Example: bachelor of science

Dépistage de l’hémochromatose - FMC-HGE

D pistage de l h mochromatoseP. SOGNI (Paris) Tir s part : Philippe Sogni Service d H pato-gastroent rologie, H pital Cochin et Facult de M decine Cochin Port-Royal (Paris V).Introduction L h mochromatose est une maladie autosomale r cessive caract ris e par une augmentation de l absorption intestinale de fer et son accumulation dans le foie, le pancr as, le c ur, les articulations et les gonades notamment. Sans traitement, l h mochromatose est responsable d une surmortalit li e au risque de survenue de carcinome h pato-cellulaire, des autres complications de la cirrhose, des complications du diab te et de cardiomyopathie. En 1996, le g ne HFE a t cartographi sur le bras court du chromosome 6 [1] et 2 variants all liques (C282Y et H63D) ont t trouv s comme significativement associ s au ph notype h mochromatose. La combinaison C282Y/C282Y (homozygote C282Y) repr sente la combinaison la plus fr quemment retrouv e chez les malades atteints d h mochromatose (75 100% des malades).

Stratégie 1: Le dépistage d’une surcharge en fer au stade clinique II asymptomatique (si possible) et envisager son traitement. Ce dépistage ne peut être réalisé que par des tests biochimiques et permet de dépister les sujets à un stade «maladie», le

Information

Domain:

Source:

Link to this page:

Please notify us if you found a problem with this document:

Other abuse

Advertisement

Transcription of Dépistage de l’hémochromatose - FMC-HGE

1 D pistage de l h mochromatoseP. SOGNI (Paris) Tir s part : Philippe Sogni Service d H pato-gastroent rologie, H pital Cochin et Facult de M decine Cochin Port-Royal (Paris V).Introduction L h mochromatose est une maladie autosomale r cessive caract ris e par une augmentation de l absorption intestinale de fer et son accumulation dans le foie, le pancr as, le c ur, les articulations et les gonades notamment. Sans traitement, l h mochromatose est responsable d une surmortalit li e au risque de survenue de carcinome h pato-cellulaire, des autres complications de la cirrhose, des complications du diab te et de cardiomyopathie. En 1996, le g ne HFE a t cartographi sur le bras court du chromosome 6 [1] et 2 variants all liques (C282Y et H63D) ont t trouv s comme significativement associ s au ph notype h mochromatose. La combinaison C282Y/C282Y (homozygote C282Y) repr sente la combinaison la plus fr quemment retrouv e chez les malades atteints d h mochromatose (75 100% des malades).

2 Actuellement, l h mochromatose fait l objet d un d pistage cibl individuel destin soit des patients symptomatiques avec des manifestations cliniques ou biologiques soit des patients asymptomatiques dans le cadre d une enqu te familiale d un patient atteint d h mochromatose [2]. Cependant, tant donn la fr quence et la gravit potentielle de l h mochromatose ainsi que des possibilit s de diagnostic g notypique et de traitement pr coce, se pose la question de la mise en place d un d pistage syst matique g n ralis de cette pathologie. D pistage de l h mochromatose chez les apparent s (tableau I) Le d pistage des apparent s est efficace et doit tre syst matiquement propos tous les apparent s au 1er degr d un patient C282Y +/+ (probant). Une tude fran aise r alis e en Bretagne [3] a montr que le d pistage des apparent s au 1er degr permettait de mettre en vidence 13% d homozygotes d pist s par typage HLA et confirm s dans plus de 8 fois sur 10 par g notypage.

3 En raison du caract re r cessif de cette affection, le d pistage tait surtout efficace chez les collat raux o environ 1/4 taient homozygotes [3]. Logiquement, il est retrouv un risque plus lev de manifestations cliniques graves chez les fr res et s urs de patients atteints d h mochromatose par rapport aux fr res et s urs de leur pouse [4]. Chez les descendants, bien que la fr quence des homozygotes soit inf rieure, le d pistage permettait de retrouver environ 5% d homozygotes [3]. Il a t montr dans ce cas particulier, que le d pistage syst matique des descendants restait co t-efficace [5]. En cas de descendants jeunes (mineures), chez qui le risque de surcharge en fer est faible, il est possible de proposer un g notypage l pouse d un patient homozygote C282Y +/+ plut t que de d pister les enfants, permettant d valuer plus pr cis ment le risque de ces enfants [6].

4 Le d pistage des apparent s a t facilit sur le plan pratique par la d couverte de la mutation majeure C282Y et de la mutation mineure H63D. Le premier postulat est que seuls les homozygotes C282Y +/+ (et moindre degr les h t rozygotes composites C282Y/H63D et les homozygotes H63D +/+) sont risque de d velopper une surcharge clinique en fer. Le second postulat est que les sujets porteurs de la mutation l tat h t rozygotes C282Y +/ ou H63D +/ , tr s fr quents dans la population g n rale, n expriment pas cliniquement de surcharge en fer, en l absence d autres facteurs de risque. En cas de diagnostic chez un patient d une h mochromatose C282Y +/+, celui-ci devra tre clairement inform des risques chez ses parents au 1er degr et devra tre encourag pr venir ses apparent s qu ils doivent prendre un avis m dical pour r aliser un test de d pistage g n tique apr s information individuelle.

5 Ce type de d marche se heurte des difficult s pratiques comme l clatement des familles ou la d marche volontaire qui doit tre effectu e par le patient et chacun de ses apparent s. D pistage syst matique dans des populations suivies pour une pathologie extra-h patique En dehors du diagnostic d h mochromatose en cas de sympt mes cliniques ou biologiques vocateurs, un d pistage syst matique de cette pathologie pourrait s envisager au sein de populations suivies pour une pathologie extra-h patique entrant dans le spectre clinique possible de l h mochromatose. Deux pathologies notamment ont fait l objet d tudes de d pistage, les atteintes rhumatologiques et le diab te. D pistage de l h mochromatose et manifestations articulaires Les manifestations articulaires sont fr quentes, pouvant toucher 3 malades sur 4 et pr coces au cours de l h mochromatose.

6 Elles peuvent donc tre r v latrices de la maladie et survenir pour des surcharges en fer faibles. Le d lai entre le d but des manifestations articulaires et le diagnostic d h mochromatose peut tre important. L atteinte la plus caract ristique est l arthrite chronique des 2e et 3e articulations m tacarpo-phalangiennes [7, 8]. D autres articulations peuvent galement tre atteintes (poignet, pouce,..). Des tableaux cliniques de pseudo-gouttes ou de chondro-calcinoses avec atteinte radiologique font galement partie des manifestations associ es [7, 8]. Si les manifestations articulaires n entra nent pas de surmortalit , il a t montr qu elles taient le principal facteur d alt ration de la qualit de vie chez les patients atteints d une h mochromatose [9]. Le d pistage syst matique d h mochromatose en cas d arthrite inflammatoire chronique semble peu efficace [10].

7 En revanche, le d pistage au sein d une population pr cis ment ph notyp e (chondrocalcinose radiologique ou pseudo-goutte) a retrouv un risque relatif de pr sence de la mutation C282Y l tat homozygote 3,4 fois plus lev que le chiffre attendu dans une population de r f rence essentiellement d origine de l Europe du Nord et de l Ouest [11]. La sensibilisation des m decins g n ralistes et des rhumatologues face aux manifestations articulaires et la recherche syst matique d une surcharge en fer en cas de chondrocalcinose semblent 2 axes d action qui pourraient permettre le d pistage de formes pr coces d h mochromatose. D pistage de l h mochromatose et diab te (tableau II) Le diab te est une complication tardive de l h mochromatose, rencontr au moment du diagnostic dans 20 50% des cas d h mochromatose clinique [12-16].

8 La survie des patients atteints d h mochromatose est plus faible en cas de diab te alors qu elle rejoint la survie de la population g n rale en l absence de diab te [13]. La question du d pistage syst matique de l h mochromatose chez des patients suivis pour un diab te a donc t pos e. Au cours du diab te de type 2, les donn es de la litt rature sont discordantes, retrouvant une pr valence plus lev e [17 19] ou non [20 23] des mutations C282Y ou H63D par rapport une population non diab tique. Des facteurs de confusion entre une surcharge en fer mod r e et une intol rance aux hydrates de carbone associ e un syndrome dysm tabolique en sont probablement la cause. Le diab te au cours de l h mochromatose appara t comme la cons quence d une diminution de s cr tion d insuline par atteinte des cellules des lots de Langerhans et un degr variable d insulino-r sistance due la maladie h patique.

9 Il appara t donc plus pertinent, comme dans une tude danoise r cente [24], de rechercher syst matiquement une h mochromatose chez des patients d origine caucasienne suivis pour un diab te de type 1 de survenue tardive (plus de 30 ans) (cf. tableau). Tous les patients de cette tude chez qui a t d couverte une homozygotie C282Y +/+ avaient une saturation de la transferrine sup rieure 50% et les 2/3 avaient une cirrhose histologiquement prouv e. D pistage syst matique dans la population g n rale L h mochromatose r pond la majorit des crit res mis par l OMS pour le d pistage syst matique d une maladie (tableau III). Cependant, un certain nombre de questions restent pr ciser, notamment au sein de la population fran aise. Les enjeux du d pistage syst matique L h mochromatose est longtemps asymptomatique. Il est donc important de pouvoir d pister cette maladie le plus pr cocement possible par des tests valid s et r alisables en routine.

10 Cependant, deux strat gies diff rentes peuvent tre envisageablesavec des enjeux diff rents (tableau IV). Strat gie 1: Le d pistage d une surcharge en fer au stade clinique II asymptomatique (si possible) et envisager son traitement. Ce d pistage ne peut tre r alis que par des tests biochimiques et permet de d pister les sujets un stade maladie , le diagnostic sp cifique de l h mochromatose restant faire par le g notypage et/ou la ponction biopsie h patique et/ou la mesure du stock de fer par les saign es. Strat gie 2: Le d pistage d une pr disposition g n tique pour l h mochromatose (stade clinique I) qui n cessite l utilisation de tests g n tiques, puis la mise en place d une surveillance biologique r guli re pour diagnostiquer la constitution de la surcharge en fer (stade clinique II), puis traiter pr cocement cette surcharge.


Related search queries