Transcription of Tradition orale et archives de la traite négrière; 2001
1 Tradition oraleetarchives de la traite n gri reDirecteur de la publicationDjibril Tamsir NianeUNESCO0- 17121-Prelim / 1-12 4/09/01 16:17 Page 1 (Noir/Process Black film)Les auteurs sont responsables du choix et de la pr sentation des faits figurant danscet ouvrage, ainsi que des opinions qui y sont exprim es, lesquelles ne sont pasn cessairement celles de l UNESCO et n engagent pas l Organisation. Les appellationsemploy es dans cette publication et la pr sentation des donn es qui y figurentn impliquent de la part du secr tariat de l UNESCO aucune prise de position quantau statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorit s, ni quantau trac de leurs fronti res ou en 2001 par l Organisation des Nations Uniespour l ducation, la science et la culture7, place de Fontenoy, 75352 Paris 07 SPComposition et impression dans les ateliers de l UNESCO UNESCO 20010- 17121-Prelim / 1-12 4/09/01 16.
2 17 Page 2 (Noir/Process Black film)Pr faceLes communications du colloque international sur La Tradition orale et la traite n gri re ,Conakry 24-26 mars 1997 et celles de la r union des experts sur Les archives euro-p ennes de la traite n gri re , Copenhague 5-8 f vrier 1998 ont permis de constater,d une part, l ampleur des cons quences d sastreuses de la traite sur la d mographie, laculture, l conomie et les structures des soci t s africaines et d autre part, de montrerque la Tradition orale est une source d information aussi pr cieuse que les archives crites europ ennes. Si les archives crites, souvent inaccessibles, sont la m moire desesclavagistes avant tout, l exploitation syst matique de la Tradition orale permet auxpeuples victimes de la traite une r appropriation et un v ritable travail de m l Europe et l Am rique d tiennent une abondante documentation sur latraite n gri re et l esclavage, l Afrique quant elle est rest e longtemps n a qu une petite part de ses archives .
3 Des chercheurs comme Djibril Tamsir Niane,Howard Dodson, Mbaye Gu ye, Julio Corbea, Elise Paraiso, Akosua Perbi m nentdepuis des ann es des enqu tes et assurent la collecte et la conservation des t moi-gnages et r cits sur la traite n gri re. La conservation, le recueil et la valorisation dece patrimoine sont aujourd hui au centre des pr occupations de nombreux centresde recherches et universit s en Europe, en Am rique, dans les Cara bes et en tude de la Tradition orale permet en effet de combler des lacunes etd lucider des questions fondamentales sur lesquelles les sources crites et les archivesne fournissent pas une appr hension compl te et attention suscit e par ce colloque et cette r union des experts a incit leSecr tariat du projet La route de l esclave mettre ces travaux la dispositiondu public pour une meilleure connaissance d une trag die occult Di neDirecteur de la division du dialogue interculturelUNESCO0- 17121-Prelim / 1-12 4/09/01 16.
4 17 Page 3 (Noir/Process Black film)RemerciementsCet ouvrage n aurait pu tre men son terme sans la bienveillante collaborationdes auteurs et surtout du professeur Djibril Tamsir Niane qui est le directeur de lapublication. Qu ils en soient tous remerci exprimons notre reconnaissance Christian N Dombi qui a consacr beaucoup de temps la correction, la r vision, la relecture des textes et l lucidation des nombreuses nigmes du manuscrit 17121-Prelim / 1-12 4/09/01 16:17 Page 4 (Noir/Process Black film)SommairePr face3 Introduction7La Tradition orale , source de connaissance des relations entre Europe-Afrique partir de la C tepar prof. Djibril Tamsir Niane (Guin e)Premi re partieTradition orale et traite n gri reLa Tradition orale dans le domaine de la traite n gri re15par prof.
5 Mbaye Gu ye (S n gal) Tradition orale et esclavage23par prof. Diould Laya (Niger)Traditions orales, traitement occulte et domptage de l esclavage au Rio Pongo33par prof. Mamadou Camara Lefloche (Guin e)Le Fuuta-Jaloo (Guin e) et la traite n gri re atlantique dans les traditions orales47par prof. Isma l Barry (Guin e) Tradition orale et histoire des mines de cuivre Cuba71par prof. Julio Corbea (Cuba)L Angola et les t moignages oraux li s la traite n gri re et l esclavage77par prof. Jos Domingos Pedro (Angola) Tradition orale et traite n gri re au Ghana85par prof. Akosua Perbi (Ghana)0- 17121-Prelim / 1-12 4/09/01 16:17 Page 5 (Noir/Process Black film)Bumba-Meu-Boi, Principal auto populaire br silien91par prof. Joel Rufino dos Santos (Br sil)Deuxi me partieLes archives de la traite n gri reAper u sur les archives de la traite n gri re : le cas du B nin101par prof.
6 Elise Paraiso (B nin)Les archives de la traite en Angola103par Dra Rosa Cruz e Silva (Angola)Les archives du Saint-Si ge et la traite n gri re109par prof. Joseph B. Ballong-Wen-Mewuda (Saint-Si ge)Les forts danois de la C te de l Or et leurs habitants l poque de la traite des esclaves113par prof. Per Hernaes (Norv ge)Les archives des compagnies commerciales danoises d Outre-mer :une source pour La route de l esclave121par prof. Eric Goebel (Danemark)Les images de l esclavage : probl mes d interpr tation et de publication129par prof. Viktoria Schmidt-Linsenhoff (Allemagne)Les documents danois sur l histoire du Ghana entre 1657 et 1754139par prof. Ole Justesen (Danemark)0- 17121-Prelim / 1-12 4/09/01 16:17 Page 6 (Noir/Process Black film)IntroductionLa Tradition orale , source de connaissance des relations entre Europe-Afrique partir de la C teProf.
7 Djibril Tamsir Niane (Guin e)Il est tout fait l gitime que la deuxi me session du Comit scientifique internationalde La route de l esclave pose le probl me de l exploitation de la Tradition oralepour une meilleure compr hension du ph nom ne de la traite n gri re. En effet, latradition orale a acquis ses lettres de noblesse comme service de connaissance et dupass et de la substance m me de la faisant l tat des lieux dans les sites n griers, force nous a t d interroger,de mener des enqu tes sur le commerce des esclaves. Il nous est vite apparu qu icicomme s agissant de l histoire tout court, les sources orales v hiculent des infor-mations in dites. La documentation crite dont nous disposons et qui est abondantene prend, en effet, en compte l esclave qu une fois au port n grier, pr t treembarqu pour les Am nous est apparu que la traite n int resse pas que la zone c ti re qui n estque le terminus d un long chemin qui part du pays profond et que la Tradition oraleest la seule capable de faire vivre nos yeux.
8 En effet au contact des communaut svillageoises voisinant les sites n griers, en coutant les r cits et en questionnant,nous avons vite compris que cette source africaine par excellence est susceptible defournir une gamme tr s tendue d informations non seulement sur la vie politiqueet conomique des royaumes et autres entit s, mais surtout sur la soci t . Elle claired un jour nouveau la vie des Africains et fait comprendre l ampleur de l traditions informent non seulement sur le mode d acquisition de l esclave maisaussi sur toutes les pratiques qui entourent la servitude, la garde de l esclave, sa venteet son acheminement vers les c 17121-Prelim / 1-12 4/09/01 16:17 Page 7 (Noir/Process Black film)Nous avons compris au cours de nos enqu tes que la traite n gri re reposaitsur une organisation tr s complexe ax e sur un r seau de relations tiss es entre lestraitants ou n griers blancs tablis sur la c te, les cours royales, les traitants noirsconducteurs de caravanes, les captureurs et tous les interm diaires et auxiliairessur qui reposent tel ou tel aspect du commerce de la marchandise humaine.
9 Ce n taitnullement un commerce de tout repos, tant s en faut. Si les gains taient normes,les risques ne l taient pas moins pour les marchands africains. Nous avons ainsid couvert un r seau commercial aux mailles serr es qui concernent toutes lespopulations africaines sans le meneur du jeu reste l Europ en, demandeur d esclave, les fournisseursnoirs furent des partenaires incontournables et les traditions orales montrent bienque les uns et les autres r v l rent les m mes aptitudes Africains n taient pas du tout les ben ts et les grands enfants que pr sentent les textes europ enqu tes nous ont r v l un ph nom ne capital savoir que lecommerce avec l Europe en g n ral, et la traite en particulier ont fait de la c te unp le commercial particuli rement attractif et qui a effectivement attir des clans,des populations de l int rieur venus se fixer sur la c te uniquement pour pratiquerle commerce.
10 C est ainsi que les c tes de la Guin e et de Sierra-Leone ont vu arriverau XVIIIeet XIXesi cles d importants groupes de Dioulas ou commer ants mandinguesqui s y sont fix s. De m me, la lente infiltration soussou vers la c te se pr cipite auXVIesi cle, dans le m me temps, se d clenche ce que les Portugais ont appel l invasion des Man et des Soumba: peuples mandingues qui gagnent les c tes deSierra-Leone, remontent vers la Guin e dont ils occupent les c tes jusqu la hauteurdu Cap Verga. Au XVIIIesi cle, c est l arriv e de groupe de marchands malink originaires de Kankan qui fondent entre Mellacor e et les Scarcies (Guin e, Sierra-Leone) le royaume marchand de Mor al. Ainsi la traite provoque des mouvementsde populations ; mais des mouvements sont galement provoqu s par les guerres etl ins curit que la traite a d clench traite est l origine de mutations socio-politique qui bouleversent la carteethnique et politique de la c te, d abord sur la c te et par ricochet jusqu l int rieurou la fourniture d esclaves devient l occupation principale des chefs et des rois.