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LES DIFFERENTES INTERPRETATIONS DES CONTES …

1 LES DIFFERENTES INTERPRETATIONS DES CONTES DE FEES Les CONTES de f es, d une r gion du monde une autre, reprennent des structures et des motifs semblables. Des folkloristes, personnes ayant comme objet d tude l ensemble des traditions culturelles d'un peuple, ont galement montr qu un type de conte, ensemble de CONTES reprenant des motifs identiques, pouvait avoir exist de fa on simultan e dans des r gions tr s loign es alors m me que les peuples n taient pas en contact. Certains auteurs parlent, pour justifier cela, d une puissance des CONTES de f es et m me d une magie qu ils exerceraient sur nos personnes : ils nous envo tent et ont un impact bien plus profond qu on ne le croit, qui veut bien les couter. On s aper oit d s lors que le conte, par-del son apparente na vet , veut dire bien plus que ce qu il ne dit. Les travaux d analyse en mati re de narration folklorique de Marguerite Loeffler-Delachaux1, r v lent que les mythes, les CONTES et les l gendes doivent tre d chiffr s au moyen de certaines cl s.

5 ĵ. Interrogation : l’agresseur essaye de se renseigner Ȝ. Information : l’agresseur reçoit des informations sur sa future victime.

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1 1 LES DIFFERENTES INTERPRETATIONS DES CONTES DE FEES Les CONTES de f es, d une r gion du monde une autre, reprennent des structures et des motifs semblables. Des folkloristes, personnes ayant comme objet d tude l ensemble des traditions culturelles d'un peuple, ont galement montr qu un type de conte, ensemble de CONTES reprenant des motifs identiques, pouvait avoir exist de fa on simultan e dans des r gions tr s loign es alors m me que les peuples n taient pas en contact. Certains auteurs parlent, pour justifier cela, d une puissance des CONTES de f es et m me d une magie qu ils exerceraient sur nos personnes : ils nous envo tent et ont un impact bien plus profond qu on ne le croit, qui veut bien les couter. On s aper oit d s lors que le conte, par-del son apparente na vet , veut dire bien plus que ce qu il ne dit. Les travaux d analyse en mati re de narration folklorique de Marguerite Loeffler-Delachaux1, r v lent que les mythes, les CONTES et les l gendes doivent tre d chiffr s au moyen de certaines cl s.

2 De m me, Fran ois Flahaut2 explique que le conte tient un langage imag et qu il y a une tonnante coh rence de pens e dont les CONTES t moignent en se r pondant les uns aux autres. Ces r cits d un pass lointain et myst rieux seraient alors un langage o s exprimeraient des d sirs, des esp rances, des sagesses ternelles. Ils seraient comme une sorte de miroir o se dissimuleraient les reflets de notre humanit , ses pens es et ses angoisses les plus profondes. Une foule d interpr tations sont alors n es afin de tenter de percer le myst re du conte de f es. On peut citer, entre autre, la th orie cosmologique et 1 Marguerite LOEFFLER-DELACHAUX, Le symbolisme des CONTES de f es, Paris : L'Arche, 1949. 2 Fran ois FLAHAULT, op. cit. 2 m t orologique, la mythologique, l initiatique, la linguistique et surtout la psychologique plus ou moins d riv es des recherches freudiennes.

3 I. Les interpr tations narratologiques et linguistiques des CONTES de f es 1. L analyse morphologique des CONTES par Vladimir PROPP a. V. Propp, pr curseur de l analyse structurale La narratologie, science de la narration, est la discipline qui tudie les techniques et les structures narratives mises en uvre dans les textes litt raires. Parce qu ils se pr sentent en groupe de variantes, les CONTES , comme les mythes, se pr tent des tudes structurales. Les fr res Grimm avaient d j eu des intuitions concernant la structure des CONTES en remarquant que les situations taient souvent les m mes, que les personnages variaient peu, et en distinguant un fond invariable d une forme changeante . Mais, c est v ritablement le folkloriste russe Vladimir Propp (1895-1970) qui est consid r comme le pr curseur de l analyse structurale du r cit. En 1928, il publie Morphologie du conte3, ouvrage qui exercera une influence consid rable en Europe partir des ann es 1960.

4 Son analyse du conte y est faite d un point de vue morphologique : selon lui, au-del de la diversit des personnages, tous les CONTES seraient construits sur le m me canevas. Propp d finit le conte de f es de deux fa ons selon qu on l envisage du point de vue des fonctions ou du point de vue des personnages. b. Les personnages 3 Vladimir PROPP, Morphologie du conte, traduit du russe par Claude Ligny, Paris : Gallimard, 1970. 3 A partir d un corpus sp cifique de CONTES populaires russes, collect s par Afanassiev la fin du XIXe si cle, V. Propp isole sept types de personnage, ou sept r les, et d finit ainsi le conte merveilleux comme un r cit sept personnages . Chacun de ses personnages dispose de sa propre sph re d action. Il peut arriver qu un m me personnage cumule deux r les. - Le h ros : il est le personnage central qui accomplit la qu te - L objet de la qu te, le personnage recherch : c est ce pour quoi le h ros quitte la demeure familiale - Le mandateur : il envoie le h ros en qu te - L agresseur : il lutte contre le h ros et le poursuit.

5 Il est l origine du m fait. - Le donateur : il remet au h ros un auxiliaire magique - L auxiliaire magique : il aide le h ros parvenir au bout de sa qu te - Le faux h ros : il choue dans sa qu te parall le mais essaie tout de m me de s attribuer la r compense. La constatation fondamentale du folkloriste c est que le motif du conte est d composable en plusieurs l ments qui constituent des constantes. Il remarque en effet que les motifs des CONTES comportent des l ments variables, comme les noms et les attributs des personnages, mais galement des l ments constants, les actions qu ils accomplissent. Dans ces sept sph res d action correspondant chacune un personnage type, V. Propp regroupe des fonctions. c. Les fonctions De l analyse de son corpus, Propp tablit une liste de trente et une fonctions. Les fonctions correspondent un d coupage du r cit en grandes tapes successives et immuables : un m fait initial engendre la qu te ou la r paration du h ros qui, par la ruse ou le combat, en se faisant 4 parfois aider, passe par une s rie d preuves jusqu au succ s ou l chec final.

6 Les fonctions d finies s encha neraient dans un ordre identique, m me si elles ne sont pas toutes pr sentes dans chacun des CONTES . Organis es en deux s quences ces fonctions constitueraient le sch ma du conte merveilleux ; Propp parle d un sch ma canonique du conte merveilleux russe 4 et probablement, du conte merveilleux en g n ral. Les trente-et-une fonctions du conte merveilleux selon le syst me de V. Propp : S quence pr paratoire .Le prologue, qui n est pas une fonction, d finit la situation initiale.. Absence : un des membres de la famille est absent du foyer.. Interdiction : le h ros se fait signifier une interdiction.. Transgression : l interdiction est transgress e. F. R ception de l objet magique : l objet magique est mis la disposition du h ros G. D placement dans l espace entre deux royaumes, voyage avec un guide : le h ros est transport , conduit ou amen pr s du lieu o se trouve l objet de sa qu te.

7 H. Combat : le h ros et son agresseur s affrontent dans un combat. 4 PROPP (V.), op. cit. 5 . Interrogation : l agresseur essaye de se renseigner . Information : l agresseur re oit des informations sur sa future victime.. Tromperie : l agresseur tente de tromper sa victime pour s emparer d elle ou de ses biens.. Complicit involontaire : la victime se laisse tromper et aide ainsi son ennemi malgr elle. Premi re s quence A. M fait ou Manque : l agresseur nuit un membre de la famille ou lui porte pr judice. B. M diation : la nouvelle du m fait ou du manque est divulgu e. Le h ros est pri ou command de le r parer. C. D but de l action contraire : le h ros accepte ou d cide d agir.. D part : le h ros quitte sa maison. D. Premi re fonction du donateur : le h ros subit une preuve, un questionnaire, une attaque, etc.

8 , qui le pr parent la r ception d un objet ou d un auxiliaire de magie. E. R action du h ros : le h ros r agit aux actions du futur donateur. I. Marque : le h ros re oit une marque. J. Victoire : l agresseur est vaincu. Seconde s quence K. R paration : le m fait initial est r par ou le manque combl .. Retour : le h ros revient. Pr. Poursuite : le h ros est poursuivi. Rs. Secours : le h ros est secouru. O. Arriv e incognito : le h ros arrive incognito chez lui ou dans une autre contr e. L. Pr tentions mensong res : le h ros fait valoir des pr tentions mensong res. M. T che difficile : on propose au h ros une t che difficile. N. T che accomplie : la t che est accomplie. Q. Reconnaissance : le h ros est reconnu. Ex. D couverte : le faux h ros, l agresseur, le m chant est d masqu . T. Transfiguration : le h ros re oit une nouvelle apparence. U. Punition : le faux h ros ou l agresseur est puni.

9 W. Mariage : le h ros se marie et monte sur le tr ne. 6 Propp utilise alors ces diff rentes fonctions pour d finir ce qu est le conte merveilleux, d un point de vue morphologique : un conte merveilleux est tout d veloppement qui part d un m fait A, passe par les fonctions interm diaires analys e ci-dessus, pour aboutir au mariage W, ou d autres fonctions utilis es comme d nouement. Il distingue du conte la s quence qui elle, est un d veloppement qui va du m fait A sa r paration K : chaque nouveau m fait ou pr judice donne lieu une nouvelle s quence. Les CONTES merveilleux seraient ainsi constitu s de deux s quences (une allant de A K puis une seconde allant de A W en passant par la reconnaissance du h ros Q). Cependant, le corpus des CONTES russes est loin de pr senter un tableau aussi net. Certains CONTES simples ne contiennent qu une seule s quence, d autres en contiennent plusieurs. Il n est pas toujours facile de d terminer dans quel cas plusieurs s quences composent un seul conte, et dans quel cas on a affaire plusieurs CONTES mis bout bout.

10 L objectif initial de Propp tait de voir appara tre des incompatibilit s entre certaines fonctions pour ensuite classifier les diff rents CONTES . Cependant, au terme de son analyse, V. Propp d couvre qu il n y a pas d incompatibilit et conclut que le conte merveilleux ob it une structure unique. 2. Les analyses structuralistes post rieures L ouvrage de V. Propp n a vraiment t connu en Occident qu apr s sa sortie aux Etats-Unis en 1958. Il eut un grand retentissement et c est partir de ces travaux que les structuralistes mettent en place le sch ma actanciel et le sch ma narratif qui se r v leront aussi convenir pour toutes les formes de narration. 7 a. Le meccano du conte de Claude Br mond Claude Br mond, s miologue, a galement travaill sur les fonctions de Propp5. Il les regroupe en un petit nombre de s quences narratives, caract ris e chacune par une unit d action.


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