs structurels (SAU, quipement, main d uvre), de la combinaison des productions et des conditions du milieu (ii)
3 Des variables d pendantes, qui expriment des caract ristiques plus occasionnelles, refl tant le dynamisme conomique des exploitations agricoles, telle que la relation entre la diversifi cation des syst mes et la mobilisation de l eau d de l analyse individuelle des exploitations , on s int resse aux ensembles d exploitations pouvant tre repr sent es par un m me mod le, que ce soit dans leur structure (typologie r gionale de fonctionnement) ou dans leurs pratiques (typologie d itin raires techniques). On combine ces deux typologies ce qui permet de comprendre comment les d cisions techniques traduisent les logiques des agriculteurs (les syst mes de pratiques ). Un r sultat majeur est que la mobilisation de l eau pour l irrigation a un r le important dans le dynamisme des exploitations : utilis e principalement en irrigation d appoint pour favoriser la lev e dans les cultures c r ali res secondaires vocation fourrag re, elle contribue maintenir le revenu des exploitations dans les ann es s cl s: semi-aride, c r ales, itin raires techniques, typologie, diversit , & Aubry: Les formes d organisation des exploitations agricoles et les pratiques c r ali res2951.
4 IntroductionEn Alg rie, les disciplines techniques comme l agronomie ont t mobilis es presque exclusivement en faveur des zones dites productives du pays. Par ailleurs, les acquis obtenus au niveau des stations de recherche et de d veloppement sont souvent mal adapt une diff usion massive par manque de connaissance des exploitations agricoles (Djenane, 1997). Et la fi n de chaque programme de d veloppement, on s est aper u que les d marches des disciplines taient mal adapt es la solution des probl mes pos s, notamment parce qu elles tudient en g n ral des objets s par ment. Or, pour tenter de mieux r soudre des probl mes de d veloppement, il est n cessaire que: ces disciplines se regroupent pour travailler conjointement sur des esp ces v g tales et animales, mais aussi qu elles int grent leurs recherches l chelle des ateliers de production dans l exploitation (syst me de culture, syst me d levage.)
5 Et m me de l exploitation dans son ensemble o peuvent coexister d autres activit s. Car pour l agriculteur comme pour le chercheur, le niveau pertinent de prise de d cision est l exploitation agricole . L agronome en tant que concepteur de syst me de culture, observe, enregistre, analyse des pratique et en tire des conclusions travers des critiques fonctionnelles ou analytiques dans le but d am liorer une situation constat e. (Sebillotte, 1987; Capillon, 1993; Coleno et Duru, 2005). Le parcours que doit r aliser l agronome depuis la parcelle cultiv e jusqu aux d terminants de sa conduite au niveau de l unit de production a pour but de relativiser ses jugements la parcelle et formuler ses propositions, Tessier 1979. Dans le concept de farms research , l agronome doit pouvoir reconna tre les techniques, mais aussi les fa ons dont les agriculteurs les mettent (ou peuvent les mettent) en uvre; en d autres terme, les pratiques (Tessier, 1979).
6 La connaissance des pratiques dans leur diversit , nous permettra long terme de proposer des modes de conduite pour les cultures dominantes qui r pondent mieux aux objectifs de l agriculteur. De fait, la compr hension des m canismes de gestion technique des agriculteurs en milieu semi-aride est pour nous un pr alable n cessaire toute proposition d action ou toute laboration de nouveaux concepts ou de nouvelles m thodes pour l aide la d cision. Nous proposons ici d tudier, travers une analyse du fonctionnement et de la conduite des c r ales (suivi des itin raires techniques) des exploitations , comment les agriculteurs pratiquent en zones semi-arides pour produire des c r ales. Nous prendrons comme exemple la r gion de S tif dans l Est alg rien, ce que nous justifi erons. 2. M thodologie du Objectif d tude Au-del de l analyse individuelle des exploitations , on s int resse aux ensembles d exploitations pouvant tre repr sent es par un m me mod le, que ce soit dans leur structure (typologie r gionale de fonctionnement) ou dans leurs pratiques (typologie d itin raires techniques).
7 On combine ces deux typologies ce qui permet de comprendre comment les d cisions techniques traduisent les logiques des agriculteurs (les syst mes de pratiques ). Caract ristiques du site de l tudeNous avons choisi comme site d tude la r gion de S tif du fait de sa diversit interne appr ci e au travers deux l ments: la diversit du milieu physique et la diversit des Diversit du milieu physiqueLa zone d tude, les hautes plaines s tifi nnes de l est alg rien, est marqu e par une forte diversit r gionale, appr ci e au travers de la diversit du milieu, notamment du climat et du Partie 5: Syst mes de culture et fi li res de production296 Symposium international Agriculture durable en r gion M diterran enne (AGDUMED) , Rabat, Maroc, 14-16 mai 2009sol, en fonction du degr d aridit . On distingue trois tages climatiques: le semi-aride sup rieur (SAS), le semi-aride central (SAC) et le semi-aride inf rieur (SAI).
8 La pluviom trie moyenne baisse de l tage sup rieur l inf rieur alors que la variabilit pluviom trique interannuelle augmente. De plus, d autres al as climatiques (gel es tardives et sirocco) peuvent survenir et co ncident souvent avec des phases physiologiques sensibles des c r nord de la zone (SAS), on trouve des sols profonds (vertisols) forte capacit de r tention en eau; ce sont des terres noires ou grises. Sur le plateau, en SAC et SAI selon le gradient d aridit , les sols sont plus ou moins superfi ciels, de couleur claire ou rouge tre, calcaires, de texture l g re, parfois encro t s (Batouche et al., 1993).b. Diversit des exploitations agricoles et typologie r gionale La typologie r gionale, servant de base au choix des seize exploitations suivies, t tout d abord r alis e sur 120 exploitations agricoles couvrant 21 communes c r ali res dans les trois tages climatiques (SAS, SAC et en SAI).
9 Notre objectif travers cette enqu te est de retenir des cas repr sentatifs de la diversit r gionale9 (Jouve, 1986; Simon et al., 2000; Dounias et al., 2004) des unit s agricoles. Les crit res mis en avant d pendent des facteurs agro- cologiques de la r gion ( tages climatiques), des facteurs structurels (SAU, mat riel agricole , b timents, main d uvre) et mobilisation de l eau d irrigation. L extraction des composantes principales des exploitations montre que deux groupes de facteurs d ordre structurels et environnementaux cumulent 71% de la variance totale (Benniou, 2006). La premi re composante dite explicative exprime les activit s agricoles durables (Gafsi, 2006) travers les orientations conomiques (c r aliculture- levage ovin) et repr sente une part de 51%. Celle-ci montre clairement les strat gies de production en fonction de l importance de la relation qui existe entre l exploitation , caract ris e par des facteurs structurels et l tage climatique.
10 La seconde composante, avec une part de variance de 20%, exprime des situations plus exceptionnelles soulignant le dynamisme conomique gr ce l irrigation et l levage bovin. Cette typologie laisse appara tre cinq regroupements ou types d exploitations selon leur taille, leur structuration ( quipement, main d uvre) et leur orientation conomique (Benniou Brinis, 2006):- T1: petites exploitations diversifi es avec un levage ovin ou bovin;- T2: petites exploitations diversifi es poss dants un levage mixte10;- T3: exploitations moyennes c r ales - levage et diversifi es- levage ,- T4: grandes exploitations c r ales - levage avec ou sans pomme de terre;- T5: de grandes exploitations polyculture- la r alisation des travaux agricoles, les T1 et T2 d pendent totalement de l ext rieur, les T3 et T4 ont une d pendance partielle et les T5 sont autonomes (Benniou et al.)