Transcription of Les cahiers de L’ADAPT
1 L ADAPT - Association pour l insertionsociale et professionnelle des personnes handicap esDyspraxie :du diagnostic l emploi Les cahiers de L ADAPT#169 - 1er semestre 2012 - 5 P2En novembre 2011, L ADAPT a organis , pendant la Semaine pour l emploi des personnes handicap es, des forums emploi/handicap,des Jobdatings et des Handicaf s permettant 10 000 candidatsde rencontrer2 500 le cadre de ses activit s sanitaires, sociales et m dico-sociales,L ADAPT prodigue soins et r ducation et propose orientation, formation et aide l insertion professionnelle chacun de ses b n ficiaires. La mission qu elle m ne depuis plus de 80 ans : accompagner la personne handicap e dans son combat ordinaire, celui de sa vie quotidienne, pour que tous, nous puissions Vivre ensemble, gaux et diff rents (Projet Associatif 2011 - 2015).1 200 adh rents24 administrateursLe R seau des R ussites, pour parrainer b n volement un travailleur handicap dans sa recherche d emploi :27 Comit s des R ussites, 310 parrains b n voles, 420 personnes parrain es1997 : Cr ation de la Semaine pour l emploi des personnes handicap es2003 : Organisation des Etats g n raux de la citoyennet des personnes handicap es2004 : Cr ation des Jobdatings 2007 : Cr ation des Handicaf s 2009 : Conf rence La place du secteur associatif dans la conception des politiques sanitaires et sociales lors des 80 ans de L'ADAPT2011 : Colloque Emploi et handicap : la question d'une seule semaine ?
2 L'occasion de l'inauguration de la 15e dition de la Semaine pour l'emploi des personnes handicap esaccompagner40 services scolaire,professionnel, social,culturel accompagnent1 350 1 tablissements de soins de suite et de r adaptation r duquent 3 500 tablissements et services accueillent plus de 760 rer25 ESAT dont 12 Hors-les-murs permettent 920 personnes de travailler en milieu prot g .former15 centres de r ducationprofessionnelle forment pr s de 4 900 000personnes 500salari ADAPTen chiffres1 200adh rents024administrateursLe R seau des R ussites, pour parrainer b n volement un travailleur handicap dans sa recherche d emploi :27 Comit s des R ussites,310parrains b n voles,420personnes parrain esLES cahiers DE L'ADAPT #169 P3 Sommaire6LA DYSPRAXIE, TROUBLE DU COMMENT FAIRE 10 PARCOURS DIAGNOSTIQUE15 PARCOURS TH RAPEUTIQUE19 PARCOURS DE SCOLARISATION24 PARCOURS D ACCOMPAGNEMENT SOCIAL ET PERSONNEL28 PARCOURS DE PROFESSIONNALISATION33 POUR EN SAVOIR PLUSP4 LES cahiers DE L'ADAPT #169 P5 Depuis plus de 20 ans, L ADAPT s est engag e pour faire conna tre et reconna tre la dyspraxie, un trouble qui concerne 5 6% d une classe d ge.
3 Il y a donc n cessit imp rieuse communiquer sur ce trouble du geste particuli rement handicapant, avec des impacts souvent insoup onn s sur la vie quotidienne. Par son implication constante, L ADAPT a fait progresser la connaissance dans ce domaine. Elle organisait en 2006 un colloque d di . Elle n a cess d alimenter ses r seaux sur ce sujet, tout en misant sur le d veloppement d une offre de formation tr s large destin e de nombreux professionnels. Pour informer tous les acteurs, notre association a dit des petits guides pratiques qui s adressent aux sp cialistes L ADAPT : Quel panorama pouvez dresser de la dyspraxie aujourd hui ?La dyspraxie est un trouble sp cifi que qui peut avoir des cons quences tr s importantes en termes de handicaps, et pourtant elle est encore mal reconnue. Ainsi, il existe tr s peu de services d di s qui peuvent proposer un v ritable projet th rapeutique construit en parall le avec un projet scolaire, social et enfi n professionnel.
4 Le diagnostic est souvent pos tardivement. Il est fr quent, aujourd hui, de rencontrer des adultes r cemment diagnostiqu s qui ont beaucoup souffert sur le plan personnel du fait de la non reconnaissance de leurs troubles et qui demandent de l aide pour pr parer une (r )orientation ADAPT : Comment l association r pond-elle aujourd hui tous ces besoins ?L ADAPT s est engag e tr s t t sur le sujet de la dyspraxie gr ce la pr sence du docteur Mich le Mazeau, comme m decin sp cialiste au sein du SESSAD de Paris. Depuis lors, l association a du secteur, aux enseignants et aux parents. Sans omettre de sensibiliser les pouvoirs publics. La dyspraxie est devenue l un des p les d expertise de L ADAPT sur laquelle notre association continue de s investir. C est toute l ambition de ces cahiers de L ADAPT qui lui sont exclusivement consacr s :un vaste panorama des diff rentes tapes de la prise en charge, du diagnostic jusqu l emploi.
5 Notre ambition : cesser de consid rer la dyspraxie comme un piph nom ne dans la sph re des dys et consid rer tous les projets innovants sur le sujet qui permettront tous de Vivre ensemble, gaux et diff rents , l ambition de notre projet associatif 2011-2015. toujours mis en avant les travaux et les initiatives r alis s dans ce domaine et a donn les moyens pour en inciter le d veloppement. Apr s avoir favoris la connaissance de ces troubles et la formation des professionnels dans les tablissements et services pour enfants, aujourd hui, ce sont les centres pour adultes qui sont sensibilis s et encourag s s investir sur cette question. L ADAPT : Quelles sont, selon vous, les priorit s pour faire avancer le sujet ?Aujourd hui, pour avancer, il faut faire reconna tre, par les pouvoirs publics, l importance du nombre d enfants et d adultes concern s par ce trouble sp cifi que et la n cessit d agir pour que ces personnes puissent enfi n recevoir les soins, r ducations, accompagnements et aides, techniques ou humaines, dont ils ont besoin.
6 Des projets de services sp cialis s ont t d pos s mais ils n ont pu tre cr s faute de fi nancements. Il faut maintenant leur permettre d ouvrir et de poursuivre ce d veloppement.{ ditorialQuestions Ghislaine MauclertL ADAPT et la dyspraxie, c est une longue histoire. Le point avec Ghislaine Mauclert, directrice du SESSAD L ADAPT Paris et r f rente sur la question. ric Blanchet{ Directeur g n ral de L'ADAPTG hislaine Mauclert{ Directrice du SESSADde L'ADAPT/Paris CESSER DE CONSID RER LA DYSPRAXIE COMME UN PIPH NOM NE P6{ La dyspraxie, trouble du comment faire La dyspraxie associe le mot praxie qui signifie geste et dys qui veut dire qui fonctionne mal . Une d finition succincte qui dissimule un vaste champ de troubles et de handicaps. L ADAPT a d velopp une expertise particuli re sur les troubles dyspraxiques qui repr sentent 5,65% des pathologies des enfants accueillis au sein de ses services en 2010. Dans le cadre de son nouveau projet associatif 2011-2015 Vivre ensemble, gaux et diff rents , elle maintient son engagement travers de multiples dispositifs et dyspraxie est l une des composantes de la constellation dys et troubles sp cifiques des apprentissages, c'est- -dire des troubles lectifs du d veloppement d une fonction intellectuelle, l intelligence g n rale de l enfant (raisonnement logique, cat gorisation, abstraction) tant pr serv e.}}}}
7 Selon la Haute autorit de sant publique, pr s de 4 millions de personnes, en France, sont concern es par l ensemble de ces troubles, soit 6 8% de la population. Le plus souvent invisibles, ils n en constituent pas moins des alt rations substantielles et durables des fonctions cognitives. QU EST-CE QUE LA DYSPRAXIE ?Une praxie est le r sultat d une coordination motrice et spatiale volontaire, non spontan e, issue d un apprentissage. Pour la plupart d entre nous, une fois le processus acquis, nos gestes semblent d finitivement spontan s et deviennent automatiques. Or, chez l enfant dyspraxique, ce trouble structurel du d veloppement de l int gration c r brale des actions entrave la coordination et la planification. Il se manifeste par des anomalies du geste, de l espace, et s exprime cliniquement par une maladresse pathologique. On parle aussi de TAC (trouble de l'acquisition de la coordination).
8 Ces troubles peuvent aussi toucher la motricit bucco-phonatoire, qui permet la parole, mais ces anomalies font alors partie du domaine des troubles du langage (dysphasies et dysarthries). En effet, la grande majorit des jeunes dyspraxiques ne pr sentent aucun trouble de la parole ni du langage. L Organisation mondiale de la sant (OMS) d finit la dyspraxie, dans la 10e r vision de la Classification internationale des maladies (CIM 10), comme un trouble sp cifique du d veloppement moteur dont la caract ristique essentielle est une alt ration du d veloppement de la coordination motrice non imputable un retard intellectuel ou une affection neurologique sp cifique cong nitale ou acquise. La personne dyspraxique (en l'absence de toute paralysie ou autre pathologie des muscles impliqu s dans les mouvements) doit donc sans cesse r apprendre ses gestes et en contr ler volontairement la r alisation.
9 Un tel effort rend la r alisation des mouvements de la vie courante difficile. Ouvrir une porte, par exemple, suppose un encha nement complexe : mettre la main sur la poign e, la tourner, pousser la Chaque geste est r alis avec une immense lenteur, sous un contr le constant, source de fatigue. Il existe plusieurs formes de praxies, et donc autant de dyspraxies : dyspraxies globales (nager, conduire, s ), constructives (faire des puzzles, l ), r flexives (imiter des ), id atoires (repasser, plier une ), id omotrices (faire un signe en guise d ). Toutes ces praxies comportent divers degr s une composante visuo-spatiale. Ces troubles ont des r percussions dans de nombreux domaines, impactant la fois la motricit globale et fine. Plus g n ralement, ils perturbent la scolarit , l insertion sociale et l acc s l emploi. On peut alors l gitimement parler de handicap.
10 Mais celui-ci s av re le plus souvent invisible, au risque d engendrer des incompr hensions et interpr tations erron es dans l environnement de la personne concern e, ce qui peut entra ner d pressions, autod pr ciation ou phobies scolaires. COMMENT SE MANIFESTE-T-ELLE ?De quelle mani re la dyspraxie affecte-t-elle les gestes du quotidien ? Comment peut-on rep rer ce type de troubles ? Les manifestations les plus courantes sont : une grande maladresse, de la lenteur et un manque d autonomie dans les activit s de la vie quotidienne (habillage, ), des difficult s manipuler les objets (outils, ciseaux, gomme, agrafes), suivre les r gles du jeu. Les r alisations motrices ou graphiques peuvent tre m diocres, informes, brouillonnes ( criture en lettres b tons), et on observe des probl mes s organiser, retrouver ses affaires. Au niveau des apprentissages scolaires, on note des difficult s LES cahiers DE L'ADAPT #169T moignage SAMUEL SEGUIN, Dans la peau d un dyspraxique Imagine que, toute la journ e, tu es en classe avec un casque sur les oreilles qui diffuse de la musique tr s fort, raconte Samuel, 14 ans, ses camarades de classe pour leur expliquer son trouble.