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migrants agricole - CISO

1B3 FicheTrousse d information sur le droit international et l action syndicaleSection B : Fiche B3Le travail migrant, un enjeu prioritairedans le contexte de la mondialisationLes travailleurs migrants dans le secteur agricole au Qu becet au CanadaD origine mexicaine, Juan a 35 ans et travaille comme ouvrier agricole sur une ferme tout pr s de Joliette. la ferme, les conditions de travail sont difficiles : il n est pas rare que Juan travaille plus de 70 heures par semaine, effectuer des t ches ardues et r p titives. L quipement utilis n est pas toujours s curitaire et les accidents sont fr quents. De plus, Juan doit cohabiter avec cinq de ses compatriotes dans une chambre minuscule, situ e proximit d un b timent o sont entrepos s des produits toxiques. Bien que ses conditions de travail et de vie soient tr s difficiles, Juan h site demander des am liorations son patron, car il veut garder cet emploi qui lui permet d assurer la subsistance de son pouse et de ses 3 enfants qui l attendent au B : Le travail migrant, un enjeu prioritaire dans le contexte de la mondialisation2 Qui sont les travailleurs agricoles migrants au Canada ?

1 Fiche 3 Trousse d’information sur le droit international et l’action syndicale Section B : Fiche B3 Le travail migrant, un enjeu prioritaire dans le contexte de la mondialisation

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1 1B3 FicheTrousse d information sur le droit international et l action syndicaleSection B : Fiche B3Le travail migrant, un enjeu prioritairedans le contexte de la mondialisationLes travailleurs migrants dans le secteur agricole au Qu becet au CanadaD origine mexicaine, Juan a 35 ans et travaille comme ouvrier agricole sur une ferme tout pr s de Joliette. la ferme, les conditions de travail sont difficiles : il n est pas rare que Juan travaille plus de 70 heures par semaine, effectuer des t ches ardues et r p titives. L quipement utilis n est pas toujours s curitaire et les accidents sont fr quents. De plus, Juan doit cohabiter avec cinq de ses compatriotes dans une chambre minuscule, situ e proximit d un b timent o sont entrepos s des produits toxiques. Bien que ses conditions de travail et de vie soient tr s difficiles, Juan h site demander des am liorations son patron, car il veut garder cet emploi qui lui permet d assurer la subsistance de son pouse et de ses 3 enfants qui l attendent au B : Le travail migrant, un enjeu prioritaire dans le contexte de la mondialisation2 Qui sont les travailleurs agricoles migrants au Canada ?

2 Comme nous l avons vu dans la fiche pr c dente, les personnes trang res d sirant uvrer dans le domaine agricole peuvent tre admises au Canada dans le cadre de deux programmes diff rents, soit le Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS) et le Programme des travailleurs trangers temporaires peu sp cialis s (PT T-PS). Notons que le PTET-PS, la diff rence du PTAS, ne se limite pas au secteur agricole , mais permet aussi l embauche de main-d uvre dans des secteurs tels que la restauration, la construction et l exploitation des ressources naturelles. Pour tre accept dans l un ou l autre de ces programmes, une personne doit tre citoyenne d un pays ayant sign une entente avec le Canada. Alors que le PTAS permet surtout de recruter des travailleurs en provenance du Mexique et de la Jama que, le PTET-PS, pour sa part, est principalement investi par des personnes originaires du Guatemala.

3 Puisque ces travailleurs sont majoritairement des hommes, nous avons d cid de privil gier la forme masculine dans cette fiche. Deux programmes pour un m me travail : quel est l enjeu ?Depuis sa cr ation en 2002, le Programme des travailleurs trangers temporaires peu sp cialis s (PT T-PS) conna t une croissance fulgurante par rapport au Programme des travailleurs agricoles saisonniers (PTAS). On peut donc dire que le PT T-PS a ralenti la progression du PTAS, ce qui semble indiquer que plusieurs employeurs privil gient le premier au d triment du second. Depuis 2010, il y aurait m me plus de travailleurs d origine guat malt que ayant un permis de travail temporaire dans le secteur agricole au Qu bec, alors que les Mexicains formaient la client le traditionnelle de ce cr peut expliquer cette croissance rapide de la popularit du PT T-PS par le fait qu il permet d embaucher des travailleurs plus long terme et qu il offre globalement moins de protections que le PTAS.

4 Cela le rend donc plus attrayant aux yeux des employeurs, notamment les grosses entreprises agro-industrielles qui sont en op ration l ann e longue. De plus, le manque de surveillance inh rent ce programme semble laisser les travailleurs trangers temporaires la merci de leur Andr No l, Des loyers ill gaux , La Presse, 3 juillet TUAC Canada et Alliance des travailleurs agricoles, La situation des travailleurs agricoles migrants au Canada du Guatemala sousle PT T-PSmain-D uvre agricole au qu bec (1995-2008)Nombre de personnes 4000 3500 3000 2500 2000 1500 1000 500 095 96 97 98 99 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 SOURCE : Participants de la Jamaique et Mexique sousle PTASB3 FicheSection B : Le travail migrant, un enjeu prioritaire dans le contexte de la mondialisation3 Migration temporaire, agriculture et mondialisation :quels liens peut-on faire ?

5 Globalement, on peut dire que les programmes de migration temporaire dans le secteur agricole r pondent un double besoin : combler des p nuries de main-d uvre dans le secteur agricole au Canada et permettre des personnes trang res de gagner leur vie en migrant temporairement dans notre pays. Cette explication toute simple cache cependant une r alit plus complexe, imbriqu e dans le ph nom ne de la mondialisation n olib rale. pourquoi le canaDa a-t-il besoin De travailleurs agricoles trangers ?Les programmes de migration temporaire dans le secteur agricole ont t cr s dans le but de pallier des p nuries temporaires de main-d uvre. Cependant, puisque le PTAS a t cr en 1966, on peut dire que la p nurie temporaire s est transform e en p nurie permanente. Mais pourquoi donc ? Une partie de l explication r side s rement dans le fait que l agriculture s est beaucoup transform e dans les derni res d cennies au Canada.

6 Bien que le mod le de la ferme familiale d antan continue d exister, il a t peu peu supplant par celui de l exploitation agricole de type industriel. Sans vouloir d moniser une industrie dont nous d pendons tous pour nous nourrir, il faut toutefois souligner que le but de ces entreprises demeure toutefois de faire du profit, dans un march devenu hautement concurrentiel en raison de la d r glementation progressive au plan international, depuis la cr ation de l Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995. Bien entendu, certains types de production continuent d tre prot g s de la concurrence internationale, comme c est le cas au Qu bec avec le lait et les ufs3. Cependant, de nombreux autres types de production font maintenant partie du grand supermarch mondial qui nous permet d avoir acc s, l picerie du coin, des fraises de Californie ou des tomates mexicaines l ann e longue et bas prix.

7 Dans ce contexte, la logique de gestion des entreprises agroalimentaires n est pas diff rente de celles de toute autre entreprise : les co ts de production doivent tre au plus bas, ce qui inclut les salaires et autres avantages vers s aux travailleurs. Et puisque le travail agricole est difficilement d localisable, contrairement aux emplois dans le secteur manufacturier par exemple, on choisit d importer de la main-d uvre trang re afin de combler des emplois dont les Canadiens ne veulent pas, en raison des conditions de travail trop difficiles dans ce secteur. pourquoi Des travailleurs trangers ont-ils besoin De migrer temporairement au canaDa ?Puisqu ils forment la majorit de la main d uvre agricole migrante au Qu bec, nous nous int resserons ici plus particuli rement au cas des travailleurs agricoles mexicains et guat malt ques, qui se d placent principalement en raison de l absence de travail d cent dans leur pays d origine.

8 Bien qu il soit difficile de brosser un portrait complet des raisons qui poussent les gens migrer, nous tenterons de mettre en lumi re quelques facteurs importants. Depuis une trentaine ann es, l cart s est agrandi entre le niveau de vie des populations du Mexique et du Guatemala d une part, et celles du Canada et de l ensemble des pays industrialis s d autre part. La mise en uvre de politiques d aust rit par les institutions internationales comme le Fonds mon taire international (FMI) a eu des impacts importants dans ces deux pays : r duction des effectifs au sein de la fonction publique, privatisations massives et coupures dans les services et programmes publics, ce qui a engendr du ch mage, un effritement des protections sociales et une plus grande pauvret . 3 C est le syst me qu on appelle la gestion de l offre. B3 FicheSection B : Le travail migrant, un enjeu prioritaire dans le contexte de la mondialisation4 Dans le cas du Mexique, ces politiques ont galement eu un fort impact au niveau du travail agricole , car elles ont exig une r forme des politiques agraires, dans le but de rendre l conomie mexicaine plus performante.

9 Cela s est traduit par la privatisation de terres communales, qui, par la suite, ont pu tre achet es par des capitaux trangers en raison de l accord de commerce entre le Canada et les tats-Unis (AL NA)4. R sultat ? Des milliers de paysans ont perdu leur terre et ceux qui continuent vivre de l agriculture se retrouvent en concurrence avec les agriculteurs des pays occidentaux, souvent largement subventionn s5. D pouill s de leurs moyens de subsistance et appauvris, plusieurs sont contraints de migrer vers des grandes villes ou des zones franches d exportation6 et d y occuper des emplois pr caires7. Puisque ces travailleurs doivent de toutes fa ons s adapter un milieu urbain tr s distinct des r gions rurales d o ils sont originaires, nombreux sont ceux qui optent pour s installer dans autre pays la recherche d un ouverture des conomies nationales l investissement tranger est un autre l ment qui influence les conditions de vie des populations mexicaines et guat malt ques.

10 Cet investissement se traduit le plus souvent par des projets d infrastructures ou d exploitation des ressources naturelles qui fragilisent les populations agricoles et ont des effets d vastateurs pour les communaut s concern es. Par exemple, les activit s des compagnies mini res l tranger sont plus souvent qu leur tour synonyme de d placements, appauvrissement, pollution, intimidation et r pression dans plusieurs des pays o ces entreprises op rent, comme le Mexique et le Guatemala. Dans certains cas, cela peut forcer la migration des personnes affect es, la recherche d un nouveau moyen de gagner leur recrutement et la gestion de la main-d uvre agricole temporaire au Qu une affaire priv e !Bien que les programmes de migration temporaire soient gouvernementaux, on peut dire sans se tromper queleur gestion est plut t de nature priv e et que plusieurs int r ts divergents sont en jeu. une agence De recrutement toute-puissanteAu Qu bec, le recrutement et la gestion de la main-d uvre temporaire dans le secteur agricole sont centralis es entre les mains de la Fondation des entreprises en recrutement de main-d uvre agricole trang re, mieux connue sous l acronyme FERME.


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