Transcription of augmentation des cPK
1 Rhumatos Mai 2011 vol. 8 num ro 68 155Le coin des jeunes rhumatoLoguesaugmentation des cPKQuelle conduite tenir ?n La mise en vidence d une augmentation de la concentration plasmatique de CPK ( creatine Phospho-Kinase) est une situation assez fr quente et la d marche diagnostique doit imp -rativement prendre en compte l origine de cette hyperCK mie. Cette augmentation peut tre retrouv e dans un contexte clinique musculaire (myalgies ou symptomatologie musculaire), cardiaque ou de d couverte fortuite sur bilan sanguin de routine. Dr Sandrine Guis*, Dr Jean-Pierre Mattei*, Dr Dominique Figarella-Branger*, Dr David Bendahan*Le dosageDans un premier temps, il convient de distinguer une hy-perCK mie mod r e (inf rieure 3 fois la norme) d une situa-tion o le niveau de CPK est sup rieur 5 10 fois la norme et pour laquelle les risques de rhabdomyolyse doivent tre consid r s.
2 N anmoins, certains consid rent que chez le sujet g , une l vation isol e des CPK, m me sans myoglobinu-rie, peut tre indicatrice d une rhabdomyolyse (1, 2).Dans un s rum normal, l iso-forme MM de la CPK (isoforme musculaire) est repr sent e de fa on majoritaire. Diff rentes techniques de dosage sont dis-ponibles aussi bien pour la me-sure de la CPK totale de pratique *Centre de R sonance Magn tique Biologique et M dicale, UMR-CNRS 6612, Facult de M decine, Marseille. que pour le dosage sp cifique des isoformes MB et BB (essentiellement c r brale). Les seuils de normalit varient en fonction des laboratoires, du sexe et de l ethnie (3) de 17 148 UI/l chez l homme et de 10 79 UI/l chez la femme. Il est pr f rable de r p ter la mesure 2 ou 3 reprises en s assurant qu elle a bien t r alis e au re-pos afin de confirmer la validit de l hyperCK mie.
3 QueLLe signification ?En dehors des contextes de fausse positivit (Tab. 1), l hyperC-K mie r sulte g n ralement d une lyse des cellules muscu-laires squelettiques entra nant une lib ration de son contenu intracellulaire au niveau s rique et quelquefois au niveau uri-naire. Cette atteinte de la cellule musculaire peut tre primitive, li e une anomalie h r di-taire ou structurale ou d origine toxique (Tab. 2). EliminEr unE faussE positivit La conduite tenir repose sur l limination d une fausse po-sitivit (macroCK mie) et la prise en charge en urgence des risques de rhabdomyolyse. Les macro-CK de type 1 sont un complexe circulant associant une immunoglobuline (le plus souvent une IgG, ou quelque-fois une IgA) et l isozyme CK-BB ou MM. Il existe des circons-tances d augmentation de ce dosage notamment les phases aigues d infarctus du myocarde (Tab.)
4 1) (7). N anmoins, il peut tre pr sent chez des sujets sains. Les macro-CK de type 2 sont un complexe oligom rique de CK Management of an increased CPK levelIncreased plasma concentration of CPK ( creatine phosphokinase) is a fairly common situation. The diagnosis must necessarily take into account the origin of this hyperCKemia. This increase can be found in a clinical context including muscles (myalgia or muscle symp-toms), heart or discovered incidentally on routine blood de type 1 macro-cPK de type 2 Complications cardiovasculaires L sions myocardiques chez l enfant Mauvaises conditions de vie Cancers colique, prostatique, Formes familiales h patique le plus souvent en Myopathies hypokali miques phase m tastatique. Maladies de Kawasaki Carcinomes prostatiques Colites ulc r es D ficits en carnitine- palmityl-transf rase tableau 1 - fausses l vations des Rhumatos Mai 2011 vol.
5 8 num ro 68Le coin des jeunes rhumatoLogues une hyperleucocytose, une acidose m tabolique, une hypocalc mie initiale, une hypercalc mie lors de rhabdomyolyses chroniques, une hyperphosphat mie, une an mie, une coagulation intravascu-laire diss min signes cliniques les plus ty-piques accompagnant la rhab-domyolyse sont une fatigue musculaire, des myalgies, des crampes, un d ficit muscu-laire, parfois une augmenta-tion du volume musculaire, une pigmentation anormale des urines due une myoglobinurie (urines couleur th ). L hyPercK mie est confirm Que faire ?Lorsque l hyperCK mie est confir-m e et que les crit res de gravit ont t pris en compte, le pro-bl me de l orientation diagnos-tique se pose. Le tableau 2 r sume les causes principales des hy-perCK mie rechercher. Il s agit principalement de l alcoolisme, des traumatismes et des prises m dicamenteuses.
6 Il peut gale-ment exister des ph nom nes de toxicit directe ou indirecte. Parmi les exemples de m ca-nismes directs, on retrouve l in-toxication par certains venins contenant des toxines et l ivresse aigu en relation avec la toxicit membranaire de l thanol. Pour ce qui est des m canismes indirects, on peut retrouver une alt ration de l hom ostasie calcique (susceptibilit l hy-perthermie maligne peranes-th sique) ou un dysfonctionne-ment m tabolique (maladie de Mc Ardle, mitochondriopathies).De tr s nombreux traitements peuvent induire des hyperCK -mie. Dans le domaine de la rhu-matologie, les plus fr quemment incrimin s sont les antalgiques, les AINS, la corticoth rapie, la colchicine, l hydroxychloro-quine/chloroquine, la D-peni-cillamine/tiopronine (Trolovol , Acadione ), la ciclosporine, les statines (3, 6).
7 ConcLusionEn conclusion, l augmentation de CPK doit tout d abord tre va-lid e par la r p tition du dosage. Si l hyperCK mie est av r e, les risques de rhabdomyolyse doi-vent tre pris en compte en ur-gence. A ce stade, le diagnostic tiologique doit tre sp cifi afin d adapter au mieux la prise en charge th rapeutique. nd Pour lire la bibliographie : secondairesTraumatique musculaire aigu (y compris minime : Cardiaques : infarctus, myocardite, myocardiopathiesEMG, biopsie, injection ), effort musculaire, hypertrophiques, contusion cardiaque traumatique, chirurgieactivit physique, per et post-partum cardiaque, massage cardiaque externe, cardioversionDystrophinopathie, myopathies cong nitales Neuropsychiatrique : scl rose lat rale amyotrophique, atrophie de type central core ou multiminicore, myopathies musculaire progressive spinale, crises tonico-cloniques, AVC, inflammatoires, myopathies m taboliques, traumatisme cr nien, troubles psychotiques aigus hyperthermies d effort Toxicit directe : intoxications m dicamenteuses, N oplasiques.
8 Tumeurs neuro-endocrines, prostatiques, alcoolisme, envenimation radioth rapie m diastinale Divers : sarco dose, syndrome de Gougerot-Sj gren, spondylarthropa-thie, hypothyro die, hyperparathyro die, m dicaments, fi vre, hypother-mie, p riode post-op ratoire, alcoolisme, les infections (virus influenzae A et B, pneumocoques, l gionnelles, salmonelles, HIV, ), troubles ioniques, syndrome malin des neuroleptiquestableau 2 - causes primitives et secondaires potentielles d une hypercK origine mitochondriale. Leur migration en lectrophor se est proche de la CPK-MM (Tab. 1).pathologiEs musculairEs primitivEsLes pathologies musculaires primitives les plus fr quentes sont par ordre de fr quence d croissante, les glycog noses musculaires, les dystrophies mus-culaires, les myopathies inflam-matoires idiopathiques mais dans plus de 45 % des cas la cause n est pas retrouv e.
9 Le pourcentage de r ussite pour d terminer l tiologie exacte augmente chez l enfant et lorsque les taux de CPK sont tr s lev s (> 2 000 UI/l) (4, 5).l hypErcK miE sEcondairEElle est fr quemment li e une infection, une intoxication m -dicamenteuse, un traumatisme, un (6).Le risQue de La rhabdomyoLyseUne rhabdomyolyse est tou-jours rechercher et redouter au regard des complications potentielles que sont : l hyperkali mie avec des troubles du rythme cardiaque, une obstruction intratubulaire avec possibilit d insuffisance r nale oligurique, une fi vre, une n crose tubulaire par d -p ts de myoglobine, une hypovol mie, mots-cl s : augmentation des cPK, conduite tenir, rhabdomyolyse, dosage, significationKeywords : cPK increase, guidelines, rhabdomyolysis, dosage, significatio