Transcription of Les 7 concepts de la relation d'aide - SFAP
1 1 Les sept concepts de la relation d aide LA PRESENCE La relation est d abord une pr sence l autre, c est tre l . Ce concept peut se d finir comme la capacit physique d tre l et la capacit psychologique d tre avec la personne. Il symbolise la fois la force qui suscite la confiance et qui rassure, et la douceur que suppose une approche humaine et bienveillante Sa signification lui vient des richesses int rieures de l aidant(e) qui l assure, sans m me parler, et qui laisse maner par sa qualit d tre, calme, espoir et s curit L ECOUTE L coute est souvent synonyme de disponibilit dans le temps, mais aussi de disponibilit int rieure pour tre pr t(e) accueillir ce que dit l autre.
2 L coute est la fois silence et parole, elle est le silence, mais un silence qui parle de notre ouverture bienveillante la demande du malade et de sa souffrance. Ce n est pas le silence froid de la neutralit ou le silence vide de la distraction, mais le silence chaleureux qui laisse une place l autre, qui lui donne un espace de vie, un pouvoir, et qui lui communique par l son d sir d couter L ACCEPTATION Il s agit d un sentiment d ouverture l exp rience de l autre, sa souffrance et sa mani re d tre sans exigence de changement, ce qui constitue la premi re condition l tablissement d une relation d aide.
3 L aidant(e) reconnait l aid dans toute sa dignit en d pit de son aspect physique, de son caract re, de ses valeurs et de sa conduite, et consent s en occuper de mani re active et chaleureuse LE RESPECT CHALEUREUX. La relation d aide repose sur la confiance et le respect. Par le respect, l aidant(e) reconnait dans l autre une personne humaine investie d une dignit et d une valeur tr s grande. Elle la per oit comme un tre unique et libre capable de prendre ses propres d cisions, m me si c est parfois avec de l aide. La respecter, c est lui manifester de l estime, la traiter avec d f rence et politesse, c est l accueillir dans sa diff rence et lui montrer une consid ration r elle pour ce qu elle est, ind pendamment de ce qu elle dit.
4 2 L EMPATHIE, LE SOCLE DE LA relation D AIDE L empathie est un profond sentiment de compr hension de l aidant(e) qui saisit la difficult de l aid comme si elle p n trait dans son univers, comme si elle se mettait sa place pour se rendre compte de ce qu il vit et de la fa on dont il le vit, et qui lui apporte le r confort dont il a besoin, mais sans s identifier son v cu et sans en vivre elle -m me les motions. La relation d aide informelle est surtout fond e sur l empathie et, au cours d un entretien formel, l aidant(e) cr e un climat de compr hension empathique, source de confiance, et de connivence th rapeutique, et la base du soutien qu elle apporte l aid L AUTHENTICITE Il s agit de la capacit de l aidant(e) de demeurer strictement elle-m me au cours de la relation avec l aid.
5 Gr ce l authenticit , l aidant(e) reste transparent(e), spontan (e) et ouvert(e), ne cherche pas pr senter une fa ade artificielle et ne se pr tend pas tre l expert(e) de la situation de l autre. Cette capacit est essentielle l tablissement du climat de confiance et de simplicit n cessaire la cr ation d une saine alliance th rapeutique entre l aidant(e) et l aid L authenticit est souvent confondue avec la congruence, il existe un lien profond entre ces deux concepts . Une personne authentique manifeste un certain degr de congruence entre ce qu elle pense, ressent et exprime LA CONGRUENCE Il s agit de la mani re d tre de l aidant qui manifeste une certaine ad quation entre ce qu il ressent, ce qu il pense, ce qu il dit et ce qu il fait, et entre son comportement verbal et son comportement non verbal.
6 En agissant ainsi, l aidant cr e une harmonie entre ses motions, ses pens es et ses actions. Cette harmonie interne lui permet d exprimer ce qu il pense de mani re th rapeutique (avec une forte nergie positive) ou de faire ce qu il croit appropri afin de faciliter une prise de conscience chez l aid ou une volution de la perception de sa situation. Nous devons aussi nous interroger : quelles attitudes adopter face des motions fortes d un malade, d un aidant, d une coll gue (col re, tristesse, souffrance, ..) 3 La reformulation La reformulation est une pratique de communication qui consiste formuler des pens es de fa on plus claire.
7 Ce n'est pas de l empathie. Elle ne cherche pas faire parler davantage son interlocuteur, ni le convaincre. En cela, elle est assimilable un comportement assertif. La reformulation est d finie par Carl Rogers et G. Marian Kinget avec la citation : [la reformulation] a pour but d'extraire du contenu communiqu le sentiment inh rent ses paroles et le lui communiquer sans le lui imposer . Intervention de l'aidant qui consiste redire en d'autres termes et d'une mani re plus concise ou plus explicite ce que la personne vient d'exprimer et ce de telle sorte que l'aidant obtienne l'accord du sujet.
8 L'un des atouts de la reformulation est, dans une relation interpersonnelle, de manifester l'autre que ce qu'on vient d'entendre est acceptable. Sans adh rer au point de vue de l'autre, on donne le droit son point de vue d'exister, puisqu'on peut le r p ter calmement. Le m canisme qui peut alors s'engager est que l'autre s'enhardit et exprime plus en avant son point de vue. Il craint moins de choquer. Un autre m canisme mis en avant par Rogers est que le patient (dans le cas de th rapies) d couvre ce qu'il pensait, en l'entendant dans une autre bouche. Il en prend conscience diff remment. Les principaux types de reformulation sont la r p tition partielle (en cho), la reformulation - paraphrase, la reformulation originale (soit synth tique soit plus explicite), la reformulation interrogative la reformulation motionnelle Reformuler c est agir pour tre ou rester connect.
9 La reformulation motionnelle est particuli rement importante - Reconnaitre l motion ou les motions de l autre au travers de ses paroles - Identifier le besoin en lien avec cette ou ces motions - Identifier alors comment agir pour r pondre ou aller dans le sens de ce besoin L motion de l appelant c est de la peur -> Il a besoin d tre rassur -> comment puis-je agir pour que l appelant soit rassur ? 4 La reformulation motionnelle est tr s importante car elle va permettre l autre de reconnaitre son motion, DONC de l accepter et il lui faut l accepter pour en sortir. Attention la notion de NEGATION EMOTIONNELLE OFFENSANTE, car nier l motion de l autre peut tre per u comme une agression !
10 L coutant doit sans cesse veiller osciller entre deux postures qu il faut viter : la d simplication et la sur-implication Les six attitudes de Porter Elias Porter (1914 - 1987) est dans la mouvance de Carl Roger. Il pr ne la non-directivit dans les interventions d'accompagnement. Comme lui, il imagine qu'il doit tre possible d'entrer dans la pens e d'autrui d s lors que l'on est en phase. La typologie des attitudes de Porter vise valoriser la "personne empathique", c'est- -dire une personne non directive, capable de t moigner d'une compr hension de l'exp rience motionnelle, en l'occurrence d'une souffrance, sans chercher conseiller, recommander, mettre des avis, sugg rer des apaisements, enqu ter sur des motivations ou des contradictions ou toute autre consid ration.