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Michel Tremblay : exemple de dissertation

PR PARATION L PREUVE DE FRAN AISMICHEL Tremblay : exemple DE DISSERTATION1 LES EXERCICES DE FRAN AIS DU PARATION L PREUVE DE FRAN AISE xemples complets de dissertationsMichel Tremblay : exemple de dissertationNous reproduisons ici l ensemble d une excellente dissertation . On peut consulter lestextes sur lesquels elle porte sous le titre Michel Tremblay : sujet de r daction ettextes l tude dans Exemples complets de dissertations de la section Qu est-ce quel preuve ?SUJET : Est-il juste d affirmer que Madeleine et L opold sont des personnages quisont r sign s leur sort ?

jette un regard sans compromis sur la réalité québécoise en faisant de la mère dépressive et du travailleur d’usine des personnages tragiques. Total : entre 900 et 1000 mots. PRÉPARATION À L’ÉPREUVE DE FRANÇAIS MICHEL TREMBLAY : EXEMPLE DE DISSERTATION 3

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1 PR PARATION L PREUVE DE FRAN AISMICHEL Tremblay : exemple DE DISSERTATION1 LES EXERCICES DE FRAN AIS DU PARATION L PREUVE DE FRAN AISE xemples complets de dissertationsMichel Tremblay : exemple de dissertationNous reproduisons ici l ensemble d une excellente dissertation . On peut consulter lestextes sur lesquels elle porte sous le titre Michel Tremblay : sujet de r daction ettextes l tude dans Exemples complets de dissertations de la section Qu est-ce quel preuve ?SUJET : Est-il juste d affirmer que Madeleine et L opold sont des personnages quisont r sign s leur sort ?

2 Lui-m me issu d un quartier populaire montr alais, Michel Tremblay met en sc ne, dans sonth tre comme dans ses r cits, des personnages qu b cois d une grande v rit dans leur langage,mais aussi des tres mouvants souvent marqu s par une grande mis re Au point desecouer le public, comme l avait fait dans les ann es 60 sa premi re pi ce, Les Belles-s urs. Despersonnages vrais et d sesp r s, on en retrouve dans chacun des extraits des pi ces l tude : LeVrai Monde ? et toi pour toujours, ta Marie-Lou. Mais est-il juste d affirmer que Madeleine etL opold sont r sign s leur sort ?

3 Nous r pondrons cette question en observant que si tous lesdeux ont d accepter des conditions de vie p nibles, ils demeurent des personnages r volt , nous d terminerons si la r signation les d finit plus que la r ne fait pas de doute que les deux personnages ont d se r signer des conditions d existenceparticuli rement p nibles. Dans la premi re partie de son monologue, Madeleine ne fait pas unbilan positif de sa vie marqu e par l ennui, la maladie et l angoisse. Au d part, elle confie Claude : Quand ton p re est disparu depuis des jours pis que ta s ur est partie travailler, a m arrive dem ennuyer.

4 C est s r. (l. 5-6) Elle t moigne d une solitude qui la laisse inactive : La t l visionest plate, la lecture m a jamais beaucoup int ress (l. 7). De plus, la pauvre vit avec l inqui -tude de la maladie : [..] j me retrouve immanquablement ici, dans le salon, sur le sofa, avec lesmains crois es sur les genoux pis un verre de lait [..] au cas o une douleur me (l. 9-11) Cette douleur, c est ce qu elle appelle son mal au c t (l. 22). Sa souffrance est aussi reli e la peur (l. 14) et l angoisse (l. 16). L extrait comporte m me une didascalie qui associe ausilence l angoisse de Madeleine : Silence.

5 On la sent angoisser. (l. 20) Pour sa part, le L opoldd toi pour se per oit aussi comme victime de ce qui l entoure. Il se sent en particu-lier exploit par son patron : a fait vingt ans que j travaille pour c t c urant-l .. Pis j ai rien que est quasiment dr le quand tu penses que t as commenc travailler pour un garsque t ha s l ge de dix-huit ans pis que t es t encore l le sarvir. (l. 7-9)PR PARATION L PREUVE DE FRAN AISMICHEL Tremblay : exemple DE DISSERTATION2 LES EXERCICES DE FRAN AIS DU me s il a la chance d avoir un emploi r gulier, il souffre d tre d shumanis , esclave de samachine : Tu viens que t es tellement sp cialis dans ta job steady, que tu fais partie de ta tabarnacde machine !

6 C est elle qui te m ne ! C est pu to qui watches quand a va faire d faut, c est elle (l. 15-17) On doit donc constater que pendant des ann es, Madeleine aussi bien queL opold sont rest s enferm s dans des conditions de vie auxquelles ils ont d se r contre, chez l un et l autre cette d tresse engendre aussi la r volte. Madeleine fuit la r alit dans un silence qui symbolise ses yeux sa force et contient sa violence int rieure. Elle avoue son fils : [..] dans le milieu du silence, la temp te arrive. (l. 21). l int rieur d elle-m me,elle [fait] des sc nes qui durent des heures , elle pr cise : des sc nes tellement violentes [.]

7 ]J d molis la maison ou ben j y mets le feu, j gorge ton p re, j fais m me pire que (l. 27-29)De son c t , la r volte de L opold s exprime par le contraire du silence, par ce cri de d sespoir queconstitue le sacre . Chez Tremblay , le joual est associ la fois l ali nation et l expres-sion du d sir de se lib rer. Le monologue de L opold est le plus parfait exemple de ce besoind exprimer sa d tresse pouss sa limite : Hostie ! toute ta tabarnac de vie faire la m metabarnac d affaire en arri re de la m me tabarnac de machine ! Toute ta vie !

8 (l. 11-12) Ici, leproc d de r p tition contribue d ailleurs accentuer l expression de la r volte. Dans son langagesans retenue, L opold s indigne contre son pass et contre son avenir : Quand j me suis attel c te ciboire de machine-l , j tais quasiment encore un enfant ! [..] Mais dans vingt ans, j s raim me pus un (l. 20-21) Mais ce besoin de lib ration a-t-il d autre issue que d allerboire la taverne (l. 30) ou d esp rer que les enfants s instruisent et connaissent autrechose (l. 10-11) ? Bref, pour Madeleine, comme pour L opold, l expression de la r volte occupeune place compte fait, ce sont des personnages confront s eux-m mes que nous pr sente MichelTremblay : des personnages qui vivent un conflit int rieur, un conflit insoluble.

9 Madeleine etL opold sont divis s entre la n cessit de se r signer et le besoin de se r volter. Souvent dans latrag die, le conflit ne fait pas du h ros la seule victime, les autres aussi sont affect s. sa fa on,Madeleine fait des reproches m me celui qui est pr s d elle : son fils Claude. Mettant en douteses aspirations d crivain, elle conclut : Si t as jamais entendu le vacarme que fait mon silence,Claude, t es pas un vrai crivain ! (l. 50-51). L opold, apr s s en tre pris Dieu lui-m me, s enprend sa famille dans des termes faire dresser les cheveux sur la t te du public qu b coismoyen : Ta famille to !

10 Une autre belle invention du bon Dieu ! Quatre grandes yeules toutesgrandes ouvertes, pis toutes pr tes mordre quand t arrives, le jeudi soir ! (l. 27-28). Se vengersur les autres (l. 5), c est justement ce que Marie-Louise reproche L opold au d but de l , chez Madeleine comme chez L opold, la r volte l emporte sur la r signation, au pointqu elle affecte leur toute, Madeleine et L opold sont surtout des personnages r volt s. Ils n acceptent plusde se r signer. Madeleine en a assez de l ennui, de la maladie, de l angoisse ; L opold, de la sou-mission et de l esclavage. C est la r volte qui l emporte chez les deux.


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