Transcription of Ubu Roi - Ebooks-bnr.com
1 Dition du groupe Ebooks libres et gratuits . Alfred Jarry ubu roi . (1896). Texte de l' dition de la Reine Blanche, 1900. Table des mati res Personnages ..5. Acte Sc ne I ..7. Sc ne 11. Sc ne III ..13. Sc ne Sc ne V .. 22. Sc ne 24. Sc ne VII .. 27. Acte II ..31. Sc ne I ..31. Sc ne 34. Sc ne III .. 36. Sc ne 38. Sc ne V ..41. Sc ne 44. Sc ne VII .. 46. Acte 50. Sc ne I .. 50. Sc ne 53. Sc ne III .. 62. Sc ne 64. Sc ne V .. 67. Sc ne 68. Sc ne VII .. 70. Sc ne VIII .. 74. Acte IV ..77. Sc ne I ..77. Sc ne 78. Sc ne III ..81. Sc ne 85. Sc ne V .. 92. Sc ne 95. Sc ne VII ..103. Acte Sc ne I .. 104. Sc ne 117. Sc ne III .. 121. Sc ne propos de cette dition lectronique ..129. 3 . Ce drame est d di Marcel Schwob Adonc le P re Ubu hoscha la poire, dont fut depuis nomm par les Anglois Shakespeare, et avez de lui sous ce nom maintes belles trag dies par escript.
2 4 . Personnages P RE UBU. M RE UBU. CAPITAINE BORDURE. LE ROI VENCESLAS. LA REINE ROSEMONDE. BOLESLAS. LADISLAS. BOUGRELAS leurs fils. LES OMBRES DES ANC TRES. LE G N RAL LASCY. STANISLAS LECZINSKI. JEAN SOBIESKI. NICOLAS RENSKY. L'EMPEREUR ALEXIS. GIRON, PILE, COTICE : Palotins. CONJUR S ET SOLDATS. PEUPLE. 5 . MICHEL FEDEROVITCH. NOBLES. MAGISTRATS. CONSEILLERS. FINANCIERS. LARBINS DE PHYNANCES. PAYSANS. TOUTE L'ARM E RUSSE. TOUTE L'ARM E POLONAISE. LES GARDES DE LA M RE UBU. UN CAPITAINE. L'OURS. LE CHEVAL DE PHYNANCES. LA MACHINE D CERVELER. L' QUIPAGE. LE COMMANDANT. 6 . Acte I. Sc ne I. P re Ubu, M re Ubu P RE UBU. Merdre. M RE UBU. Oh ! voil du joli, P re Ubu, vous estes un fort grand voyou. P RE UBU. Que ne vous assom'je, M re Ubu ! M RE UBU. Ce n'est pas moi, P re Ubu, c'est un autre qu'il faudrait assassiner. P RE UBU.
3 De par ma chandelle verte, je ne comprends pas. M RE UBU. Comment, P re Ubu, vous estes content de votre sort ? P RE UBU. 7 . De par ma chandelle verte, merdre, madame, certes oui, je suis content. On le serait moins : capitaine de dragons, officier de confiance du roi Venceslas, d cor de l'ordre de l'Aigle Rouge de Pologne et ancien roi d'Aragon, que voulez-vous de mieux ? M RE UBU. Comment ! apr s avoir t roi d'Aragon vous vous contentez de mener aux revues une cinquantaine d'estafiers arm s de coupe-choux, quand vous pourriez faire succ der sur votre fiole la couronne de Pologne celle d'Aragon ? P RE UBU. Ah ! M re Ubu, je ne comprends rien de ce que tu dis. M RE UBU. Tu es si b te ! P RE UBU. De par ma chandelle verte, le roi Venceslas est encore bien vivant ; et m me en admettant qu'il meure, n'a-t-il pas des l gions d'enfants ?
4 M RE UBU. Qui t'emp che de massacrer toute la famille et de te mettre . leur place ? P RE UBU. Ah ! M re Ubu, vous me faites injure et vous allez passer tout l'heure par la casserole. 8 . M RE UBU. Eh ! pauvre malheureux, si je passais par la casserole, qui te raccommoderait tes fonds de culotte ? P RE UBU. Eh vraiment ! et puis apr s ? N'ai-je pas un cul comme les autres ? M RE UBU. ta place, ce cul, je voudrais l'installer sur un tr ne. Tu pourrais augmenter ind finiment tes richesses, manger fort souvent de l'andouille et rouler carrosse par les rues. P RE UBU. Si j' tais roi, je me ferais construire une grande capeline comme celle que j'avais en Aragon et que ces gredins d'Espagnols m'ont impudemment vol e. M RE UBU. Tu pourrais aussi te procurer un parapluie et un grand caban qui te tomberait sur les talons. P RE UBU.
5 Ah ! je c de la tentation. Bougre de merdre, merdre de bougre, si jamais je le rencontre au coin d'un bois, il passera un mauvais quart d'heure. M RE UBU. 9 . Ah ! bien, P re Ubu, te voil devenu un v ritable homme. P RE UBU. Oh non ! moi, capitaine de dragons, massacrer le roi de Pologne ! plut t mourir ! M RE UBU, part. Oh ! merdre ! (Haut.) Ainsi tu vas rester gueux comme un rat, P re Ubu. P RE UBU. Ventrebleu, de par ma chandelle verte, j'aime mieux tre gueux comme un maigre et brave rat que riche comme un m chant et gras chat. M RE UBU. Et la capeline ? et le parapluie ? et le grand caban ? P RE UBU. Eh bien, apr s, M re Ubu ? Il s'en va en claquant la porte. M RE UBU, seule. Vrout, merdre, il a t dur la d tente, mais vrout, merdre, je crois pourtant l'avoir branl . Gr ce Dieu et moi-m me, peut- tre dans huit jours serai-je reine de Pologne.
6 10 . Sc ne II. La sc ne repr sente une chambre de la maison du P re Ubu o . une table splendide est dress e. P re Ubu et M re Ubu M RE UBU. Eh ! nos invit s sont bien en retard. P RE UBU. Oui, de par ma chandelle verte. Je cr ve de faim. M re Ubu, tu es bien laide aujourd'hui. Est-ce parce que nous avons du monde ? M RE UBU, haussant les paules. Merdre. P RE UBU, saisissant un poulet r ti. Tiens, j'ai faim. Je vais mordre dans cet oiseau. C'est un poulet, je crois. Il n'est pas mauvais. M RE UBU. Que fais-tu, malheureux ? Que mangeront nos invit s ? P RE UBU. Ils en auront encore bien assez. Je ne toucherai plus rien. M re Ubu, va donc voir la fen tre si nos invit s arrivent. 11 . M RE UBU, y allant. Je ne vois rien. Pendant ce temps le P re Ubu d robe une rouelle de veau. M RE UBU. Ah ! voil le capitaine Bordure et ses partisans qui arrivent.
7 Que manges-tu donc, P re Ubu ? P RE UBU. Rien, un peu de veau. M RE UBU. Ah ! le veau ! le veau ! veau ! Il a mang le veau ! Au secours ! P RE UBU. De par ma chandelle verte, je te vais arracher les yeux. La porte s'ouvre. 12 . Sc ne III. P re Ubu, M re Ubu et Capitaine Bordure et ses partisans. M RE UBU. Bonjour, messieurs, nous vous attendons avec impatience. Asseyez-vous. CAPITAINE BORDURE. Bonjour, madame. Mais o est donc le P re Ubu ? P RE UBU. Me voil ! me voil ! Sapristi, de par ma chandelle verte, je suis pourtant assez gros. CAPITAINE BORDURE. Bonjour, P re Ubu. Asseyez-vous, mes hommes. Ils s'asseyent tous. P RE UBU. Ouf, un peu plus, j'enfon ais ma chaise. CAPITAINE BORDURE. Eh ! M re Ubu ! que nous donnez-vous de bon aujourd'hui ? M RE UBU. 13 . Voici le menu. P RE UBU. Oh ! ceci m'int resse. M RE UBU. Soupe polonaise, c tes de rastron, veau, poulet, p t de chien, croupions de dinde, charlotte russe.
8 P RE UBU. Eh ! en voil assez, je suppose. Y en a-t-il encore ? M RE UBU, continuant. Bombe, salade, fruits, dessert, bouilli, topinambours, choux- fleurs la merdre. P RE UBU. Eh ! me crois-tu empereur d'Orient pour faire de telles d penses ? M RE UBU. Ne l' coutez pas, il est imb cile. P RE UBU. Ah ! je vais aiguiser mes dents contre vos mollets. M RE UBU. 14 . D ne plut t, P re Ubu. Voil de la polonaise. P RE UBU. Bougre, que c'est mauvais. CAPITAINE BORDURE. Ce n'est pas bon, en effet. M RE UBU. Tas d'Arabes, que vous faut-il ? P RE UBU, se frappant le front. Oh ! j'ai une id e. Je vais revenir tout l'heure. Il s'en va. M RE UBU. Messieurs, nous allons go ter du veau. CAPITAINE BORDURE. Il est tr s bon, j'ai fini. M RE UBU. Aux croupions, maintenant. CAPITAINE BORDURE. Exquis, exquis ! Vive la m re Ubu. 15 . TOUS. Vive la m re Ubu.
9 P RE UBU, rentrant. Et vous allez bient t crier vive le P re Ubu. Il tient un balai innommable la main et le lance sur le festin. M RE UBU. Mis rable, que fais-tu ? P RE UBU. Go tez un peu. Plusieurs go tent et tombent empoisonn s. P RE UBU. M re Ubu, passe-moi les c telettes de rastron, que je serve. M RE UBU. Les voici. P RE UBU. la porte tout le monde ! Capitaine Bordure, j'ai vous parler. 16 . LES AUTRES. Eh ! nous n'avons pas d n . P RE UBU. Comment, vous n'avez pas d n ! la porte tout le monde ! Restez, Bordure. Personne ne bouge. P RE UBU. Vous n' tes pas partis ? De par ma chandelle verte, je vais vous assommer de c tes de rastron. Il commence en jeter. TOUS. Oh ! A e ! Au secours ! D fendons-nous ! malheur ! je suis mort ! P RE UBU. Merdre, merdre, merdre. la porte ! je fais mon effet. TOUS. Sauve qui peut ! Mis rable P re Ubu !
10 Tra tre et gueux voyou ! P RE UBU. Ah ! les voil partis. Je respire, mais j'ai fort mal d n . Venez, Bordure. 17 . Ils sortent avec la M re Ubu. 18 . Sc ne IV. P re Ubu, M re Ubu et Capitaine Bordure P RE UBU. Eh bien, capitaine, avez-vous bien d n ? CAPITAINE BORDURE. Fort bien, monsieur, sauf la merdre. P RE UBU. Eh ! la merdre n' tait pas mauvaise. M RE UBU. Chacun son go t. P RE UBU. Capitaine Bordure, je suis d cid vous faire duc de Lithuanie. CAPITAINE BORDURE. Comment, je vous croyais fort gueux, P re Ubu. P RE UBU. Dans quelques jours, si vous voulez, je r gne en Pologne. CAPITAINE BORDURE. 19 . Vous allez tuer Venceslas ? P RE UBU. Il n'est pas b te, ce bougre, il a devin . CAPITAINE BORDURE. S'il s'agit de tuer Venceslas, j'en suis. Je suis son mortel ennemi et je r ponds de mes hommes. P RE UBU, se jetant sur lui pour l'embrasser.