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L’Enseignement Supérieur en France

L enseignement Sup rieur en France Etat des lieux et propositions VERSION FINALE Rapport tabli sous la direction de Fran ois Goulard, Ministre d l gu l enseignement Sup rieur et la Recherche L quipe de r daction, anim e par Robert Chabbal, ancien Directeur pour la Science et la Technologie l OCDE, tait notamment compos e de : - R mi Barr , professeur au CNAM - Jean-Pierre Boisivon, D l gu g n ral de l Institut de l entreprise, ancien directeur de l valuation et de la prospective au Minist re de l Education Nationale - Laurent Carraro, Professeur l Ecole des Mines de Saint-Etienne, ancien directeur des tudes de l Ecole des Mines de Saint-Etienne - Philippe Courtier, Directeur de l Ecole Nationale des Ponts et Chauss es - Jean-Jacques Gagnepain, ancien Directeur de la Technologie au Minist re de l enseignement sup rieur et de la Recherche - Dani le Hulin, directrice de recherche au CNRS - Yves Lichtenberger, Professeur l universit de Marne-la-Vall e - Claude Maury, Directeur du Comit d Etudes sur les Formations d Ing nieurs - Alain Menand, Professeur l Universit de Rouen - Bernard Meunier, ancien Pr sident du CNRS - Michel Qu r , Directeur du CEREQ - Yannick Vall e.

L’Enseignement Supérieur en France Etat des lieux et propositions VERSION FINALE Rapport établi sous la direction de François Goulard, Ministre délégué à

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Transcription of L’Enseignement Supérieur en France

1 L enseignement Sup rieur en France Etat des lieux et propositions VERSION FINALE Rapport tabli sous la direction de Fran ois Goulard, Ministre d l gu l enseignement Sup rieur et la Recherche L quipe de r daction, anim e par Robert Chabbal, ancien Directeur pour la Science et la Technologie l OCDE, tait notamment compos e de : - R mi Barr , professeur au CNAM - Jean-Pierre Boisivon, D l gu g n ral de l Institut de l entreprise, ancien directeur de l valuation et de la prospective au Minist re de l Education Nationale - Laurent Carraro, Professeur l Ecole des Mines de Saint-Etienne, ancien directeur des tudes de l Ecole des Mines de Saint-Etienne - Philippe Courtier, Directeur de l Ecole Nationale des Ponts et Chauss es - Jean-Jacques Gagnepain, ancien Directeur de la Technologie au Minist re de l enseignement sup rieur et de la Recherche - Dani le Hulin, directrice de recherche au CNRS - Yves Lichtenberger, Professeur l universit de Marne-la-Vall e - Claude Maury, Directeur du Comit d Etudes sur les Formations d Ing nieurs - Alain Menand, Professeur l Universit de Rouen - Bernard Meunier, ancien Pr sident du CNRS - Michel Qu r , Directeur du CEREQ - Yannick Vall e.

2 Professeur l universit Joseph Fourier de Grenoble, ancien premier Vice-Pr sident de la Conf rence des Pr sidents d Universit 1 Pour tablir ce rapport : - une centaine de personnalit s ont t consult es ; - la DEPP et le CEREQ ont fourni toutes les donn es utiles ; - les conseillers scientifiques de diverses ambassades ont apport des informations. Cependant, pour rendre les comparaisons concr tes, on s est r f r tout au long du rapport un Etat am ricain de taille moyenne : le Wisconsin (6 millions d habitants) qui est dot de treize universit s publiques, dont une grande universit de statut international (Madison) et d une trentaine de Community and Technical Colleges.

3 Les autorit s universitaires de cet Etat nous ont ouvert tous leurs dossiers. Qu ils en soient tous remerci s. 2 PREFACE Dans un pays comme la France l' enseignement sup rieur occupe une place consid rable, que l'on peut appr cier partir de quelques donn es globales : 2 300 000 tudiants, 80 000 enseignants de toutes cat gories, 60 000 salari s non Pour le budget de l' tat c'est une d pense annuelle de 15,8 milliards d'euros. La d pense totale de la nation concernant l' enseignement sup rieur s' l ve quant elle 20,6 milliards d euros.

4 Comme aujourd'hui la plupart des activit s, l' enseignement sup rieur s est mondialis : 12 % des tudiants pr sents en France sont trangers. Chacun s'accorde aujourd'hui souligner l'importance croissante de l' enseignement sup rieur. Consid r comme un investissement, il est vu comme un facteur de comp titivit , la fois parce qu'il d termine la qualit de la formation d'une partie de la population et parce qu'il participe l'effort de recherche. Sans doute n'est-ce pas sa seule fonction, tant il est vrai qu'une soci t ne se r duit pas son conomie. La qualit de la formation et de la recherche valent aussi dans d'autres champs que celui de l' conomie. L' enseignement sup rieur a une influence sur ce que l'on pourrait appeler, au sens large notre performance conomique et sociale . Aussi personne ne met-il en doute la n cessit de faire plus et mieux dans ce domaine, notamment en termes de politiques publiques.

5 Dans le discours politique, l' enseignement sup rieur figure aujourd'hui en bonne place, quand il n'est pas au nombre des premi res priorit s. Quel regard porter sur l' enseignement sup rieur fran ais ? Est-il comparativement un atout pour notre pays, ou au contraire, sommes-nous en retard sur d'autres ? Quelles sont les voies de son am lioration ? Autant de questions dont personne ne peut nier l'int r t, mais dont les r ponses sont loin d' tre videntes. Comme souvent, le sentiment pr vaut que la France n'est plus, dans ce domaine comme dans d'autres, tout fait dans la course. On met en avant, pour justifier cette opinion, le fameux classement de Shanghai, o en effet nos universit s et nos grandes coles font plut t p le figure. On souligne l'envie que si nous consacrons l' enseignement secondaire une d pense rapport e notre richesse nationale sensiblement plus lev e que la moyenne, nous sommes au contraire plut t mal plac s pour le financement de notre enseignement sup rieur.

6 Enfin, il est incontestable que l' chec de nombreux tudiants dans les premi res ann es d' tudes est une mauvaise indication de la pertinence de notre syst me, de la m me fa on que la difficult de beaucoup de dipl m s trouver rapidement un emploi r v le un r el probl me d'ad quation des formations aux besoins des entreprises. Mais pour aller plus avant, pour porter un diagnostic aussi exact et objectif que possible, pour d terminer surtout les axes des r formes n cessaires, il est videmment n cessaire d'entrer plus avant dans les r alit s de l' enseignement sup rieur fran ais, d'en dessiner le tableau, d'en valuer les performances, bref d' tablir un tat des lieux, critique et prospectif, d bouchant sur des propositions concr tes. C'est tout l'objet de ce rapport. 3 Au fil des pages de ce rapport, un certain nombre de difficult s de notre syst me d' enseignement sup rieur sont relev es.

7 Des solutions partielles sont esquiss es. Une architecture d'ensemble permettant de d finir une strat gie g n rale et d orienter l'offre universitaire est propos e. Mais il est vain, dans le domaine de l' enseignement sup rieur comme ailleurs, de penser que l Etat peut tout orienter, tout r genter, obtenir par ses d cisions l mergence d'un syst me optimal. Au contraire, la centralisation, l'organisation monolithique, la pr tention de tout diriger sont synonymes d inefficacit . Dans un domaine voisin, l exemple de l enseignement secondaire est loquent : nous avons, en France , l enseignement secondaire le plus co teux de toute l'Europe, et des r sultats qui sont loin du premier rang. Pire, alors que les moyens que nous y consacrons vont croissant, le niveau compar de nos coll giens et lyc ens r gresse dans la hi rarchie europ enne. S'il est l gitime que l' tat fixe de grandes orientations, s'il est utile que l' volution de l'offre universitaire soit l'objet de politiques publiques, l efficacit requiert que les acteurs de l' enseignement sup rieur b n ficient de l autonomie la plus grande.

8 La large autonomie que demandent les universit s est non seulement une revendication parfaitement l gitime, mais surtout une r forme n cessaire. Dans un syst me ouvert, transparent, o les tudiants peuvent s'orienter en fonction de l information accessible sur les d bouch s, o les employeurs ont acc s une valuation de qualit ind pendante, c'est la responsabilit des tablissements et de leurs dirigeants que l on doit faire confiance. Mais encore faut-il que les dirigeants de nos universit s puissent correctement exercer leurs responsabilit s. A n en pas douter, le statut actuel des universit s, l'organisation des pouvoirs en leur sein ne le permettent pas aujourd hui de mani re satisfaisante. Aussi le rapport propose-t-il une r forme de la gouvernance de nos universit s, pr alable l affirmation de leur autonomie. Apr s un examen lucide et sans concession de notre syst me d enseignement sup rieur, ce rapport avance des propositions g n ralement pragmatiques, parfois audacieuses, dont je pense qu elles sont utiles.

9 Elles sont en tout tat de cause inspir es par une profonde confiance dans l enseignement sup rieur, dont nous pensons qu au prix de r formes accessibles, il peut compter parmi les meilleurs du monde. Fran ois Goulard 4 Table des Mati res 9 PREMIERE PARTIE : Le syst I Qu attend la France de son enseignement sup rieur ?..15 1 Le d 2 Les grandes A A l entr e dans l enseignement sup B Que deviennent actuellement ces Bacheliers ?..17 C Quelle volution ?..17 D A l'arriv e, les 3 L Offre fran aise de formation sup A Les 4 principaux niveaux de dipl B Trois types de 4 Employabilit et insertion des Dipl m A Un nouveau contexte : du baccalaur at l emploi en passant par le dipl B L'employabilit.

10 24 C Voies de progr s dans les formations centr es sur les D Aider l tudiant s ins rer dans la vie 5 Les A La Recherche, soutien d un enseignement sup rieur de haut B Les II Vue d ensemble du syst me de formation de l enseignement sup rieur en 1 Vue d ensemble : comment y voir clair dans un syst me beaucoup plus diversifi qu'on ne le 2 Structure du syst me par fili res et par A Cycle de base et cycle sup B Survol des Fili C Diversit et fluidit : orientation et 3 Analyse par familles de A Comparaisons des deux cat gories de B Evolution des C Probl mes d 4 Analyse par champs 5 Analyse par cat gorie d A - La classification B - Universit s de proximit , leurs axes d III Un syst me d 1 De multiples 2 Le niveau 1 : le pilotage au niveau national (le niveau minist riel)..57 A D finir une strat gie B L' C La 3 Le niveau 2 : la notion de syst me universitaire territorial.


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