Transcription of Optimiser l ˇutilisation des services de consultation ...
1 1 Note d information strat gique(NIS) fond e sur les bases facteulles Optimiser l utilisation des services de consultation pr natale au cameroun R sum d orientation Cette note d information strat gique a t r dig e par le Centre pour le D veloppement des Bonnes Pratiques en Sant (CDBPS), une unit de recherche au sein du chapitre camerounais de l initiative Evidence Informed Policy Networks (EVIPNet) de l Organisation Mondiale de la Sant Mai 2012 Audience de cette NIS D cideurs politiques et leurs conseillers, gestionnaires en sant et autres parties prenantes int ress es par le probl me soulev par cette note d'information strat gique Pourquoi cette NIS ? Pour informer sur les d liberations faites sur les poltiques et les programmes de sant en r sumant les meilleures bases factuelles disponibles par rapport au probl me et aux solutions viables envisag es Qu'est ce qu'une NIS fond e sur des bases factuelles ?
2 Il s agit de synth se de r sultats de la recherche regroupant des bases factuelles globales issues des revues syst matiques et les bases factuelles locales pour clairer la prise de d cision et informer les d liberations sur les politiques et programmes de sant *Revues Syst matiques : Un r sum des tudes qui r pondent une question clairement formul e et qui utilisent des m thodes syst matiques et explicites pour identifier, s lectionner et valuer de fa on critique les recherches pertinentes et pour collecter et analyser les donn es de cette recherche. Rapport Complet Cette NIS existe sous forme de messages cl s et de r sum d orientation.. 2 Contexte Cette note est une contribution aux d lib rations destin es stimuler l utilisation des services de consultation pr natale recentr e (CPN) par les femmes enceintes pour atteindre l optimum recommand par l OMS (quatre consultations dont une par trimestre et une avant l accouchement).
3 En effet, l utilisation des services est la condition sine qua non de succ s de la campagne pour l acc l ration de la r duction de la mortalit maternelle (CARMMA) qui assure le continuum de soins qui cr e les conditions pour la r duction de la mortalit maternelle. Apr s une description de l ampleur du probl me, de ses cons quences et des facteurs sous jacents, trois options contextualis es partir des donn es probantes issues des revues syst matiques et leurs consid ration de mise en uvre sont d crites. Les aspects sp cifiques de la qualit de la CPN ne sont pas abord s. Ampleur de la sous utilisation des services de CPN Cette situation critique concerne le presque million de (970306) femmes enceintes attendues annuellement au cameroun et leurs conjoints, et les familles et amies des 4500 filles et femmes qui d c dent chaque ann e des suites de couches.
4 La moyenne nationale est estim e une seule CPN par grossesse pour 85% des parturientes dont seulement 60% ont b n fici du minimum de quatre visites (INS, 2011 ; World Bank, 2011). En 2010, seulement 35% des parturientes ont b n fici de la visite pr natale du premier trimestre c..d. avant la fin des douze semaines d am norrh e. Manquer cette premi re visite accro t la morbimortalit maternelle et hypoth que un processus de CPN compl te (Minsant , 2011 ; Bhutta et al., 2005). Le gouvernement s est engag uvrer pour l atteinte des Objectifs du Mill naire pour le D veloppement n 4 et 5 avec notamment le lancement en 2010 de la CARMMA s inscrivant dans le programme sant de la reproduction de la strat gie sectorielle de la sant 2001-2015.
5 Entre autres mesures prises : la subvention ou la gratuit de plusieurs composantes de la CPN telles le d pistage du VIH, les antir troviraux, la vaccination antit tanique, la suppl mentation en vitamine A, le traitement pr ventif intermittent du paludisme, les moustiquaires impr gn es d insecticides, le renforcement de l offre des soins obst tricaux et n onataux d urgence avec notamment des kits de c sarienne etc. (Minsant , 2010). La moyenne nationale du taux d utilisation de la CPN cache une disparit r gionale criarde, un gradient urbain/rural de 96%/76% pour une consultation pendant la grossesse et un gradient avantageux pour les m nages conomiquement plus ais s. L estimation des besoins non satisfaits de CPN est sup rieure 40% dans les r gions de l Est, du Nord-ouest, de l Ouest et du Sud ; il existe une proportion significative de femmes chappant toute CPN dans toutes les r gions avec cependant une plus forte concentration dans le Centre, l Extr me-nord, le Littoral, l Adamaoua, le Nord-ouest, l Ouest et le Sud-ouest.
6 La moiti des femmes acc dent la CPN dans des formations sanitaires informelles ou chez des accoucheuses traditionnelles (Minsant , 2009 ; 2011). La sous utilisation est surtout le fait des m nages jeunes, pauvres et ruraux (World Bank, 2011). Cons quences de l utilisation non optimale des services de CPN Un taux d utilisation 60% limite fortement l impact escompt des mesures prises dans le cadre de la CARMMA. Les efforts financiers pour une limination de la transmission du VIH de la m re l enfant, la pr vention du paludisme, le contr le des an mies et de la malnutrition sont compromis : les intrants achet s sur fonds publics p riment dans les formations sanitaires. Le diff rentiel de la pr valence du VIH parmi les parturientes test es en CPN et celles test es en salle d accouchement estim 7,4%/16,6% (Minsant , 2009 ; 2011) signifie des milliers d occasions manqu es de pr vention de la transmission m re-enfant du VIH.
7 40% des camerounaises en ge de procr er sont an mi es (INS, 2011) et 51% des parturientes sont an mi es (World Bank, 2011); 3l an mie favorise et aggrave l h morragie lors de l accouchement - l une des principales causes de mortalit maternelle, elle peut tre pr venue par le suivi nutritionnel, le d parasitage et la suppl mentation appropri e en fer et folates pendant la grossesse. Seulement 26% des femmes ont compl t leur traitement pr ventif intermittent (TPI) du paludisme alors que des stocks p riment la CENAME et les CAPR (Minsant , 2010). L utilisation non optimale des services de CPN obstrue l initiation du continuum de soins pr nataux, maillon essentiel dans la r duction de la morbimortalit maternelle et p rinatale (Bhutta et al.)
8 , 2005) et contribue au faible taux d accouchement assist . Les quatre r gions parmi les plus pauvres sur le plan mon taire et les moins nantis en personnel soignant contribuent plus des aux 4500 d c s maternels annuels enregistr s. Ainsi, alors que 1,5% de femmes d c dent des suites de complication d une grossesse dans le Littoral, elles sont 5,9% et 6,7% dans le Nord et l Extr me Nord. Le taux d utilisation des moustiquaires chez les femmes enceintes est de 15,4% en milieu urbain contre 10,2% en milieu rural, le taux le plus bas tant observ dans la r gion du Nord (5,0%). Le taux d accouchement assist par un professionnel comp tent est en moyenne de 29,3% dans les trois r gions septentrionales contre 71,9 % dans la r gion du Centre (INS, 2010).
9 Les facteurs sous jacents la sous utilisation de la CPN La sous utilisation des services de CPN dans les pays en d veloppement a fait l objet de nombreuses analyses contextuelles (Bloom et al., 1999) et de revues syst matiques lucidant les facteurs sous jacents (Bhutta et al., 2005 ; Say & Raine, 2007 ; Simkhada et al., 2008). Au plan individuel et familial, les facteurs critiques sont : (i) niveau d instruction de la femme et du conjoint, (ii) statut matrimonial, (iii) revenu du m nage, (iv) emploi salari de la femme, (v) exposition aux m dias, (vi) ant c dents de complications obst tricales, (vii) parit , (viii) ge, (ix) religion, (x) croyances culturelles et (xi) perceptions de la grossesse. La disponibilit , l accessibilit physique, financi re et culturelle ainsi que la qualit de l offre de soins conditionnent son utilisation effective et optimale.
10 Le jeune ge, la pauvret mon taire, le faible niveau d instruction et les paiements directs pour acc der aux services constituent les barri res dont l influence relative est variable selon les contextes. Les l ments environnementaux sont la pauvret , l organisation des soins et les normes socioculturelles r gissant le statut de la femme et surtout de la femme enceinte. Au cameroun , les facteurs sous jacents pr pond rants sont la pauvret mon taire estim e 55% en milieu rural et l exigence de paiements directs pour acc der aux services de CPN (World Bank, 2008), l offre limit e de services de CPN de qualit surtout dans les zones rurales d sert es par les personnels soignants (Mba et al., 2011) et les obstacles socioculturels qui entravent l autonomie des femmes (Africa Progress Panel, 2010 ; Minsant , 2011).