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COURS 3

GTS503 - HIVER 2013 | COURS 3 : IMAGERIE M DICALE p. 01 COURS 3 : IMAGERIE M DICALE 1 INTRODUCTION Comment peut-on tudier la physiologie ou le m tabolisme du corps humain sans interagir directement avec celui-ci ? La r ponse se trouve dans l imagerie m dicale. L imagerie m dicale regroupe les moyens d acquisition et de restitution d images sur la base de plusieurs ph nom nes physiques tels que la r sonance magn tique, la radioactivit , l absorption et att nuation des r-X, la r flexion d ondes d ultrasons, l effet photo lectrique, etc. Dans le but de bien comprendre toutes les techniques existantes, nous aborderons avant tout les principaux l ments qui rendent possibles ces ph nom nes physiques tels que les concepts d atome, de radioactivit , d interaction des particules avec la mati re, d effet photo lectrique ainsi que d autres concepts aussi essentiels que les pr c dents. Lorsque les concepts de base seront bien d finis, nous expliquerons les fondements de chaque technique d imagerie m dicale.

fluoroscopie, mammographie et tomographie axiale calculée par ordinateur), celles qui foment ce ue l’on appelle la médecine nucléaie (scintigaphie, tomogaphie pa émission de photons et tomographie pa émission de positons) ainsi ue les techniues d’imageie pa résonance magnéti ue et d’imageie pa ultasons.

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1 GTS503 - HIVER 2013 | COURS 3 : IMAGERIE M DICALE p. 01 COURS 3 : IMAGERIE M DICALE 1 INTRODUCTION Comment peut-on tudier la physiologie ou le m tabolisme du corps humain sans interagir directement avec celui-ci ? La r ponse se trouve dans l imagerie m dicale. L imagerie m dicale regroupe les moyens d acquisition et de restitution d images sur la base de plusieurs ph nom nes physiques tels que la r sonance magn tique, la radioactivit , l absorption et att nuation des r-X, la r flexion d ondes d ultrasons, l effet photo lectrique, etc. Dans le but de bien comprendre toutes les techniques existantes, nous aborderons avant tout les principaux l ments qui rendent possibles ces ph nom nes physiques tels que les concepts d atome, de radioactivit , d interaction des particules avec la mati re, d effet photo lectrique ainsi que d autres concepts aussi essentiels que les pr c dents. Lorsque les concepts de base seront bien d finis, nous expliquerons les fondements de chaque technique d imagerie m dicale.

2 Nous traiterons par la suite des modalit s des techniques que nous diviserons en trois groupes : les techniques qui utilisent les rayons X (radiographie plane, fluoroscopie, mammographie et tomographie axiale calcul e par ordinateur), celles qui forment ce que l on appelle la m decine nucl aire (scintigraphie, tomographie par mission de photons et tomographie par mission de positons) ainsi que les techniques d imagerie par r sonance magn tique et d imagerie par ultrasons. Par la suite, nous d crirons les diff rentes propri t s des images en se concentrant sur le contraste et la r solution spatiale de celles-ci. Une section sera consacr e la production de rayons X et la description des tubes rayons X et des g n rateurs. Nous retrouverons galement un tableau r sumant les types d appareils par technique utilis s dans les h pitaux du Qu bec. GTS503 - HIVER 2013 | COURS 3 : IMAGERIE M DICALE p. 02 2 NOTIONS DE BASE EN IMAGERIE: L ATOME ET LE RAYONNEMENT L ATOME L atome est la plus petite division d un l ment dans lequel l identit chimique est maintenue.

3 Il est compos d un noyau dense, charg positivement qui contient des protons et des neutrons et un nuage extranucl ique d lectrons charg s n gativement. Dans un tat non-ionis , l atome compte autant de charges positives que n gatives. Dans le mod le de Bohr, (Niels Bohr, 1913) les orbites des lectrons sont distance fixe du noyau. Chaque lectron occupe un tat d nergie fixe, ce qui conf re l atome des couches lectroniques auxquelles on assigne les lettres K, L, M, N, O, P, ou la couche K est la plus profonde (la plus proche au noyau). Les couches ont galement un nombre quantique n qui prend les valeurs 1, 2, 3, 4, etc., pour K, L, M, etc., respectivement. Chaque couche ne peut contenir que 2n2 lectrons. Donc, la couche K (n=1) ne peut contenir que deux lectrons, la couche L (n=2) peut en contenir 2 (2)2= 8, etc. Figure 1: Mod lel de Bohr. Exemplification avec l atome de chlore (17 lectrons) Source : Le noyau de l atome est compos de neutrons ( l ments sans charge lectrique) et de protons ( l ments de charge lectrique positive).

4 Le nombre de protons correspond au num ro atomique Z et le nombre de protons et de neutrons dans un noyau correspond au nombre de masse A ( ne pas confondre avec la masse atomique qui correspond la masse de l atome au complet). titre d exemple, le nombre de masse A de l oxyg ne-16 est 16 (8 neutrons et 8 protons) alors que la masse atomique est La notation est habituellement la suivante: AZXN. Dans cette notation, Z et X sont redondants puisque le nombre de protons est g n ralement contenu dans le nom chimique (H, Hydrog ne, correspond Z=1, He, H lium, correspond Z=2, et ainsi de suite, en suivant le tableau p riodique). Le nombre de neutrons est calcul par N=A (nombre de masse) Z (nombre de protons). La charge de l atome est donn e par un exposant droite. GTS503 - HIVER 2013 | COURS 3 : IMAGERIE M DICALE p. 03 Dans le noyau, il existe une force nomm e force nucl aire.

5 Une force autre qu' lectrostatique ou lectromagn tique s'exer ant entre nucl ons ( l ments du noyau) et qui assure la coh sion du propre noyau. Une telle force est essentiellement attractive et tr s court rayon d'action. Un atome (m me un ion ou une mol cule en g n ral) a un niveau d nergie associ . Le niveau d nergie est un tat quantique stationnaire quivalent une nergie interne particuli re. Cette nergie s'exprime souvent en lectronvolts mais, de pr f rence, en kilojoules par mole (unit s du syst me international). NERGIE DE LIAISON L nergie n cessaire pour retirer un lectron compl tement de l atome est appel e nergie de liaison. Par convention, les nergies de liaison sont n gatives et augmentent avec la proximit de la couche au noyau. Pour qu un atome puisse s ioniser, c'est- -dire pour qu il devienne charg lectriquement, on a besoin d un transfert nerg tique quivalent ou sup rieur son nergie de liaison.

6 Cette nergie peut tre donn e par un photon ou une forme corpusculaire d une radiation ionisante. L nergie de liaison augmente avec le nombre de protons dans le noyau et d pend donc du nombre atomique (Z). Dans l exemple cit ci-dessous, l lectron de la couche K du tungst ne est beaucoup plus fortement li l atome que l lectron de la couche K de l atome d hydrog ne. CASCADE DES LECTRONS Lorsqu un lectron est retir de sa couche par un photon X ou gamma, il subsiste une lacune dans la couche. Cette lacune est g n ralement remplie par un lectron provenant d une couche sup rieure, qui lui-m me est remplac par un lectron d une couche sup rieure et ainsi de suite. C est ce qu on appelle la cascade d lectrons. L nergie lib r e est quivalente Figure 2 : Variation du niveau nerg tique de liaison selon le nombre atomique (Z) Source : JT Bushberg et al., 2002 , GTS503 - HIVER 2013 | COURS 3 : IMAGERIE M DICALE p. 04 la diff rence d nergie de liaison entre la couche d origine et la couche finale de l lectron.

7 Cette nergie est lib r e sous forme de rayons X (figure 3) ou d lectrons Auger (figure 4). Figure 3 : nergie lib r e sous forme de rayons X Figure 4 : nergie lib r e sous forme d lectrons Auger Source : JT Bushberg et al., 2002, Une transition de la couche M la couche K d un atome de Tungst ne produirait un rayon X de E(K ) = EK-EM = = 67keV. L nergie de liaison tant E . RADIOACTIVIT Seules certaines combinaisons de neutrons et de protons sont stables. Les atomes poss dant un nombre impair de neutrons, un nombre impair de protons et une masse atomique lev e ont tendance tre instables. Par contre, avec le temps, ces noyaux instables vont aller vers un tat stable. Il existe deux types d instabilit , l exc s de neutrons et le d ficit de neutrons. Ce type de noyau a un exc s d nergie compar aux noyaux o il n y a pas ces d s quilibres. L quilibre est n anmoins atteint par conversion d un neutron vers un proton ou vice versa et cette conversion s accompagne d mission d nergie.

8 Cette mission d nergie inclut des particules et des radiations. Les noyaux qui se transforment d un tat instable un tat stable sont dits radioactifs et le processus de transformation est appel d croissance radioactive. Cette d croissance radioactive peut passer par diff rents stades avant d atteindre un atome stable. Par exemple, l uranium-238 (isotope de l uranium avec un nombre de masse quivalent a 238) subit 14 transformations avant d atteindre un tat stable qui est le plomb-206 (isotope du plomb avec un nombre de masse de 238). On parle de noyau pr curseur (celui qui m ne la radioactivit et qui est toujours instable) et de noyau engendr (celui ayant subi la d croissance radioactive et qui peut tre instable ou stable). La d croissance radioactive d un atome radioactif forme g n ralement un noyau engendr dans un tat excit . La radiation lectromagn tique qui est mise par le noyau qui passe d un tat d nergie sup rieur un tat d nergie inf rieur est appel e rayon gamma.

9 Cette transition est analogue l mission de rayons X lors d une ionisation d atomes. Mais comme l nergie n cessaire r quilibrer l nergie dans un noyau est beaucoup plus importante, les rayons gamma sont g n ralement beaucoup plus nerg tiques que les rayons X. GTS503 - HIVER 2013 | COURS 3 : IMAGERIE M DICALE p. 05 Il existe une autre m thode lorsque la d sexcitation ne se fait pas par mission de rayonnement gamma : la conversion interne. Ce processus de d sexcitation se fait par transfert orbital d lectrons. L lectron est ject de l atome avec l nergie cin tique quivalente au rayonnement gamma moins l nergie de liaison. INTERACTION DE PARTICULES AVEC LA MATI RE Il faut diff rencier le comportement des particules lourdes avec celui des particules l g res. D un c t , on entend par lourdes les particules beaucoup plus lourdes que les lectrons, c est- -dire toutes les particules l exception des lectrons eux-m mes puis des positrons (m me masse que l lectron mais avec une charge lectrique positive).

10 Pour ce genre de particules, la perte d nergie est domin e par leur interaction lectromagn tique avec les lectrons atomiques : processus d excitation et d ionisation. D un autre c t , la perte d nergie des particules l g res ( lectrons et positrons) est d tect e principalement gr ce l observation de la perte d nergie par rayonnement (processus expliqu ci-dessous). Une autre distinction importante entre des particules l g res et lourdes est leur cheminement dans la mati re. Les lectrons suivent des chemins tortueux, r sultat de la diffusion caus e par l attraction ou la r pulsion coulombienne. Par contre, les particules plus lourdes ont un cheminement plus direct. On peut voir ce ph nom ne dans la figure 5 suivante. Figure 5. Cheminement dans la mati re. L lectron gauche et le photon alpha particule lourde droite. Source : JT Bushberg et al. 2002, p. 34. L excitation est le transfert d une partie de l nergie de la particule incidente vers des lectrons dans le mat riau absorbant.


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