Transcription of KIT PEDAGOGIQUE
1 KIT PEDAGOGIQUEV olet 2 Accompagnement des personnes autistes SOMMAIREPR AMBULE :Comprendre l histoire de l autismePROPOS INTRODUCTIFS :La place des Troubles du Spectre de l autisme (TSA) au sein des Troubles du Neuro-D veloppement (TND)FICHE 1 : tat actuel des connaissances sur les TSAFICHE 2 : Les Recommandations de Bonnes Pratiques Professionnelles (RBPP)FICHE 3 : Suspicion de TSA, diagnostic et valuations fonctionnellesFICHE 4 : Compr hension et gestion des comportements-probl mesFICHE 5 : autisme et soins somatiquesFICHE 6 : Les interventions recommand es2 FICHE 7 : Les m thodes de communication alternative et augment eFICHE 8 : Les interventions non recommand es et non consensuellesFICHE 9 : autisme et scolarisationFICHE 10 : autisme et insertion professionnelleFICHE 11 : autisme et vie affective et sexuelle FICHE 12 : La politique publique de l autisme et ses acteursANNEXE 1 : Sigles3PR AMBULE :Comprendre l histoire de l autismeDans son ouvrage D mences pr coces ou groupe de schizophr nies1 paru en 1911, le psychiatre suisse EUGEN BLEULER utilise pour la premi re fois le mot autisme .
2 Du grec autos qui signifie soi-m me, Bleuler utilise le terme autismus pour parler d une forme s v re de schizophr nie2 . Selon lui, l autisme serait une sorte de m canisme de d fense secondaire permettant la personne de s extraire du monde r el pour s isoler dans un monde l poque, les premiers signes autistiques sont consid r s comme relevant de la notion de d mence infantile 3 .Il faut attendre les ann es 1940 pour que se d veloppent les recherches sur l autisme . En 1943, le p dopsychiatre am ricain L O KANNER, se basant sur l observation empirique de onze enfants en situation de retrait social et pr sentant des difficult s similaires de communication, qualifie l autisme de maladie et le d finit de la mani re suivante : incapacit inn e tablir le contact affectif habituel avec les personnes, telle que biologiquement pr vue, exactement comme d autres enfants viennent au monde avec des handicaps physiques ou intellectuels.
3 Si, par l emploi de l adjectif inn e , il sous-entend une origine biologique, L. Kanner associe galement l autisme au fait d tre n et d avoir volu au sein d une famille peu aimante. Les recherches de l o Kanner constituent un moment cl de l histoire de l appr hension de l autisme dans la mesure o , employant le concept d autisme infantile pr coce , il se d marque de l approche pr c dente consistant associer l autisme la schizophr nie. En effet, tandis que le schizophr ne se retire du monde dans son ensemble, l enfant autiste, lui, fuit seulement les autres tres humains et non les objets qui l entourent avec lesquels il entretient parfois un contact soutenu. Ces travaux ont marqu le champ de l autisme et la notion d autisme de Kanner est encore utilis e. 1911 BLEULERA pparition du terme d autisme , class dans la d mence autisme est une forme s v re de schizophr nie, une d mence autisme est une incapacit inn e tablir un contact affectif habituel.
4 L autisme est diff renci de la schizophr nie. On parle alors d autisme infantile pr E. BLEULER, Dementia praecox oder Gruppe der Schizophrenien, 1911. 2 J. HOCHMANN, Histoire de l autisme , 2009, ditions Odile Didier-Jacques DUCHE Histoire de la psychiatrie de l enfant, 1990, ditions 1943, le psychiatre autrichien HANS ASPERGER4 d crit une psychopathie autistique de l enfance5 . Il a en effet remarqu chez quatre gar ons un manque d empathie, une faible capacit se faire des amis, une conversation unidirectionnelle, une forte pr occupation vers des int r ts sp ciaux et des mouvements maladroits . Asperger pr sente ces quatre gar ons comme ayant des pics de comp tences dans des domaines pr cis, ce qu il nomme les int r ts sp cifiques . C est lui que l on doit l appellation syndrome d Asperger .En 1950, BRUNO BETTELHEIM, dans son ouvrage La forteresse vide, d veloppe une conception psychanalytique de l autisme .
5 Selon lui, l autisme serait le fruit de l ducation re ue, en particulier celle de la m re bas e sur des comportements froids envers l enfant, une attitude glaciale et un manque d amour qui susciteraient chez lui le besoin de s enfermer comme dans une forteresse vide pour se couper du monde ext rieur. A partir de l , deux courants de pens e se d veloppent : d une part, le courant biologiste qui explique l autisme par la g n tique et le neuro-d veloppement ; d autre part, le courant psychanalytique qui voit les causes de l autisme dans l enfance du sujet et notamment dans la carence affective de la m veloppe la notion de Syndrome d Asperger d crite comme une psychopathie autistique de l enfance. 1950 BETTELHEIMIl cherche expliquer l autisme d un point de vue psychanalytique : l autisme se d veloppe par l ducation particuli re de la m re (comportements froids, attitude ).
6 4 Johann Friedrich Karl Asperger, dit Hans Asperger 5 H. ASPERGER, Archiv f r Psychiatrie une Nervenkrankheinten, 144, 76-136, 1969, L o Kanner s est excus publiquement aupr s des m res, jug es auparavant responsables de provoquer l autisme de leur d but des ann es 1970, ERIC SCHOPLER propose une approche innovante de l autisme : Il est le premier dire que les enfants autistes sontcapables de progr s et d volution gr ce une ducationadapt e. Il pr ne la co- ducation, c est- -dire dire la collaborationentre parents et professionnels. Il cr e le programme TEACCH (m thode d ducationstructur e pour enfants et adultes avec autisme ). troubles de la communication verbale et troubles des relations centres d int r ts restreints et/ou des conduitesr p titives1971 SCHOPLERCr ation du programme TEACCH 1980 DSM-3L autisme apparait pour la premi re fois dans un couverte de la notion de triade autistique.
7 6 DSM-5, Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, 5e r vision, publi e par l Association am ricaine de psychiatrie en 2013. L Association am ricaine de psychiatrie, cr e en 1844 et tablie Washington, r unit des membres du milieu hospitalier, des psychiatres et des psychologues am ricains et trangers. En 2018, elle comptait plus de 37 800 met-on ?L Association am ricaine de psychiatrie labore le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM) dont la derni re version a t publi e en 2013 (DSM-5)6. Il s agit de proposer une classification des maladies mentales utilis e principalement par les professionnels de ces maladies dans la pratique quotidienne, l enseignement et la recherche clinique. L autisme apparait pour la premi re fois dans le DSM-3 en 1980, dans la cat gorie de Trouble Global du d veloppement : autisme infantile, syndrome complet et syndrome r 1983, la psychiatre LORNA WING, rapprochant les travaux de Kanner et d Asperger est l origine de la triade autistique et la notion de spectre.
8 Elle est bas e sur une tude de recherche et identifie trois niveaux de signes d'alerte caract ristiques de l autisme : 6En 1984, THEO PEETERS publie autisme : La forteresse clat e (traduit en fran ais en 1988) qui s oppose La forteresse vide de Bettelheim en affirmant que les parents ne sont en rien responsables de l autisme de leur enfant ce qu'affirme la HAS en 2010 dans son tat des connaissances sur l' 1987, l autisme infantile est renomm trouble autistique dans le DSM-3-R, avec les troubles envahissants du d veloppement (TED) non sp cifi s. 1987 DSM-3-RL autisme infantile devient le trouble parents ne sont pas responsables de l autisme de leur enfant. 7L Organisation mondiale de la sant (OMS) a tabli une classification internationale des maladies (CIM) dont les versions se sont succ d es jusqu parvenir aujourd hui une 11 me version dite CIM-11.
9 Elle entrera en vigueur en France partir du 1er janvier 2022. Elle prend en compte et actualise les diff rentes formes que peuvent prendre les maladies. La CIM sert de base pour tablir les tendances et les statistiques sanitaires l chelle mondiale et contient environ 55 000 codes uniques pour les traumatismes, les maladies et les causes de d c s. Elle fournit un langage commun gr ce auquel l ensemble des professionnels de sant peuvent changer des informations CIM-10 de 1992, au sein des troubles envahissants du d veloppement (TED) distingue les troubles suivants : autisme infantile autisme atypique Syndrome de Rett Autres troubles d sint gratifs Troubles hyperactifs avec retard mental et st r otypies Syndrome d Asperger TED sans pr cision En 1994, le DSM-4 reprend une partie des cat gories de la CIM-10. On y trouve d sormais.
10 Troubles Autistiques Syndrome de Rett Trouble D sint gratif de l Enfance Syndrome d Asperger TED non sp cifi (dont autisme atypique)La circulaire interminist rielle (AS/EN n 95-12) du 27 avril 1995 dite circulaire Veil relative la prise en charge th rapeutique, p dagogique et ducative et l insertion sociale des enfants, adolescents et adultes atteints d un syndrome autistique fait apparaitre pour la premi re fois le terme autisme dans un texte juridique fran TED int grent la Classification Internationale des troubles diff rents font partie des TED8La loi Chossy (modifiant la loi n 75-535 du 30 juin 1975 relative aux institutions sociales et m dico-sociales et tendant assurer une prise en charge adapt e de l autisme ) est promulgu e le 11 d cembre 1996 pour garantir un accompagnement pluridisciplinaire aux personnes autistes.