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Réchauffement climatique : importance du méthane

R chauffement climatique : importance du m thane par Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Herv Le Treut*. Les objectifs de la lutte contre le chauffement climatique Dans sa s ance du 30 octobre 2007, le dernier Conseil de l'environnement de l'Union Europ enne fait sienne la recommandation d' viter un r chauffement global de plus de 2 degr s et la n cessit de stabiliser la concentration des gaz effet de serre dans l'atmosph re environ 450 ppmv d' quivalent CO2 et rappelle que, pour ce faire, ces missions devront atteindre leur maximum dans les 10 ou 15 ans qui viennent pour atteindre un niveau inf rieur d'au moins 50% celui de 1990 d'ici 2050 . Il souligne en n que, pour atteindre cet objectif, il faudrait que le groupe des pays d velopp s r duise collectivement ses missions pour les ramener d'ici 2020, un niveau de 25 40% inf rieur celui de 1990.

Réchauffement climatique : importance du méthane par Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Hervé Le Treut* Les objectifs de la lutte contre le échauffement climatique

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1 R chauffement climatique : importance du m thane par Benjamin Dessus, Bernard Laponche et Herv Le Treut*. Les objectifs de la lutte contre le chauffement climatique Dans sa s ance du 30 octobre 2007, le dernier Conseil de l'environnement de l'Union Europ enne fait sienne la recommandation d' viter un r chauffement global de plus de 2 degr s et la n cessit de stabiliser la concentration des gaz effet de serre dans l'atmosph re environ 450 ppmv d' quivalent CO2 et rappelle que, pour ce faire, ces missions devront atteindre leur maximum dans les 10 ou 15 ans qui viennent pour atteindre un niveau inf rieur d'au moins 50% celui de 1990 d'ici 2050 . Il souligne en n que, pour atteindre cet objectif, il faudrait que le groupe des pays d velopp s r duise collectivement ses missions pour les ramener d'ici 2020, un niveau de 25 40% inf rieur celui de 1990.

2 Et fait remarquer que la proposition de l'UE de r duction des missions est compatible avec un tel niveau d'efforts . Dans ce texte, la concentration de 450 ppmv d' quivalent CO2 s'entend comme la pr sence simultan e dans l'atmosph re d'un ensemble de gaz effet de serre (CO2, CH4, N2O, etc) des concentrations diverses qui n'ont pas tous le m me effet sur le r chauffement mais dont on peut estimer l'effet comme quivalent celui qu'aurait provoqu . une concentration de 450 ppmv du seul gaz carbonique. Il existe en effet de nombreux gaz dont les missions sont responsables du renforcement de l'effet de serre : CO2, CH4, N2O, CFC, etc. Chacun de ces gaz effet de serre (GES).

3 Pr sente des caract ristiques propres d'absorption du rayonnement et de dur e de vie dans l'atmosph re apr s son mission. Dans leurs mod les de simulation, les experts qui tudient les changements climatiques utilisent les donn es d' mission et de concentration de chacun d'entre eux dans diff rents sc narios d' volution pour anticiper les modi cations du climat. La recommandation de stabilisation 450 ppmv d' quivalent CO2 s'appuie donc sur les r sultats de sc narios qui anticipent les r ductions d' mission des diff rents GES. indispensables diff rents horizons pour contenir le r chauffement climatique dans une limite de l'ordre de deux degr s au d but du si cle prochain : par exemple une division par deux des missions de CO2, une r duction de 30% des missions de m thane et de N20 en 2050 par rapport 2000.

4 Il est bien vident que si cet effort concomitant sur les diff rents gaz n'est pas effectu , la r duction de CO2 envisag e ne permettra pas d'atteindre elle seule la cible de 450 ppmv d' quivalent CO2 et donc de limiter le r chauffement 2 degr s. * Benjamin Dessus ing nieur et conomiste. Il pr side l'association Global Chance. Bernard Laponche, ancien directeur de l'agence fran aise de la ma trise de l' nergie, est expert en politiques nerg tiques. Herv Le Treut est directeur du laboratoire de m t orologie dynamique du CNRS. 1. Pourtant dans la suite du texte de ce m me Conseil europ en consacr aux efforts de r duction r aliser, seuls les efforts de r duction du CO2 sont cit s.

5 Les gaz effet de serre autres que le CO2 (m thane , oxyde nitreux, etc.) ne font l'objet d'aucune mention sp ci que. De m me, dans le Grenelle de l'environnement, apr s l'af rmation de la volont . de se conformer aux recommandations de l'UE, toutes les mesures propos es concernent la r duction des missions du CO2 sans qu'une seule fois dans le document nal ne soit jamais mentionn le m thane. Comptabilit des missions de m thane et Potentiel de r chauffement global . Ce manque d'int r t apparent pour les autres gaz effet de serre est sans doute mettre en relation avec l'usage d'outils comptables tr s simpli s destin s valuer leur r le dans les politiques de r duction.

6 La comptabilit en tonnes d' quivalent CO2 des missions des diff rents gaz qui s'est rapidement impos e chez les d cideurs a une signi cation tr s pr cise, mais elle ne s'adapte pas tous les contextes et peut dans certains cas conduire un effet optique de distorsion des enjeux. En effet, pour permettre une simpli cation de l'appr ciation globale de l'incidence de ces missions de ces diff rents gaz sur le changement climatique , il a t d cid d'utiliser des r gles d' quivalence permettant de comptabiliser les missions des GES autres que le CO2 en une unit commune : la tonne d' quivalent CO2 (teq CO2). Celle-ci est commun ment d nie sur la base de l'impact relatif de chaque gaz sur le r chauffement climatique par rapport celui du CO2, effet calcul sur une p riode de temps d termin e qui suit l' mission de chacun des gaz, par exemple 100 ans.

7 Cet impact sur le climat est d termin . comme le cumul du for age radiatif associ un gaz donn sur toute la p riode consid r e. Pour y parvenir le GIEC1 a propos la notion de Potentiel de r chauffement global 2 (PRG) . Le PRG indique la contribution relative au r chauffement de la plan te pendant une p riode d termin e (par exemple 100 ans) d'une mission ponctuelle en d but de p riode d'un kg d'un gaz effet de serre particulier par comparaison avec la contribution sur la m me p riode d'une mission ponctuelle d'un kg de CO2. Les PRG calcul s pour diff rents intervalles de temps prennent en compte les diff rences de dur es de vie des diff rents gaz dans l'atmosph re.

8 Le PRG du gaz CH4 l'horizon T et pour des missions de l'ann e 0 est le rapport de l'int grale de 0 T de la fonction de d croissance dans le temps du CH4, multipli e par l'ef cacit radiative du CH4, l'int grale de 0 T de la fonction de d croissance du CO2 sur la m me p riode, multipli e par l'ef cacit radiative du CO2. Le num rateur de ce rapport est le PRG absolu du CH4 et le d nominateur le PRG absolu du CO23. Dire que le PRG du m thane sur une p riode de 100 ans est de 21, c'est dire que l' mission ponctuelle de 1 tonne de CH4 a une in uence sur le climat quivalente celle d'une mission ponctuelle de 21 t de CO2 sur la p riode de 100 ans suivant ces missions.

9 La commodit d'utilisation de la teq CO2 comme unit unique a conduit tr s vite la g n ralisation de son emploi, qu'il s'agisse des missions constat es, des missions futures envisag es (dans les objectifs de politique climatique notamment) comme des missions cumul es sur une certaine p riode (pass e ou future). Dans la plupart des documents traitant des programmes de lutte contre le changement climatique , tout se passe comme si l'on avait affaire un seul gaz, quivalent CO2 , dont il s'agit de r duire les missions. 2. Les dangers d'une utilisation trop directe du PRG. Mais alors que la premi re Conf rence des parties la Convention (COP 1 1995) se contentait de dire que les Parties peuvent appliquer les potentiels de r chauffement du globe sur une p riode de 100 ans qui sont indiqu s par le GIEC dans son rapport sp cial de 1994 pour traduire leurs inventaires et projections en quivalent dioxyde de carbone , l'utilisation des PRG sur une p riode de 100 ans est devenue tr s vite la r gle.

10 L' mission ponctuelle de 1 tonne de CH4 en 2000 est compt e 21 teqCO24 sur la base du cumul des effets respectifs de CH4 et de CO2 entre 2000 et 2100, et l' mission d'1 t de CH4 en 2020. par exemple est compt e 21 teq CO2 sur la base du cumul des effets respectifs de CH4. et de CO2 entre 2020 et 2120 : les effets d'une mission de CH4 par rapport ceux d'une mission de la m me masse de CO2 sont chaque ann e d cal s de 100 ans. L'adoption d'une telle r gle a des cons quences importantes sur l'appr ciation relative du r le des diff rents gaz. En effet, alors que l'utilisation de la notion d' quivalent CO2, comme nous l'avons vu, ne pr sente aucune ambigu t pour valuer une concentration, son utilisation pour valuer des missions suppose imp rativement de faire r f rence une p riode d'int gration partir de l' mission5.


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