Transcription of Bouffée délirante - Psychaanalyse
1 1 Bouff e d lirante Les bouff es d lirantes se caract risent par un ou plusieurs pisodes de d lire passager pendant lesquels la personne tient des propos incoh rents ou adopte un comportement irrationnel. Elles apparaissent de fa on soudaine et brutale, chez des individus qui n ont jamais connu de troubles psychiques auparavant. Qu est-ce qu une bouff e d lirante ? On d finit le d lire comme un ensemble de propos irrationnels, voire incoh rents, qu une personne soutient sans la moindre capacit de sens critique lui permettant d en percevoir l tranget . Ces propos s appuient sur des croyances tout aussi irrationnelles (croyances religieuses, par exemple) qui sont propres la personne, sans tre pour autant li es son environnement culturel.
2 Le d lire peut d boucher sur des comportements singuliers ou inadapt s (mutisme, col re, fugue, etc.). Les bouff es d lirantes ( galement appel es bouff es d lirantes aigues ou BDA) sont des pisodes de d lire survenant brusquement chez une personne n ayant jamais manifest auparavant de probl me psychique de ce type. Ce ph nom ne soudain et brutal est v cu comme un cataclysme par l entourage, un coup de tonnerre dans un ciel serein .. La personne atteinte n a pas conscience qu elle d lire ; elle ne manifeste aucun recul par rapport ses pens es et son discours d cousus. Comme dans les troubles psychotiques, sa perception de la r alit est modifi e, le fonctionnement de son esprit et ses relations avec le monde ext rieur sont profond ment boulevers s.
3 Cette bouff e peut durer quelques heures, quelques jours ou quelques semaines. Une bouff e peut rester sans suite, ou tre annonciatrice d une maladie psychique. Quels sont les sympt mes des bouff es d lirantes ? Les signes avant-coureurs d une bouff e d lirante Le signe le plus caract ristique est l insomnie. Tr s souvent, dans les jours pr c dant la bouff e d lirante, la personne ne dort plus ou tr s peu. Elle peut aussi avoir un comportement inhabituel ou ressentir une anxi t diffuse, qui peut se manifester par de la tristesse ou une certaine exaltation. Comment se manifeste une bouff e d lirante ? Le sympt me le plus caract ristique d une bouff e d lirante est le d lire : l expression soudaine et brutale de pens es irrationnelles, comme dans une psychose.
4 Les th mes d velopp s peuvent tre multiples : m galomanie, pers cution, culpabilit , jalousie, interpr tation extravagante d v nements v cus, sensation d avoir des intuitions clairvoyantes, impression d tre poss d ou influenc , d lire parano aque, mystique ou rotique, illusion que son corps est transform , etc. Le discours est incoh rent, d sordonn . Les id es se chevauchent, se m langent et la personne d lirante est incapable de les organiser de mani re logique. Ces divagations peuvent s accompagner d un sentiment de d personnalisation (impression de ne plus tre soi-m me), de d doublement de la personnalit , de d r alisation (sentiment que le monde environnant est bizarre). Les hallucinations sensorielles sont fr quentes. La personne d lirante entend des voix.
5 Elle peut tre persuad e que d autres personnes lisent dans ses pens es, lui volent ses id es ou lui imposent des actes. Elle a parfois le sentiment que des phrases entendues la t l vision ou la radio sont des messages son intention. Parall lement, l humeur est changeante au cours de la journ e. Tant t euphorique, tant t abattue, la personne peut rester par moments prostr e, ou au contraire tre agit e. Une bouff e d lirante provoque de l anxi t chez celui qui la subit. Cette d tresse peut l amener commettre une tentative de suicide ou un acte agressif. 2 Qu appelle-t-on confusions mentales ? La confusion mentale peut ressembler une bouff e d lirante : la personne atteinte tient des propos incoh rents, s agite, refuse d tre soign e.
6 Ces pisodes de confusion apparaissent lors de certaines maladies comme la maladie d Alzheimer ou de Parkinson, l pilepsie, un traumatisme cr nien, une h morragie ou une tumeur c r brale, des infections, ou le diab te. L absorption de substances toxiques, de drogues, d alcool ou de m dicaments peut aussi d clencher des confusions mentales. Pour cette raison, un tat d lirant impose toujours des examens compl mentaires (notamment une prise de sang) qui permettent de distinguer une confusion d une bouff e d lirante. Comment volue une bouff e d lirante ? La gu rison est souvent obtenue au bout de quelques semaines ou quelques mois de traitement. Parfois, la bouff e d lirante cesse aussi brutalement qu elle a commenc . Contrairement une id e re ue, elle n volue que rarement vers la schizophr nie (qui a plut t tendance appara tre de mani re progressive et insidieuse).
7 Chez 25 % des patients, cet pisode reste unique et ne se reproduit jamais. D autres bouff es surviendront par intermittence chez un autre quart des patients, mais sans voluer vers une maladie particuli re. Les 50 % restants auront tendance progresser vers une autre maladie psychique : sch matiquement, un tiers vers la schizophr nie, un tiers vers les psychoses chroniques non schizophr niques et un tiers vers des troubles bipolaires. La gravit de la bouff e d lirante, sa dur e et sa r sistance aux traitements sont des l ments qui peuvent indiquer une volution vers d autres maladies psychiques. Dans tous les cas, les personnes qui ont d velopp une bouff e d lirante doivent tre suivies par un sp cialiste pendant un deux ans. Les causes des bouff es d lirantes Quelles sont les causes des bouff es d lirantes ?
8 Dans 25 % des cas, la gu rison intervient rapidement et aucune r cidive n est observ e : la cause de cette bouff e d lirante unique est alors difficile expliquer. Lorsque la personne se trouve depuis longtemps dans un contexte relationnel difficile, la bouff e d lirante aig e (BDA) peut tre l expression d une d compensation, autrement dit un effondrement brutal des m canismes de protection psychique qu elle avait mis en place. Parfois, cette d compensation peut tre provoqu e par un facteur externe, drogues, surmenage, manque de sommeil, etc. Il arrive qu une bouff e d lirante survienne quelques semaines apr s un accouchement. Le confinement et l enfermement peuvent aussi favoriser ces manifestations. Des cas ont t observ s chez des jeunes appel s l poque o le service militaire tait obligatoire, ainsi que chez des prisonniers.
9 Une bouff e d lirante peut galement constituer le premier signe (ou une complication) de troubles bipolaires ou d une schizophr nie. Dans ces situations, d autres sympt mes permettent de pr ciser le diagnostic. Qui risque de d velopper une bouff e d lirante ? Les bouff es d lirantes surviennent le plus souvent chez des adolescents et des jeunes adultes g s de 18 30 ans. Elles touchent en g n ral des personnes fragiles, psychologiquement vuln rables, immatures, ayant du mal s adapter socialement et trouver leur place dans le monde professionnel. Les bouff es d lirantes peuvent, cependant, se manifester au m me titre chez des personnes ne souffrant pas de probl me particulier et chez qui aucun l ment annonciateur ne peut tre d tect . Cette irruption du d lire dans une vie normale et sans ant c dent psychiatrique est tr s perturbante, d abord pour les proches qui en sont les premiers t moins, puis pour la personne elle-m me qui ne comprend pas, une fois l pisode termin , ce qui lui est arriv.
10 3 Les traitements des bouff es d lirantes Comment soigne-t-on les bouff es d lirantes ? Toute personne ayant d velopp une bouff e d lirante aig e (BDA) doit tre hospitalis e afin de subir des examens et une recherche des causes de son d lire. En l absence de r cidive, un traitement m dicamenteux est prescrit, limit quelques mois. Le malade doit ensuite tre suivi pendant un deux ans pour permettre le d pistage d une ventuelle volution. Dans tous les cas, apr s une bouff e d lirante, l hospitalisation est indispensable, non seulement pour effectuer un bilan complet et rechercher des causes potentielles, mais aussi pour prot ger la personne d lirante. Le bilan comporte obligatoirement un examen neurologique et la recherche d une ventuelle prise de toxiques.