Transcription of treize livres mAudits
1 Arnaud de la Croixtreize livresmAuditsPostface de Xavier-laurent salvadorillustration de couverture : Johannes Weier : le grand sceau de Jupiter (De Praestigiis daemonum, 1577)les illustrations 1, 3, 5, 6, 7 et 8 du cahier photos proviennent de Wikimedia Commonsmise en pages : mC CompoCouverture : s tudio lannoorelecture : Catherine mee stoutes reproductions ou adaptations d un extrait quelconquede ce livre, par quelque proc d que ce soit, r serv es pour tous pays. ditions racine, 2016tour & taxis, entrep t royal86C, avenue du Port, BP 104A B-1000 2016, 6852. 02d p t l gal : f vrier 2016isBN 978-2-87386-967-0imprim aux Pays-BasDu m me auteurLa Religion d Hitler, racine, Templiers, chevaliers du Christ ou h r tiques ?
2 , tallandier, Illuminati. La r alit derri re le mythe, racine, et la franc-ma onnerie, pr face de Fran ois delpla, racine, 2013 ; tallandier, 2014 pour l dition de poche. Ouvrage traduit en n erlandais. L cole de la nuit, introduction la magie noire, Camion noir, de Bingen, la langue inconnue, Alph e, 2008. L ge des t n bres. La christianisation de l Occident, labor, Ordre du Temple et le reniement du Christ, ditions du rocher, Templiers. Au c ur des croisades, ditions du rocher, 2002. Ouvrage traduit en espagnol, en roumain et en , Merlin et le Graal, un mythe revisit , ditions du rocher, rotisme au Moyen ge, tallandier, 1999, 2003, 2013 pour l dition de poche.
3 Ouvrage traduit en allemand, en estonien, en japonais, en portugais et en les routes du Moyen ge, ditions du rocher, 1997. puis .5sOmmAireIntroduction 7 1. Le Livre d H noch, rejet par les Juifs et les chr tiens (compos du iiie au ier si cle av. ) 9 2. L vangile de Judas, l homme qui trahit J sus (iie si cle apr s J sus-Christ) 21 3. Le Livre de l meraude, un blasph me contre le Coran (ixe si cle) 35 4. Le Livre des deux principes, testament des cathares (vers 1240) 41 5. Le Livre de l ange Raziel : les myst res de la kabbale (d but du xiiie si cle) 53 6.
4 Le Trait des trois imposteurs : mo se, J sus, mahomet (milieu du xiiie si cle) 65 7. Le Grand Albert, grimoire secret des sorciers (compos de 1245 1580) 77 8. le codex voynich, crit dans une langue inconnue (vers 1404-1438) 91 9. Les Centuries de Nostradamus : des proph ties jusqu la fin du monde (1re dition : 1555) 10310. la Fama fraternitatis, manifeste des rose-Croix (1614) 11111. le Livre muet, un myst rieux manuel alchimique (1677) 123treize livres maudits612. Le Livre de la Loi, crit par la B te 666 (1904) 13113.
5 Le Necronomicon, un livre qui rend fou (1923) 135 Conclusion 149 Postface 151 Notes et r f rences bibliographiques 163 Remerciements 1737iNtrOduCtiON malheur moi si je r v le ces myst res,et malheur moi si je ne les r v le pas ! Zohar ou Livre de la splendeur, fin du xiiie si 2009, j achevais une r flexion consacr e la magie et son histoire par ces lignes : Ce qui relie les mages les uns aux c est l exis-tence d un livre ind chiffrable et cependant objet de convoitise, un livre toujours recopi et transmis.
6 Changeant de titre, d apparence, d auteur suppos au fil des livre hante mes r ves et, gr ce aux indications que j ai pu recueillir son sujet, je pense pr sent me trouver sur une piste s rieuse1. eh bien, le moment me semble venu de d voiler le r sultat de mes investigations. voici non pas un, mais treize parmi les ouvrages les plus myst rieux qui ont jalonn l histoire de l humanit , des si cles les plus recul s jusqu au temps pr textes ont t rejet s, honnis, d truits, br l s, lac -r s, occult s. Quelques-uns d entre eux, au contraire, ont t 1 le lecteur trouvera en fin de volume l ensemble des notes et r f rences livres maudits8appr ci s, voire c l br s.
7 Ceci pour de mauvaises raisons, qui ne correspondaient en rien leur v ritable tous les cas, souterrainement et plus rarement au grand jour, ces livres ont surv cu, d une fa on ou d une autre. Quelques-uns d entre eux, aussi tonnant cela puisse para tre, n existaient m me pas ! tandis que d autres ont dis-paru. tous, cependant, ont laiss des traces et marqu l histoire de leur empreinte. dans les pages qui suivent, j ai tent de retracer leur his-toire et d approcher leur contenu, malgr le secret qui sou-vent les entoure. leur contenu sera tant t expos en d tail et d autres fois seulement esquiss , lorsque le contexte qui les a vus na tre ou leur ombre port e m a sembl devoir l emporter sur le mes-sage qu ils v dieu ou le diable me pardonnent, car ces livres , d une mani re ou d une autre, sont tous Livre d H noch, rejet par les juifs et les chr tiens Apr s qu il eut engendr H noch, Jared v cut huit cents ans, et il engendra des fils et des le temps que Jared v cut fut de neuf cent soixante-deux ans, et il noch v cut soixante-cinq ans, et il engendra s qu il eut engendr mathusalem, H noch mar-cha avec dieu trois cents ans.
8 Et il engendra des fils et des le temps qu H noch v cut fut de trois cent soixante-cinq noch marcha avec dieu, et on ne le vit plus, car dieu l avait pris. Gen se, 5 hui, lorsqu on dit d un texte qu il est apocryphe, cela signifie qu il est faussement attribu son auteur sup-pos .Ainsi, le plus fameux des grimoires de sorciers, Le Grand Albert, n a pas t crit, contrairement ce qu annonce son titre, par le philosophe du moyen ge Albert le Grand. Celui-ci enseigna au xiiie si cle Cologne et Paris, o il donna son nom la place maubert la place de ma tre Albert , et eut pour disciple le th ologien Thomas d Aquin.
9 C est son immense savoir qui le fit passer pour quelque peu Nous y ixfiflx fffiThixv ffi fi vPour citer un autre exemple c l bre, Les Protocoles des sages de Sion, contrairement, l encore, ce que pr tend le titre, n est pas l uvre d envoy s d isra l. en effet, ces soi-disant proc s-verbaux d une r union secr te de Juifs planifiant la conqu te du monde ont en r alit t r dig s Paris en 1901 par un obscur auteur russe du nom de mathieu , l origine, le mot apocryphe , du grec ancien apokryphos, signifiait cach , dissimul , secret . les apo-cryphes, ce furent d abord les textes que la tradition religieuse biblique, celle des rabbins puis celle de l glise, a d cid d liminer, de ne pas consid rer comme des livres saints.
10 Bien que peut- tre inspir s, il semblait pr f rable que ces textes restent cach s aux fid les, quitte secr tement les conserver, pour qu ils ne soient lus que par les pr tres. Car ces livres , dissimul s au regard du commun des mortels, taient sou-vent r put s contenir des secrets qu il n tait pas souhaitable de Juifs, les chr tiens ensuite, d abord catholiques, puis protestants, n ont pas toujours, loin de l , refus les m mes livres . mais il s en trouve au moins un que tous ont rejet , occult , et m me, vraisemblablement, d et pour-tant, ce texte a surv cu. il a poursuivi une existence margi-nale, malgr le fait que les rabbins l ont honni, que les conciles chr tiens des premiers si cles l ont repouss hors de l en-semble des textes canoniques.