Transcription of La polyglobulie primitive (maladie de Vaquez)
1 Information patientLa polyglobulie primitive (maladie de Vaquez) Fiche d information r dig e par les m decins de la Soci t Fran aise d H matologie (mars 2009)Votre m decin vient de vous r v ler que vous tes atteint d une polyglobulie primitive qui est galement appel e maladie de Vaquez .Le terme polyglobulie signifie que votre moelle osseuse produit un nombre excessif de globules rouges qui passent ensuite dans le sang. La moelle osseuse est le tissu contenu dans les os o sont produites toutes les cellules du sang ( ne pas confondre avec la moelle pini re qui appartient au syst me nerveux). C est au niveau de la moelle osseuse que se situe l origine de la production normale des globules rouges est en grande partie contr l e par l rythropo tine (Epo), un facteur de croissance hormonal.
2 Dans une polyglobulie primitive , il existe une hyperproduction spontan e des globules rouges sans augmentation de l Epo sanguine, contrairement une polyglobulie secondaire , o l augmentation de la fabrication des globules rouges est li e une augmentation de l polyglobulie primitive ou maladie de Vaquez est caract ris e par un exc s de globules rouges provoqu par une hyperproduction de la moelle osseuse. Cette augmentation de production est due la pr sence l int rieur des cellules malades d une prot ine mut e, la prot ine JAK2, qui entra ne une prolif ration non r gul e des cellules l origine des globules rouges (appel es pr curseurs ou prog niteurs).
3 La maladie de Vaquez appartient un groupe de maladies appel es syndromes my loprolif ratifs .C est une maladie assez rare qui touche aussi bien les hommes que les femmes. Elle est le plus souvent diagnostiqu e autour de 60 ans. Son incidence est de l ordre de 10 15 nouveaux cas pour 100 000 habitants par an. La maladie de Vaquez n est ni h r ditaire, ni signes de la maladieLa polyglobulie primitive est une maladie qui volue progressivement, avec peu de sympt mes sp cifiques. Il existe souvent une coloration rouge permanente ( rythrose) de la peau, apparaissant principalement au niveau du visage et des paumes, qui se voit aussi au niveau des muqueuses (bouche, conjonctive).
4 Les patients peuvent se plaindre de maux de t te, de vertiges, de mouches volantes devant les yeux, de bourdonnements d oreille et de fourmillements au bout des doigts. Les crises rythrom lalgiques constituent un sympt me caract ristique mais inconstant de la maladie : il s agit d pisodes douloureux au niveau des extr mit s des pieds ou des mains, s accompagnant de rougeur et de sensations de br lures. Un signe tr s caract ristique est la survenue de fortes d mangeaisons (prurit) d clench es au contact de l eau diagnosticLa polyglobulie est souvent d couverte de mani re fortuite au cours d une prise de sang, et plus sp cifiquement d un h mogramme ( tude quantitative et qualitative des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes).
5 On constate notamment une augmentation du taux d h moglobine et de l h matocrite (c est- -dire le rapport entre le nombre de globules rouges et le volume total de sang).L h matocrite est le crit re le plus vocateur de la maladie. Le diagnostic de polyglobulie est certain lorsque son taux est sup rieur 60 % pour un homme et 56 % pour une femme. Si le taux se situe entre 52 % et 60 % chez un homme et 48 % et 56 % chez une femme, une mesure de la quantit totale de globules rouges dans la circulation sanguine (masse sanguine) est souhaitable. Il s agit d un examen anodin ne comportant que des prises de sang, pratiqu dans un service de M decine Nucl le diagnostic de polyglobulie est pos , il est n cessaire de d terminer s il s agit d une maladie de Vaquez.
6 Une augmentation du volume de la rate (spl nom galie) est alors recherch e au cours d un examen clinique (palpation) et par chographie abdominale. Parall lement, il est regard si l h mogramme montre d autres anomalies dans le sang, en particulier une augmentation des globules blancs et des derni res ann es, un nouvel examen a t mis au point pour confirmer le diagnostic de la maladie de Vaquez. Il s agit d une simple prise de sang permettant d identifier la mutation du g ne JAK2. Cette mutation, qui est acquise au cours de la vie (et n est donc pas h r ditaire), est pr sente dans 95 % des cas. Cet examen se r alise dans la plupart des laboratoires les 5 % de cas o cette mutation g n tique n est pas pr sente, d autres examens compl mentaires peuvent tre requis : culture des cellules de la moelle osseuse l origine des globules rouges et analyse des chromosomes (caryotype) en particulier.
7 Ces examens n cessitent un pr l vement de la moelle osseuse (ponction r alis e sous anesth sie locale).Les notes de votre m decinLes complications possiblesSi la polyglobulie n est pas trait e, des complications thrombotiques peuvent appara tre, c est- -dire l obstruction d un ou plusieurs vaisseaux sanguins (art res ou veines). Celles-ci sont susceptibles d entra ner des phl bites qui peuvent se compliquer d embolies pulmonaires, d accidents vasculaires c r Ces troubles sont d autant plus craindre que des facteurs de risque (tabac, diab te, hypertension art rielle, ob sit , exc s de cholest rol) sont pr long terme, une fibrose peut se d velopper au niveau de la moelle osseuse, ce qui risque d entra ner l apparition d une an mie et l augmentation r guli re du volume de la rate.
8 Apr s de nombreuses ann es d volution, la maladie de Vaquez peut aussi se transformer en leuc mie aigu . Ces volutions s rieuses et tardives restent heureusement tr s traitementLorsque la polyglobulie est importante, c est- -dire avec un h matocrite tr s lev , le premier traitement consiste pratiquer des saign es. Une saign e consiste pr lever entre 300 et 450 ml de sang (selon le poids et la taille). Les saign es permettent de diminuer rapidement l h matocrite et de r duire le risque de lement, le traitement au long cours de la maladie de Vaquez repose sur la prise d un traitement oral dit my lofreinateur qui r duit la production des globules rouges et des plaquettes par la moelle osseuse.
9 Il existe deux m dicaments principaux, cytostatiques, inhibiteurs de la synth se de l ADN, dont l un est un alkylant. L un ou l autre est prescrit doses variables selon chaque patient. En g n ral, le traitement est pris vie . On lui associe souvent de l aspirine faible dose en continu, afin de limiter le risque autres m dicaments sont galement efficaces pour contr ler la polyglobulie primitive . Ils sont g n ralement utilis s soit en cas d intol rance ou d inefficacit des deux m dicaments principaux, soit dans le cadre d essais cliniques. Il s agit de m dicaments immuno-modulateurs (interf rons) et d une toute nouvelle famille de mol cules : les inhibiteurs de tyrosine kinase.
10 Il s agit de m dicaments inhibant la prot ine mut e JAK2 l origine de la maladie. A l heure actuelle, ces inhibiteurs sont r serv s aux formes volu es de polyglobulie surveillanceLe suivi de la maladie peut tre r alis par le m decin traitant, une fois que le sp cialiste qui a pos le diagnostic a prescrit le traitement. Au d but, une surveillance hebdomadaire de l h mogramme est n cessaire. Une fois que le traitement d entretien est mis en place, une surveillance mensuelle, voire plus espac e, est suffisante. Celle-ci reste indispensable car elle permet de s assurer de l efficacit du traitement et d viter tout risque de surdosage qui pourrait entra ner une baisse trop prononc e des cellules sanguines.