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L’évolution de l’alimentation en France - agreste

De travail CENTRE D' TUDES. Document ET DE PROSPECTIVE. n 5 - Janvier 2012. L' volution de l'alimentation en France C line Laisney Centre d' tudes et de prospective Pour conna tre l' volution des comportements alimentaires des Fran ais sur longue p riode, de nombreuses enqu tes, sondages et tudes sociologiques sont disponibles. Ce document de tra- vail, qui tente de faire la synth se des principales sources disponibles, d gage dans un premier temps les principales tendances lourdes l' uvre : baisse de la part du budget consacr l'ali- mentation, persistance des in galit s alimentaires, essor des produits transform s et de la res- tauration hors foyer, etc. La deuxi me partie s'attache elle aux tendances mergentes et aux ruptures possibles, en obser- vant tout d'abord l'essor des produits sous labels (produits locaux, biologiques, quitables, bien- tre animal, etc.)

LES PUBLICATIONS DU SERVICE DE LA STATISTIQUE ET DE LA PROSPECTIVE - CENTRE D’ÉTUDES ET DE LA PROSPECTIVE 3 Introduction Le 16 novembre 2010, la France a vu sa gastronomie inscrite au patrimoine de l’humanité par l’Organisation des

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1 De travail CENTRE D' TUDES. Document ET DE PROSPECTIVE. n 5 - Janvier 2012. L' volution de l'alimentation en France C line Laisney Centre d' tudes et de prospective Pour conna tre l' volution des comportements alimentaires des Fran ais sur longue p riode, de nombreuses enqu tes, sondages et tudes sociologiques sont disponibles. Ce document de tra- vail, qui tente de faire la synth se des principales sources disponibles, d gage dans un premier temps les principales tendances lourdes l' uvre : baisse de la part du budget consacr l'ali- mentation, persistance des in galit s alimentaires, essor des produits transform s et de la res- tauration hors foyer, etc. La deuxi me partie s'attache elle aux tendances mergentes et aux ruptures possibles, en obser- vant tout d'abord l'essor des produits sous labels (produits locaux, biologiques, quitables, bien- tre animal, etc.)

2 , puis en s'int ressant aux contradictions auxquelles les consommateurs sont confront s : plaisir de cuisiner versus m dicalisation de l'alimentation, diff rences selon les g n - rations, risque de r sistance possible contre les imp ratifs nutritionnels ou cologiques, etc. Au final, davantage qu'une typologie des mangeurs, merge le portrait d'un consommateur plu- sieurs facettes, moins pr visible et moins coh rent que par le pass , et dont les comporte- ments repr sentent un nouveau d fi pour les politiques nutritionnelles et alimentaires1. Mots cl s : alimentation, tendances, comportements alimentaires, opinions, commerce quitable, agriculture biologique, changement social Ce document de travail ne repr sente pas n cessairement les positions officielles du minis- t re de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la P che, de la Ruralit et de l'Am nagement du Territoire (MAAPRAT).

3 Il n'engage que son auteur. L'objet de sa diffusion est de stimuler le d bat et d'appeler commentaires et critiques. 1. Une premi re version de ce texte a t publi e dans la revue Futuribles (num ros 371 et 32 de f vrier et mars 2011). LES PUBLICATIONS DU SERVICE DE LA STATISTIQUE ET DE LA PROSPECTIVE - CENTRE D' TUDES ET DE LA PROSPECTIVE. SOMMAIRE. Introduction .. 3. 1 - Panorama des tendances lourdes .. 5. - Un budget alimentaire en baisse relative et un panier dont la composition change .. 5. - Les in galit s alimentaires subsistent .. 7. - De plus en plus de produits transform s et de repas pris l'ext rieur .. 10. - Les lieux d'achat se diversifient .. 11. - Le mod le fran ais r siste .. 12. 2 - Tendances mergentes et ruptures possibles.

4 14. - L'alimentation en qu te de sens : l'essor des labels .. 14. D mocratisation du bio : du march de niche au march de masse .. 14. Mont e de l'attrait pour le local .. 15. La timide perc e des produits quitables .. 17. La consommation halal sous le feu des projecteurs .. 17. mergence de la probl matique du bien- tre animal .. 18. Vers un tiquetage carbone .. 19. Rupture possible : risque de crise de confiance devant la multiplication des labels .. 19. - Plaisir ou sant ? L'alimentation cartel e .. 20. Le retour du plaisir de cuisiner .. 20. M dicalisation de l'alimentation .. 21. D structuration alimentaire chez les jeunes ? .. 22. Rupture possible : une r bellion contre les imp ratifs cologiques et nutritionnels ?

5 24. Rupture possible : demain tous v g tariens ? .. 24. Conclusion : l'alimentation au croisement d'aspirations contradictoires .. 25. 2 LES PUBLICATIONS DU SERVICE DE LA STATISTIQUE ET DE LA PROSPECTIVE - CENTRE D' TUDES ET DE LA PROSPECTIVE. Introduction Le 16 novembre 2010, la France a vu sa gastronomie inscrite au patrimoine de l'humanit par l'Organisation des Nations unies pour l' ducation, la science et la culture (Unesco). Cette reconnaissance est videmment une tr s bonne nouvelle. l'instar des sites naturels ou historiques exceptionnels, elle montre que le repas gastronomi- que des Fran ais doit tre la fois valoris et prot g . D'une mani re plus g n rale, ce fait d'actualit pose des questions fondamentales, qui touchent aux habitudes alimentaires des Fran ais et aux mutations qu'elles ont subies depuis plusieurs d cennies.

6 Les Fran ais mangent-ils aujourd'hui comme ils mangeaient hier ? Et surtout, si cette mutation se poursuit, mangeront-ils demain comme on mange encore aujourd'hui ? Pour r pondre ces questions (nous laissons d lib r ment de c t les probl mes li s la production ou la disponibi- lit des produits, qui rel vent d'une tout autre probl matique), on se propose ici d'effectuer un panorama des prati- ques alimentaires actuelles des Fran ais et de leur volution, en se basant sur les donn es les plus r centes et les tudes les plus pertinentes. Les donn es quantitatives sur le sujet, en effet, ne manquent pas (voir encadr 1) : on ne compte plus les sondages d'opinion (r guli rement repris dans la presse), les enqu tes statistiques (Insee, agreste , INPES, AFSSA, Cr doc, ), les tudes marketing des industries agroalimentaires, etc.

7 Les analyses qualitatives sont galement riches et clairantes, qu'il s'agisse, pour ne citer que les plus importants, des travaux Jean-Pierre Poulain3, Claude Fischler4 ou Jean-Pierre Corbeau5 Celles-ci nous montrent, entre autres, que l'acte alimentaire, loin de pou- voir tre cantonn une fonction biologique de nutrition, croise des probl matiques thiques, sociales, culturelles, philosophiques, li es en grande partie nos repr sentations de l'aliment ou l'imaginaire de l'alimentation. L'information, on le voit, ne fait donc pas d faut ; mais tous ces l ments, qu'il s'agisse des donn es brutes ou des donn es dig r es, si l'on peut dire, par l'analyse interpr tative, se pr sentent sous une forme clat e. Ce document de travail se propose justement d'esquisser, partir des pi ces existantes, une physionomie g n rale de la consom- mation alimentaire des Fran ais, et cela en se servant des outils de la prospective.

8 Cette reconstruction s'effectuera en deux volets : dans un premier temps, on s'attachera identifier les tendances lourdes, les volutions structurel- les, observables sur une longue p riode et soumises une forte inertie. On s'efforcera ensuite, dans un deuxi me temps de pointer les tendances mergentes, les signaux faibles, en tant attentif aux ruptures et bifurcations pos- sibles. Ces tendances lourdes et mergentes seront autant que possible accompagn es d'exemples europ ens, afin de mettre en vidence les sp cificit s de la France . Cette tude ne vise pas d velopper une th se sur l'alimentation, faire pr valoir une tendance ni faire le pari d'un mod le dominant sur un autre (du type : la consommation sera cologique ou ne sera pas ; la science est l'avenir de l'alimentation , vers un ordre agroindustriel , etc.)

9 Plusieurs sc narios ont d j t imagin s sur ces alternatives, que ce soit ceux de Pierre Feillet de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA)6 ou ceux labor s par la chambre r gionale d'agriculture de Normandie7, pour ne citer qu'eux. Elle vise au contraire c'est l'hypoth se que nous avan ons montrer que nous allons vers un clatement des mod les, une polyalimentation o , comme nous le verrons notamment lors de l'examen des tendances mer- gentes, les pratiques les plus oppos es, parfois m me les plus contradictoires (industrielles, co-labellis es, m di- cales, thiques, gastronomiques, etc.) coexistent, r fractant ainsi une soci t elle-m me de plus en plus composite. 2. Insee : Institut national de la statistique et des tudes conomiques (Paris) ; agreste : institut de statistique du minist re fran ais de l'Agriculture (Paris).

10 INPES : Institut national de pr vention et d' ducation pour la sant (Saint-Denis) ; AFSSA : Agence fran aise de s curit sanitaire des aliments (fusionn e depuis juillet 2010 avec l'Agence fran aise de s curit sanitaire de l'environnement et du travail, dans l'ANSES, Agence nationale de s curit sanitaire de l'ali- mentation, de l'environnement et du travail [Maisons-Alfort]) ; Cr doc : Centre de recherche pour l' tude et l'observation des conditions de vie (Paris). 3. POULAIN Jean-Pierre. Manger aujourd'hui. Toulouse : d. Privat, 2001, 236 p. 4. FISCHLER Claude. L'Homnivore. Paris : Odile Jacob, 2001, 448 p. 5 POULAIN Jean-Pierre, CORBEAU Jean-Pierre. Penser l'alimentation. Entre imaginaire et rationalit . Toulouse : d.


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