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1 VOIE G N RALE Tle Sciences conomiques et sociales VOIE G N RALE. 2DE 1RE TLE. Sciences conomiques et sociales ENSEIGNEMENT. SPECIALITE. QUELLES MUTATIONS DU TRAVAIL ET DE L'EMPLOI ? Les objectifs d'apprentissage des l ves sont strictement d finis par les programmes. Cette fiche p dagogique, destination des professeurs, vise les accompagner dans la mise en uvre des nouveaux programmes. Sans pr tendre l'exhaustivit , ni constituer un mod le, chaque fiche explicite les objectifs d'apprentissage et les savoirs scientifiques auxquels ils se rapportent, sugg re des ressources et activit s p dagogiques utilisables en classe et propose des indications bibliographiques. Objectifs d'apprentissage Savoir distinguer les notions de travail, activit , statut d'emploi (salarie , non-salari ), ch mage ; comprendre que les volutions des formes d'emploi rendent plus incertaines les fronti res entre emploi, ch mage et inactivit . Conna tre les principaux descripteurs de la qualit des emplois (conditions de travail, niveau de salaire, s curit conomique, horizon de carri re, potentiel de formation, vari t des t ches).
2 Comprendre les principales caract ristiques des mod les d'organisation taylorien (division du travail horizontale et verticale, relation hi rarchique stricte) et post- taylorien (flexibilit , recomposition des t ches, management participatif) ;. comprendre les effets positifs et n gatifs de l' volution des formes de l'organisation du travail sur les conditions de travail. Comprendre comment le num rique brouille les fronti res du travail (t l travail, travail/hors travail), transforme les relations d'emploi et accro t les risques de polarisation des emplois. Comprendre que le travail est source d'int gration sociale et que certaines volutions de l'emploi (pr carisation, taux persistant de ch mage lev , polarisation de la qualit . des emplois) peuvent affaiblir ce pouvoir int grateur. Retrouvez duscol sur - Minist re de l' ducation nationale, de la Jeunesse et des Sports - Septembre 2020 1. VOIE G N RALE Tle Sciences conomiques et sociales Probl matique d'ensemble Ce chapitre mobilise les d veloppements r cents de la sociologie du travail, qui tente, depuis les ann es 1980, de rendre compte des transformations profondes qu'a connu le travail et de leurs effets tant sur les conditions concr tes de travail que sur la coh sion sociale.
3 Si le travail demeure une instance d'int gration fondamentale, il tend, avec la mont e en puissance de diverses formes de flexibilit du travail, . s' mietter , autrement dit, devenir de plus en plus discontinu, ( en miettes ou par projets ), ce qui a pu conduire les chercheurs parler de crise de l'emploi et de crise du travail. L'apparition du ch mage de masse, la mont e de la pr carit et l'individualisation du travail ont pu fragiliser son r le comme vecteur de coh sion sociale. Dans le m me temps, les situations concr tes de travail se sont multipli es et tendent se polariser sous l'effet de la diversification des statuts d'emploi, de l'in gale pression exerc e par la concurrence internationale sur la main-d' uvre selon les secteurs, mais aussi du fait de l'informatisation des techniques de production. Le monde du travail appara t ainsi de plus en plus in galitaire et hi rarchis . Les mutations de l'organisation du travail s' prouvent ainsi diff remment selon les segments du march du travail.
4 Savoirs scientifiques de r f rence Savoir distinguer les notions de travail, activit , statut d'emploi (salari , non-salari ), ch mage ; comprendre que les volutions des formes d'emploi rendent plus incertaines les fronti res entre emploi, ch mage et inactivit . Travail, emploi, activit et ch mage La notion de travail d signe l'activit de production de biens ou de services utiles . une personne ou la collectivit . C'est donc une activit de production r mun r e ou non (cas du travail domestique), d clar e ou non (travail au noir, travail clandestin). Le travail ne conf re donc pas n cessairement de statut et de protection (cas de l'esclavage), contrairement l'emploi, qui d signe une activit de travail qui conf re un statut et donc, une forme de protection, mais aussi des obligations. On peut alors envisager la notion d'emploi comme le fait d'exercer une activit professionnelle, autrement dit une simple pr sence sur le march du travail.
5 La notion d'activit est plus large que celle d'emploi. Elle d signe l'ensemble des personnes d sireuses de participer au march du travail, que celles-ci soient occup es ou non. Ainsi le nombre de personnes actives en France (hors Mayotte) s'obtient en additionnant la population en emploi aux ch meurs au sens du Bureau international du travail (BIT). Un ch meur au sens du BIT est une personne en ge de travailler (15 ans et plus) sans emploi (n'ayant pas travaill ne serait-ce qu'une heure durant la semaine de r f rence), disponible pour prendre un emploi dans les 15 jours, et ayant cherch activement un emploi dans le mois pr c dent, ou en ayant trouv un dont le contrat d bute dans moins de trois mois. Selon cette d finition, la France comptait 2,5 millions de ch meurs en 2019. Retrouvez duscol sur - Minist re de l' ducation nationale, de la Jeunesse et des Sports - Septembre 2020 2. VOIE G N RALE Tle Sciences conomiques et sociales Le taux d'activit permet de mesurer l'ampleur du ph nom ne de retrait plus ou moins durable du march du travail sur diff rents segments de la population active.
6 On observe ainsi depuis 2009 que la participation des seniors au march du travail ne cesse d'augmenter du fait des r formes du syst me des retraites et des restrictions d'acc s aux dispositifs de pr -retraite. Cela s'est traduit par une hausse de 10,5 points du taux d'activit pour la population g e de 50 64 ans entre 2009 et 2019 [INSEE, 2020]. La progression de l'activit f minine participe galement la hausse du taux d'activit sur une longue p riode. Une diversification importante des statuts d'emploi Le statut d'emploi d'un travailleur d signe l'ensemble des dispositions l gislatives ou contractuelles qui fixent les droits et les obligations applicables au travailleur. Le salariat en CDI est le statut d'emploi majoritaire puisqu'il repr sente 88,3 % des personnes en emploi en 2018. Comme le souligne Robert Castel [1995], le statut de salari est l'aboutissement d'un double processus historique de contractualisation des relations de travail et d'institutionnalisation de la relation de travail.
7 Celle-ci est d sormais encadr e par des normes (droit du travail, protection sociale) et des institutions sp cifiques permettant de r guler les conflits inh rents aux relations de travail, et qui conf rent une protection aux salari s, les inscrivant ainsi dans un cadre collectif. Le travailleur qui ne poss de que sa force travail est alors prot g par un quivalent de propri t sociale, c'est- -dire des droits qu'il tire de son travail. Cette protection largie est alors pens e comme la contrepartie n cessaire au statut de salari qui implique une subordination du travailleur l'employeur (pendant les heures de travail fix es dans le contrat de travail). Mais l'emploi salari stable se retrouve fragilis partir des ann es 1970, sous l'effet de la conjoncture conomique (apparition d'un ch mage de masse) et de politiques visant flexibiliser le march du travail en assouplissant la l gislation encadrant les licenciements et le recours au travail temporaire.
8 Le but est de permettre aux entreprises d'adapter leur volume d'emploi aux fluctuations de la demande, en recourant des statuts d'emplois moins contraignants pour l'employeur (flexibilit . externe) (voir chapitre Comment lutter contre le ch mage ? ). On a ainsi assist . un recours croissant l'externalisation (sous-traitance), mais aussi la progression des embauches en contrats dur e d termin e (CDD) et des formes de travail atypiques ou formes particuli res d'emploi (emplois temps partiel, CDD, emplois aid s, emplois temporaires, saisonniers ou contractuels, travail ind pendant, etc.). Leur caract ristique commune est de s' carter du cadre de l'emploi salari . temps plein et sous CDI qui s' tait progressivement impos au cours des Trente Glorieuses comme la norme d'emploi. Ces emplois atypiques ont connu une croissance importante depuis les ann es 1980, dont le rythme a largement exc d . celle de la population en emploi, de sorte que leur part dans l'emploi total a fortement augment.
9 Titre d'exemple, la proportion de contrats dur e limit e (CDD et autres contrats aid s) dans l'emploi total est pass e de 4,5 % en 1982, 11,5 % en 2015. Le CDD est d sormais la nouvelle norme d'embauche puisque 87 % des nouvelles embauches (hors int rim) se fait sous ce statut en 2018 [O. Bonnet et al. 2019]. Ces formes d'emploi atypiques concernent particuli rement les jeunes et sont devenues un passage oblig dans la vie active [P. Givord, 2005]. Elles recouvrent galement des formes de sous-emploi comme les emplois temps partiel subi. Retrouvez duscol sur - Minist re de l' ducation nationale, de la Jeunesse et des Sports - Septembre 2020 3. VOIE G N RALE Tle Sciences conomiques et sociales Le d veloppement concomitant de contrats de travail temps non complet a conduit le Bureau international du travail (BIT) proposer en 1998 d'utiliser la notion de sous- emploi pour mieux appr hender les cons quences de la flexibilit sur les travailleurs.
10 Le sous-emploi comprend ainsi les personnes actives occup es au sens du BIT, mais qui le sont temps partiel contraint (et disponibles pour un temps plein), qu'elles recherchent activement un emploi ou non, ou qui sont en situation de ch mage partiel. En 2018, 1,6 million de personnes sont en situation de sous-emploi et ce ph nom ne concerne en particulier les employ s non qualifi s, les jeunes et les femmes. Enfin, l'emploi non-salari bien que minoritaire conna t une r cente augmentation sous l'effet de l'essor de l'auto-entrepreneuriat. Cette augmentation initi e dans les ann es 1950 s'explique par divers dispositifs publics visant encourager la cr ation d'auto-entreprises pour lutter contre le ch mage et qui rompent avec la dynamique de concentration de l'emploi. [S. Abdelnour, 2017]. La porosit croissante entre emploi, ch mage et inactivit . Du fait des volutions structurelles du march du travail, et au-del de la multiplication des statuts d'emploi, les trajectoires professionnelles sont aujourd'hui elles aussi d -standardis es , et notamment davantage marqu es par des phases d'alternance entre situations d'emploi et de ch mage.