Transcription of LE COMPTE RENDU D’EXPRESSION ECRITE - …
1 De Langue Fran aise. Mohamed Djoudi _____ 1 LE COMPTE RENDU D EXPRESSION ECRITE . Il ne sert rien d valuer si ce n est pour permettre l apprenant un retour clair sur son texte : apprendre crire, c est sans doute apprendre r crire Martine MARQUILLO. Le COMPTE - RENDU de r daction est la derni re tape d un apprentissage inscrit dans le cadre d une s quence p dagogique. Ainsi c est travers la correction de copies d l ves que l enseignant va observer le degr de r investissement par les apprenants du mod le d expression et les notions morphosyntaxiques qu il avait auparavant dispens s tout le long de la s quence.
2 Le COMPTE - RENDU dans la s quence. Fonction principale Pourquoi ? Quoi ? Quand ? Qui ? Caract ristiques : Fonctions annexes Diagnostique. Faciliter l apprentissage de l apprenant et pour le professeur r guler son enseignement. Obtenir des informations sur les difficult s rencontr es par les l ves dans le r investissement du mod le discursif. - Fin de la s quence - Enseignant - Apprenant. - Formative. - Evaluation continue crit ri e et sommative. - Guider, - Corriger, - Rem dier, - Renforcer, - Aider, - V Le COMPTE - RENDU est donc un moment important de rem dier aux difficult s rencontr es par les l ves dans leur textualisation (production crite).
3 La s ance du COMPTE - RENDU va fonctionner par rapport aux apprenants, en premier lieu, comme un moment-miroir qui devrait les inviter r fl chir sur le pourquoi de chacune de leurs erreurs et en second lieu, les contraindre mette en uvre une strat gie pour g rer ces erreurs afin de les corriger et de les d passer. Le COMPTE - RENDU n est pas seulement une aide l apprentissage, c est aussi un objet de mesure et d appr ciation de l volution de la comp tence des l ves la fin de la s quence avant d entamer celle qui va suivre dans le cadre du projet didactique en cours de r alisation. Toutefois, cette s ance ne peut tre utile que si elle fait partie d un enseignement/apprentissage s appuyant sur la p dagogie par objectifs.
4 En effet, les activit s de r criture qui seraient pr vues dans la s ance de COMPTE - RENDU ne peuvent tre efficaces que si ces exercices rel vent de pr suppos s linguistiques et didactiques coh rents. Il est videmment, peu ais de conna tre les comp tences communicatives de ses l ves s ils sont test s sur un contenu de type structural ou d tude morpho-syntaxique. Ce qui nous emm ne poser le probl me du lien entre objectif et valuation. En effet, l valuation formative ne peut se concevoir aujourd hui sans y associer la notion d objectif d apprentissage. Ces deux notions sont devenues totalement li es et incontournables : Aucun processus d valuation n a de sens ind pendamment des objectifs d apprentissage vis s, r ciproquement, l objectif n existe v ritablement que s il inclut dans sa description m me ses modes d valuation.
5 Louis PORCHER. Par ailleurs, pour tre pertinente, une valuation doit tre valide c est- -dire qu elle doit mesurer exactement et exclusivement ce qu elle est cens e mesurer Il doit donc y avoir correspondance entre contenu du test, surtout au niveau de sa consigne et l objectif de l apprentissage. C est vrai que ce n est pas toujours facile obtenir, mais lorsque l on n value que la ma trise de l objectif op rationnel bien con u et bien construit, cette qualit s obtient ais ment. Il est faire remarquer malheureusement que l impact de la consigne de travail est fr quemment sous-estim et on assiste par cons quent le plus souvent des d rives et des distorsions observ es par la suite, dans des copies d l ves, ayant pour origine des ambigu t s dans la formulation des sujets de r daction qui en outre n explicitent que rarement les crit res de r ussite.
6 De Langue Fran aise. Mohamed Djoudi _____ 2 Conclusion : Se baser sur des objectifs op rationnels pour enseigner et valuer n est pas un but en soi, car cela ne suffit pas faire progresser l l ve. C est la s ance de COMPTE - RENDU , en fin de la s quence, gr ce, essentiellement, aux r sultats analys s des travaux d l ves, qui est importante puisque cette s ance est le moment , dans la s quence, qui va montrer l enseignant et aux apprenants si l objectif annonc au d part a t atteint ou pas.
7 Ainsi ces r sultats, dans une valuation formative, aideront chacun, l int rieur du tandem enseignant/apprenant, ma triser son r le. Le professeur, en faisant son diagnostic, ne pourra ignorer les lacunes et les points forts de l l ve et ce dernier saura tout moment o il en est, sur quoi s appuyer et l tendu de l effort qu il lui reste fournir. Pour l un comme pour l autre, cette s ance, si elle est s rieusement int gr e l apprentissage va tre un appui, une aide. Elle ne sera plus per ue comme une s ance inutile, mais plut t un outil n cessaire dont on se servira pour construire efficacement l apprentissage guid de l crit dans la dur e en sachant vraiment o l on va.
8 Car en ce qui concerne l enseignant, son r le est effectivement d emmener l l ve d un tat initial X un tal final ou interm diaire Y, travers un cursus de formation pr alablement d termin dont le contenu et les objectifs devraient tre communiqu s aux apprenants puis discut s avec eux. Ainsi, les apprenants sont impliqu s dans cette dynamique d apprentissage dont ils sont la cible. C est pourquoi le professeur doit se donner les moyens d valuation et de rem diation n cessaires et efficaces pour mener bien sa mission. Le COMPTE - RENDU d expression- crite doit tre per u dans cette nouvelle vision . Il est par cons quent, n cessaire de remettre en question cette mani re traditionnelle de corriger qui se limite g n ralement des ph nom nes de surface (orthographe, grammaire, ) ou des remarques verdictives ( mal dit, maladroit, impropre, ) qui le plus souvent ne veulent rien dire pour nos l ves.
9 Au contraire le COMPTE - RENDU de r daction doit s orienter vers la correction des dysfonctionnements de la composante textuelle et discursive dans les reproductions crites de nos l ves. Aussi le professeur doit-il tre capable de relever, dans les copies de ses l ves, ces erreurs textuelles, d analyser leurs incidences et leurs port es afin de pouvoir prescrire une modification pour l apprenant. JUNG, le m decin et psychologue suisse (1895-1961) disait aux psychoth rapeutes et demandons-nous si ce qu il leur conseille n est pas vrai aussi pour les enseignants, face aux erreurs des l ves dans la construction de leur savoir : Ce qui est, r ellement, c est ce qui se montre actif.
10 Si ce qui m appara t comme une erreur est en fin de COMPTE plus efficace et plus puissant qu une pr tendue v rit , il importe d abord de suivre cette erreur, car c est en elle que gisent la force et la vie, que je laisserais chapper si je pers v rais dans ce qui est r put vrai. La lumi re n cessite l obscurit , sans laquelle elle ne saurait tre lumi re. En effet, notre conception de l erreur est remettre en question. Ne faut-il pas faire de la dynamique de l erreur un facteur d int gration et non d exclusion, par sa prise en COMPTE , dans un premier temps, comme l gitime et comme passage oblig ? Oui, laisser vivre les erreurs car toute erreur peut tre cr atrice et devenir la non-erreur -provisoire elle aussi- de demain ; mais a ne sera possible que si notre enseignement est centr sur l l ve, sans bien entendu perdre de vue les r f rences de l cole.