Transcription of Dares - Ministère du Travail
1 DES RISQUES PROFESSIONNELS CONTRAST S SELON LES M TIERSLes conditions de Travail des salari s sont tr s variables d un m tier l autre. Les r sultats de l enqu te Sumer 2010 font notamment appara tre un clivage entre les m tiers qui impliquent une forte demande psychologique et beaucoup de marges de man uvre tels les m tiers de cadres et ceux qui imposent des contraintes physiques importantes et exposent des risques chimiques ou biologiques tels les m tiers d ouvriers non qualifi s des industries de process et de la l enqu te, qui ne couvre pas les enseignants de la fonction publique, les tensions avec le public sont particuli rement fortes pour les professionnels de l arm e, de la police, les pompiers ainsi que pour les agents de gardiennage et de s curit . Les ouvriers du BTP ou aux coiffeurs et esth ticiens, sont soumis des contraintes physiques ainsi qu des risques chimiques, mais b n ficient de soutien social et font tat d un v cu favorable de leur Travail .
2 Des m tiers de la sant comme les aides-soignants, les infirmiers et les sages-femmes se d clarent particuli rement sous pression . Le Travail isol caract rise agriculteurs, viticulteurs et jardiniers mais aussi les aides domicile, les aides m nag res et les agents d total, sur le champ de l enqu te Sumer 2010, dix groupes de m tiers peuvent tre d gag s qui se diff rencient du point de vue des conditions de Travail qui les caract enqu te Surveillance m dicale des expositions aux risques professionnels (Sumer) de 2010 permet de d crire de nombreux aspects des conditions de Travail des salari s du secteur priv et, en partie, du secteur public (1) (encadr 1). Au-del de l exposition aux risques professionnels (contraintes physiques, risques chimiques ou biologiques, contraintes organisa-tionnelles, risques psychosociaux), l enqu te aborde galement les rapports sociaux et le ressenti au conditions de Travail varient fortement d un secteur d activit l autre [1], du fait des sp cifici-t s de chacun d eux.
3 Mais le m tier exerc , abord ici au travers des familles professionnelles (Fap, enca-dr 2), semble avoir encore plus d influence que le secteur d activit sur plusieurs aspects des conditions de Travail (encadr 3). Dans la fonction publique, les conditions de Travail diff rent galement d un versant l autre ( tat, territoriale, hospitali re) et les risques professionnels sont souvent attach s des m tiers sp cifiques [2].Des contraintes physiques intenses pour les ouvriers de l industrie, de la manutention, du 2010, en moyenne 38 % des salari s sont expo-s s au moins une contrainte physique intense (2) dans le cadre de leur Travail . Les contraintes physiques (1) Le champ de l enqu te Sumer en 2010 couvre 92 % des salari s de France m tropolitaine et de la R union (salari s du secteur concurrentiel, des fonctions publiques hospitali re et territoriale et environ 40 % des agents de la fonction publique de l tat, l exception des enseignants de l ducation nationale, des agents des minist res sociaux et de celui de la Justice).
4 (2) Indicateur synth tique prenant en compte : la position debout ou le pi tinement 20 heures ou plus par semaine, la manutention manuelle de charges 20 heures ou plus par semaine, les gestes r p titifs 10 heures ou plus par semaine, les vibrations transmises aux membres sup rieurs 10 heures ou plus par semaine, les contraintes posturales ( genoux, bras en l air, accroupi ou en torsion) 2 heures ou plus par semaine [3].AnalysesDarespublication de la direction de l'animation de la recherche, des tudes et des statistiquesMAI 2014 N 039 ENQU TE SUMER 2010 Dares ANALYSES Mai 2014 - N 0392 Tableau 1 Les quinze m tiers les plus expos s des contraintes physiques intensesEn %* Indicateur synth tique prenant en compte : position debout ou pi tinement 20 heures ou plus par semaine, manutention manuelle de charges 20 heures ou plus par semaine, gestes r p titifs 10 heures ou plus par semaine, vibrations transmises aux membres sup rieurs 10 heures ou plus par semaine, contraintes posturales ( genoux, bras en l air, accroupi ou en torsion) 2 heures ou plus par semaine [3].
5 Champ : salari s de France m tropolitaine et de la R union, champ Sumer : Dares -DGT-DGAFP, enqu te Sumer , les caissiers et les employ s de libre-service, ainsi que les aides-soignants, figurent parmi les professionnels les plus concern s par le port fr quent de charges lourdes (10 heures ou plus par semaine).Une forte exposition au bruit pour les ouvriers du BTP et de l industrieLes m tiers d ouvriers du BTP, ainsi que de nombreux m tiers d ouvriers de l industrie (ouvriers de la m canique, du Travail des m taux, ouvriers du textile et du cuir, du bois, des industries graphiques, ouvriers des industries de process) sont fr quemment expos s des bruits sup -rieurs 85dB(A) (4). Les ouvriers qualifi s Travail -lant par formage de m tal et les ouvriers qualifi s du Travail du bois et de l ameublement sont les plus expos s : plus de 80 % d entre eux subissent des bruits sup rieurs 85dB(A) (contre 18 % pour l ensemble des salari s) et plus de 40 % y sont expos s 20 heures ou plus par semaine (contre 5 % pour l ensemble).
6 Un Travail prolong sur cran dans les m tiers administratifs, les m tiers de la banque et de l assurance et les m tiers de l informatiqueDu fait du d veloppement de l informatique, le Travail sur ordinateur s est largement diffus et, en 2010, plus de 50 % des salari s travaillent sur cran de fa on continue ou discontinue. Le Travail prolong sur cran (au moins 20 heures par intenses concernent davantage les m tiers d ou-vriers, comme ceux de la m canique, du Travail des m taux, du bois, des industries graphiques, les ouvriers qualifi s de la r paration automo-bile, les ouvriers des industries de process (3) ou encore les ouvriers non qualifi s de la manuten-tion. Ainsi, 82 % des ouvriers qualifi s travaillant par formage de m tal et des ouvriers qualifi s du Travail du bois et de l ameublement sont expo-s s au moins une contrainte physique intense (tableau 1).)
7 Les ouvriers du b timent et des travaux publics sont aussi particuli rement expos s des contraintes physiques (plus de 70 %) : ils subissent fr quem-ment des contraintes posturales et doivent souvent porter des charges lourdes dans le cadre de leur Travail . Dans le domaine de l agricul-ture, les mara chers, les jardiniers, les viticulteurs (70 %), et dans une moindre mesure les agricul-teurs, les leveurs, les sylviculteurs et les b che-rons (50 %) sont eux aussi nombreux subir des contraintes mais aussi pour certains m tiers du tertiaireLes contraintes physiques touchent aussi certains m tiers du tertiaire, comme les coiffeurs et les esth ticiens ou les bouchers, les charcutiers et les boulangers par exemple. Dans ces m tiers, les professionnels doivent notamment rester long-temps en station debout.
8 Les coiffeurs et les esth -ticiens sont particuli rement nombreux tre expos s au moins trois contraintes physiques intenses : c est le cas pour pr s de 31 % d entre eux (contre 7 % sur l ensemble des salari s). Par Fap Libell Au moins une contrainte physique intense*DQ1 Ouvriers qualifi s travaillant par formage de m tal, ouvriers qualifi s du Travail du bois et de l ameublement .. 82T0Z Coiffeurs, esth ticiens .. 81G0B Ouvriers qualifi s de la r paration automobile .. 80 BSO Ouvriers du second uvre du b timent .. 79S0Z Bouchers, charcutiers, boulangers .. 77E0Z Ouvriers non qualifi s des industries de process .. 74 BGO Ouvriers du gros uvre du b timent, des travaux publics, du b ton et de l extraction ; conducteurs engins b timent et travaux publics.
9 74 DNQ Ouvriers non qualifi s de la m tallurgie, de la m canique, du bois .. 74A1Z Mara chers, jardiniers, viticulteurs .. 70R0Z Caissiers, employ s de libre service .. 69J0Z Ouvriers non qualifi s de la manutention .. 67S1Z Cuisiniers .. 63DQ2 Ouvriers qualifi s travaillant par enl vement de m tal, ouvriers qualifi s de la m canique, des industries graphiques .. 63T2A Aides domicile et aides m nag res .. 61V0Z Aides-soignants .. 61 Ensemble tous m tiers .. 38(3) Industries chimiques, agro-alimentaires, pharmaceutiques, papeti (4) 85 dB est un seuil r glementaire au-del duquel l employeur doit prendre des mesures sp cifiques de pr ) concerne particuli rement les m tiers administratifs (secr taires, employ s de comptabi-lit.
10 , les m tiers de la banque et de l assurance, les m tiers de l informatique et des t l commu-nications. Plus de 45 % des salari s exer ant ces m tiers sont concern s (contre 22 % pour l en-semble des salari s) et cette proportion s l ve m me pr s de 60 % pour les techniciens de la banque et des assurances. Dans les m tiers de l industrie et du BTP, les professionnels les plus qualifi s sont aussi tr s nombreux passer plus de 20 heures par semaine devant un forte exposition aux risques chimiques pour les m tiers de la maintenance33 % des salari s sont expos s au moins un produit chimique dans le cadre de leur Travail en 2010 (tableau 2), mais cette proportion varie fortement selon le m tier exerc . Les profession-nels de la maintenance sont tr s expos s et, en particulier, les ouvriers qualifi s de la r paration automobile : 90 % d entre eux sont expos s au moins un produit chimique.